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Entretien
Ramapatee Gujadhur: «Le titre n’est pas notre priorité»
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Entretien
Ramapatee Gujadhur: «Le titre n’est pas notre priorité»
La 9ᵉ journée est à marquer d’une pierre blanche pour l’écurie Gujadhur. Au-delà du joli triplé réalisé, c’est surtout la 600ᵉ victoire de l’entraîneur Ramapatee Gujadhur qui retient l’attention, tout comme la bonne forme du tandem Allez Moris-Zeus en marge du Maiden.
? Une 600ᵉ victoire a forcément une saveur particulière, surtout par les temps qui courent…
Je dois reconnaître que j’ai eu la chance d’entraîner de bons chevaux, choisis principalement par Mukund, et Gopal m’a donné un grand coup de main pendant de nombreuses années. J’ai eu aussi de très bons palefreniers avec moi ainsi que de bons vétérinaires, sans oublier de très bons jockeys. Je n’ai pas à me plaindre.
? Le temps fort de la dernière journée demeure bien évidemment l’éclatante victoire d’Allez Moris dans le Supertote Golden Trophy devant Zeus. Peut-on dire que l’écurie Gujadhur se présentera en force pour le Maiden?
Le Maiden est une toute autre paire de manche. Zeus concédait plus de cinq kilos à Allez Moris et il est battu de peu. Personnellement, la distance va mieux lui convenir et il a une plus grande marge de progression qu’Allez Moris, qui a lui couru trois courses.
? Valeur du jour, peut-on s’avancer à dire que Zeus sera le choix de Nunes pour le Maiden?
Il n’a pas encore arrêter son choix, mais il devrait logiquement opter pour Zeus pour la grande course.
? Avec trois victoires lors de la dernière journée et plus de Rs 600 000 de stakesmoney engrangés, le titre est forcément dans le viseur de l’écurie Gujadhur maintenant?
Si on est sacré champion, on sera bien évidemment bien content. Mais le titre n’est pas notre priorité. D’ailleurs, je pense que l’écurie Foo Kune est bien armée pour terminer la saison avec notamment les chevaux de M. Nowbuth.
? L’annonce de la hausse des stakesmoney par le MTC Jockey Club, bien que pas totalement à la hauteur des attentes, est une bonne nouvelle pour les propriétaires, n’est-ce pas?
Nous avons eu 15% avec effet rétroactif. On ne peut pas trop se plaindre. Something is better than nothing. Nous comprenons que le MTC fait de son mieux, surtout avec le nombre de journées réduits cette saison.
? On revient sur votre belle carrière d’entraîneur. Parmi tous ces magnifiques coursiers que vous avez eu sous vos ordres, il doit certainement y avoir quelques uns qui vous ont marqué…
Il y en a plusieurs, c’est vrai. Pour être franc, ce serait difficile de ne pas mentionner Tandragee, qui a été ultra-consistant. Hinterland également, un coursier que nous avons pu acquérir en raison de l’African Horse Sickness qui sévissait en Afrique du Sud. Le cheval n’allait pas courir pendant plusieurs mois. Pour rappel, Hinterland détenait le record du 1250m ou du 1300m en Afrique du Sud. C’est un cheval qu’on n’oublie jamais. Cela nous a d’ailleurs fait très plaisir de le revoir le jour du Barbé. Je dis un grand merci à la dame qui s’occupe de lui désormais. Malgré son âge avancé, il est toujours bien présenté.
? Y a-t-il un cheval en particulier qui vous a surpris de par la carrière qu’il a eu au Champ-de-Mars?
Je voudrais mentionner Acuppa. Il devait courir le jour du July Handicap. Grâce à Mahendra qui nous a fait acquérir pas mal de bons chevaux à Durban, on est tombé d’accord avec son propriétaire le matin de sa course. Il était tellement impressionnant. Il ne voulait pas vendre au début, mais il a finalement tenu parole. À Maurice, il a gravi les échelons et il est un de ceux qui m’ont beaucoup surpris.
? Un de vos meilleurs souvenirs en tant qu’entraîneur?
Je pense à Hinterland. Je ne dirai pas qu’il a été maltraité à Dubaï, mais l’entraîneur à qui nous l’avions confié avait plusieurs « Hinterland » dans son yard. Hinterland avait un problème de tendon et quand cela se détériore, c’est souvent la fin pour le cheval. Il avait commencé à avoir ce problème et au lieu de lui accorder du repos, il l’a fait courir et il ne pouvait plus par la suite concourir. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, il s’était placé dans une course là-bas.

Nous avons alors décidé de le faire revenir. Nous avons pris beaucoup de soins avec lui. Il n’a pu courir qu’une seule course à son retour contre One For The Road, un autre spécialiste du 1400m. Il avait été piloté magistralement par Yashin Emamdee, remportant la course dans la dernière foulée. C’était une victoire mémorable car nous ne pensions pas qu’il pouvait revenir à ce niveau. Malheureusement, le tendon n’a pas tenu et on a eu à le mettre à la retraite.
? Et au rayon des regrets?
Je dois faire mon mea culpa concernant un des meilleurs chevaux que j’ai entraîné. Il s’agit d’Il Saggiatore. Je l’avais fait courir une course qu’il ne fallait pas. Il a eu des ennuis en piste et par la suite c’était la fin de sa carrière. C’est mon plus grand regret en tant qu’entraîneur, d’avoir bousillé sa carrière.
? Une course qui vous a échappé au cours de votre carrière et que vous rêvez de remporter?
Je n’ai jamais remporté la Princess Margaret Cup. Même avec Hinterland, qui était le grandissime favori à l’époque, cette course nous avait échappé. J’espère qu’on pourra la remporter cette année.
? Vous avez eu beaucoup de grands jockeys qui ont été associés à l’écurie Gujadhur. S’il fallait faire un Top 5, qui vous retiendrez?
Robbie Burke, Noel « King » Callow, Stephen Arnold, Daniel Stackhouse et Glen Hatt.
? Samedi dernier, vous rappeliez qu’il n’y avait personne pour reprendre le flambeau. Cela vous inquiète-t-il?
C’est vrai. Gopal a ses préoccupations envers sa famille. Un des ses enfants est en HSC et l’autre à l’université. Il s’occupe aussi du Tote et d’autres compagnies, il n’a donc pas le temps pour le faire. Mukund, quoi qu’il connait bien les chevaux, n’a jamais été un entraîneur, mais il m’a fait avoir la joie d’entraîner de très grands chevaux. Mon petit-fils Nikhil est très intéressé, mais il est encore trop jeune. Il poursuit d’ailleurs ses études aux États-Unis. Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir…
? Est-ce que le modèle de l’écurie Foo Kune pourrait vous tenter, d’avoir un entraîneur, mauricien ou étranger, qui continue à faire flotter les couleurs de la plus vieille écurie du turf?
Pour être tout à fait, je n’y ai pas pensé. C’est peut-être une idée qui pourrait séduire Mukund ou Gopal. Cela reste une solution. On verra.
? Avec une carrière aussi riche que la votre, on se doute que la liste des remerciements doit être assez importante…
Je dois d’abord remercier tous les palefreniers qui travaille pour l’écurie. Certains sont avec nous depuis plus de 35 ans, sans oublier les jockeys, supervisors et vétérinaires qui ont été à nos côtés au fil des années. Mais ma principale reconnaissance va à mon épouse Sudha. Elle est mon plus grand soutien. Sans elle à mes côtés, rien de tout ça n’aurait pu être accompli.

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