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Eski to ti kone
La brosse coco, objet du passé qui fait briller la mémoire
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Eski to ti kone
La brosse coco, objet du passé qui fait briller la mémoire
Avant l’arrivée des balais modernes et des aspirateurs, presque toutes les maisons mauriciennes possédaient un outil de nettoyage incontournable : la brosse coco. Fabriquée à partir d’une noix de coco séchée, cette brosse traditionnelle alliait simplicité et ingéniosité. On retirait la chair, on fixait un bâton et elle devenait un outil solide, écologique et durable pour faire briller les sols. Lorsqu’on frottait, elle produisait un petit bruit particulier – un rythme familier qui animait les maisons d’antan.
Mais la brosse coco n’était pas qu’un simple instrument de ménage : elle incarnait aussi la propreté, la discipline et la fier- té du foyer. Après son passage, personne n’avait le droit de marcher sur le sol, sous peine d’entendre la voix ferme de maman ou de grand-mère. Aujourd’hui, elle a presque disparu, remplacée par les outils modernes. Pourtant, dans la mémoire collective, elle reste synonyme de souvenirs, de rires et de moments partagés en famille.
Souvenirs…
Medge Boudeuse se souvient avec tendresse : «Ah oui, je me rappelle la brosse coco Aujourd’hui on ne l’utilise plus. Quand j’étais enfant, j’allais chez mon grand-père ; il y avait un parquet et on passait de la cire dessus. On se disputait pour utiliser la brosse coco et on le faisait avec plaisir ! Le sol devenait rouge et très brillant.»
Sam Moonsamy évoque aussi ces moments d’autrefois : «Longtemps, le sol était rouge. On passait la cire et ça brillait ! C’était tout un exercice, on dansait en le faisant. Nous étions sept sœurs et deux frères ; c’étaient les sœurs surtout qui faisaient ça. Quand on passait, on se faisait crier dessus : «Pa amenn labou, tout doit être propre !»Le sol était si beau ! Aujourd’hui, avec le marbre, on glisse facilement.»
Gilbert Ducasse ajoute avec humour : «Chaque fois qu’on trouvait une noix de coco bien sèche, on la coupait pour faire une brosse. Mais attention ! Si on coupait mal, on pouvait se blesser. Et pendant qu’on brossait, on dansait aussi. À la fin, on passait un chiffon pour faire briller.»
Simple, durable et typiquement mauricienne, la brosse coco a traversé les générations. Elle symbolise une époque où le ménage était aussi un moment de partage, de musique et de complicité familiale. Aujourd’hui encore, elle reste dans les mémoires comme un souvenir plein de charme et d’authenticité.
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