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Questions à...
Jean-Philippe Lagane : «Les athlètes doivent bénéficier de toute l'attention voulue et disposer de toutes les facilités disponibles»
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Questions à...
Jean-Philippe Lagane : «Les athlètes doivent bénéficier de toute l'attention voulue et disposer de toutes les facilités disponibles»
Jean-Philippe Lagane, candidat à la présidence du COM.
Fatigué de ce qu’il qualifie de dysfonctionnements et de manque de transparence du Comité olympique mauricien (COM), Jean-Philippe Lagane entre dans l’arène en se présentant comme candidat à la présidence de l’instance olympique. Il promet de redonner de la crédibilité à une institution qu’il juge en perte de repères, et de replacer les athlètes au cœur des préoccupations. Entretien.
Q : Pourquoi souhaitez-vous diriger le Comité Olympique Mauricien et quel est votre objectif prioritaire ?
En tant que véritable passionné de sport et désireux d'apporter mon expérience et ma contribution pour assurer un développement sain à notre sport et ramener la confiance dans ce milieu, je ne pouvais rester insensible, surtout face à la situation déplorable qui règne au sein de notre mouvement olympique et à l'atmosphère de détérioration qui entrave les progrès et le bien-être de nos athlètes. J'ai donc pris la décision de m'associer à tous les dirigeants sportifs bien intentionnés afin d'apporter les changements nécessaires.
De plus, l'expérience douloureuse que j'ai vécue avant les Jeux Olympiques de Paris 2024, avec une ingérence injustifiée et inacceptable du COM dans les affaires de la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC), m'a pleinement motivé à m'opposer à de tels comportements à l'avenir et à permettre à chaque Fédération de fonctionner sans aucune ingérence dans le choix de ses officiels et athlètes pour les grands événements sportifs, y compris les noms des bénéficiaires de bourses olympiques, entre autres.
Et bien sûr, si l'on m'offre cette formidable opportunité de diriger le COM, les mots clés de la nouvelle équipe seront bonne gouvernance, intégrité et transparence. Tous les objectifs s'articuleront autour.
Q : Pourquoi les Fédérations sportives devraient-elles vous faire confiance plutôt que votre adversaire ?
Le choix est clair et simple. Voter pour mon adversaire garantirait quoi, la continuité de la médiocrité ? Nous en avons assez de cette mauvaise gestion, de cette arrogance, de ce one-man show, de cette indifférence aux demandes des athlètes, de ces pratiques douteuses pour s'accrocher au pouvoir et du culot de créer des Fédérations fantômes pour servir leurs intérêts.
De notre côté, nous nous engageons à faire le ménage et à prendre un nouveau départ. Nous veillerons à ce que les mauvaises pratiques ne soient plus tolérées et, comme je l'ai dit précédemment, la bonne gouvernance et la transparence prévaudront à tous les niveaux. Les Fédérations sportives bénéficieront d’un nouveau souffle et les athlètes seront au centre de toutes les initiatives de développement, car ils constituent le maillon essentiel de toute la chaîne.
Q : Quelles leçons tirez-vous de la crise récente et comment éviter toute reproduction d’une telle situation ?
Contrairement à l'équipe de direction actuelle du COM, qui n'a jamais tiré les leçons de ses erreurs répétées et de ses mauvaises décisions, nous mettrons en place un processus de suivi qui permettra d'évaluer en permanence les éventuelles divergences ou faiblesses et d'apporter les corrections nécessaires le cas échéant.
Un audit complet nous permettra de comprendre la situation dans son ensemble, y compris l'examen des dispositions importantes des statuts du COM, qui ont été utilisées à mauvais escient au cours des dernières années. Le réalignement avec la Charte olympique et l'harmonisation avec la loi sur le sport seront également au centre de nos préoccupations.
Q : Comment garantirez-vous que les intérêts des athlètes primeront toujours sur les querelles internes ?
Je suis ici pour servir et non pour être servi. C'est pourquoi j'insiste toujours sur le fait que les athlètes doivent bénéficier de toute l'attention voulue et disposer de toutes les facilités disponibles pour qu'ils puissent donner le meilleur d'eux-mêmes et performer efficacement.
Comment procéder ? C'est très simple : si nous disposons des outils adéquats, le travail sera fait. D'où mon souhait de mettre en place différents sous-comités afin d'assurer de bonnes relations de travail avec les Fédérations sportives grâce à une collaboration constante.
Il sera plus facile d'identifier les besoins et les exigences de chacun. L'accent sera mis principalement sur toutes les aides accordées par le CIO et l'ACNOA en matière de bourses, de programmes de solidarité et de formation.
Il est également temps de mettre fin à toute l'opacité qui a marqué le mandat des membres actuels du COM. Je propose de donner un nouveau visage au Congrès annuel et à l'Assemblée générale du COM, qui ne se limiteront plus au rapport du président et son monologue. Chaque commission aura voix au chapitre. Ce sera l'occasion de présenter le bilan de l'année. Les membres auront l'occasion de prendre connaissance du rapport financier et du budget, suivis d'une séance de questions-réponses en toute transparence.
Q : Quelles mesures concrètes prendrez-vous pour assurer une meilleure gouvernance et plus de transparence dans la gestion du COM ?
Lorsque vous êtes élu président du COM, vous devez remplir cette fonction prestigieuse en toute impartialité et équité, car vous avez le privilège de superviser les activités de l'ensemble de la communauté sportive. Vous devez tout mettre en œuvre pour instaurer une atmosphère de travail harmonieuse et paisible au sein de toute la chaîne et veiller à ce qu'aucun droit des officiels ou des athlètes ne soit bafoué.
Je suis un homme de dialogue et je prêterai une oreille attentive à chaque grief ou irrégularité afin d'apporter la solution requise. Je privilégierai une bonne communication et maintiendrai une interaction constante avec toutes les parties concernées. Ce n'est un secret pour personne que l'équipe actuelle du COM n'a jamais été ouverte au dialogue et s'est montrée très réticente à mettre en place une unité et une commission de communication.
Ce ne sera pas le cas pour nous, car nous pensons qu'un grand nombre de problèmes peuvent être évités ou résolus grâce à une communication efficace et à des échanges cordiaux.
Q : La campagne a été marquée par des divisions. Comment comptez-vous rassembler toutes les composantes du sport mauricien ?
Il est regrettable que nous ayons été témoins de toutes sortes de divisions, fondées sur des attaques personnelles et même des commentaires à relent communautariste. Dommage que ces personnes aient recours à cette stratégie répréhensible pour atteindre leurs objectifs. Cela équivaut à un manque d'arguments et d'idées positives pour faire avancer le sport. C’est l’intérêt personnel qui prime pour eux.
Le sport est synonyme d'unité, et nous y adhérons pleinement. Il suffit de voir l'effervescence et le sentiment d'appartenance nationale qui ont toujours régné lors de l'organisation des Jeux des îles de l'océan Indien (JIOI). Tout récemment, les performances de Kim Le Court de Billot-Pienaar ont été saluées à l'échelle nationale, indépendamment du sport pratiqué ou de l'appartenance individuelle. Tout comme nos athlètes paralympiques pour leurs exploits exceptionnels et les autres prouesses réalisées par nos jeunes sportifs et sportives. C'est ce que nous souhaitons créer et consolider.
Q : Comment préserverez-vous l’autonomie du COM vis-à-vis d’influences politiques ou d’intérêts particuliers ?
Posons la question ! Quand la politique interfère-t-elle dans vos activités ou dans la gestion de vos affaires ? Uniquement lorsque vous ne respectez pas les règles ou la législation en vigueur, ou lorsque vous encouragez les mauvaises pratiques et la discrimination envers autrui. Le COM, dans sa forme actuelle, a contraint les autorités à agir et ne peut s'en plaindre. Cela était inévitable compte tenu de la tournure que prenaient les événements et de l'absence de toute volonté d'y remédier. Ajoutez à cela la menace d'une suspension par le CIO.
C'est pourquoi il est important de travailler main dans la main avec les autorités dans l'intérêt du sport. Je suis d'avis qu'il devrait y avoir une collaboration étroite avec le ministère des Sports et que nous devrions avancer dans la même direction, avec une vision commune.
Un autre élément-clé réside dans l'appel au retour du secteur privé, réticent jusqu’ici à investir en raison du nombre croissant de scandales qui ont entaché la gestion du COM. C'est alors que nous pourrions rétablir la confiance à ce niveau et relancer les divers projets en vue.
Q : Faut-il adapter la Sports Act pour mieux l’aligner sur la Charte Olympique ? Si oui, comment ?
Je pense qu’il y a nécessité si nous voulons éviter les problèmes persistants d'enregistrement qui ont touché certaines Fédérations et nous conformer à la Sports Act. Nous devons procéder à une étude approfondie des statuts et autres clauses qui créent une ambiguïté avec la Sports Act. Nous devons veiller à ce que la Charte olympique soit respectée en conséquence et ne soit pas source de conflit. Il y a certainement du travail à faire ici, mais je ne m'étendrai pas davantage à ce stade, non sans avoir consulté les autorités et autres parties concernées. Cependant, nous avons une équipe qui s’y penche déjà.
Q : Si vous deviez résumer votre programme en trois mesures prioritaires à réaliser dans les 12 premiers mois, lesquelles seraient-elles ?
Nous avons certes des idées en tête, toutes aussi intéressantes les unes que les autres, mais face au refus catégorique du COM de dévoiler l’état de ses finances et comptes à ce jour, il demeure assez compliqué de faire des projections avec certitude.
Il faut établir avant tout, un état des lieux et comprendre les montants alloués à chaque segment. De là, on peut dresser les priorités. Puis, mettre en place des équipes, composées de gens compétents et avisés, capables de mener à bien leurs missions.
Il existe manifestement un plan structurel comprenant des projets à court, moyen et long terme destinés à l'ensemble de la communauté sportive.
Parmi ceux-ci figure la refonte des Jeux des îles de l'océan Indien. Ce projet me tient évidemment très à cœur. On agira de concert avec toutes les parties dont le MJS, le CIJ et nos amis de la région de l’océan indien.
La première étape consisterait à organiser un championnat annuel des îles de l'océan Indien selon un système de rotation, dans le cadre duquel chaque pays hôte aurait la possibilité de prendre en charge des disciplines spécifiques, qui seraient réparties entre les équipes participantes lors de chaque édition. À titre d'exemple, si Maurice organise la compétition de boxe en 2026, celle-ci sera transférée à la Réunion en 2027, puis à Madagascar en 2028, et ainsi de suite.
Cet événement revisité inculquera une culture sportive importante à nos jeunes et leur donnera une véritable motivation pour viser toujours plus haut. Une excellente occasion également de détecter très tôt et régulièrement les talents prometteurs et les futures stars, appelés à briller au plus haut niveau.
Dans la foulée, les JIOI actuels deviennent les Jeux de l’océan Indien tout court en s’ouvrant aux autres pays de la région que ceux en lice traditionnellement. Ce qui rehaussera l’attractivité et la compétitivité et l’éclosion de futurs champions qui rendront fiers leurs nations respectives. Au lieu de nous attarder sur des slogans creux tels que COM 2.0 ou «à qui le tour de prendre l'avion et d'autres récompenses financières», retroussons nos manches et mettons-nous au travail. Si nous voulons un sport propre et une équipe du COM prête à relever le défi et à donner une nouvelle orientation aux aspirations de nos jeunes et athlètes confirmés, il est temps de se débarrasser de ceux qui ont causé tant de tort en jetant le discrédit sur le monde sportif et les valeurs olympiques.
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