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Prévenir plutôt que délester
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Prévenir plutôt que délester
Tout est énergie. Cette évidence scientifique, rappelée en page 8, par le professeur Khalil Elahee, devrait devenir un réflexe citoyen. Or, elle ne l’est pas. Nous avons appris à mesurer notre besoin d’eau ou de nourriture, mais nous oublions trop souvent que sans énergie, rien ne fonctionne – ni nos maisons, ni nos hôpitaux, ni notre économie. Cette inconscience collective pèse lourdement sur un réseau électrique vieillissant, sous tension, mais encore stable… pour l’instant.
L’alerte rouge de mercredi dernier a été un signal d’alarme salutaire. En quelques heures, une panne de moteurs chez un producteur indépendant et à la centrale de Fort George a réduit notre capacité de production de 86 MW, frôlant la rupture. Le CEB a lancé un appel à la sobriété. Et la population a répondu: la consommation a baissé de 10 à 15 MW. Preuve que chacun de nous a un rôle à jouer. Preuve aussi qu’un simple geste – reporter une lessive, éteindre une climatisation – peut éviter le chaos.
Ce réflexe doit devenir une culture. Car ce qui s’est produit mercredi n’est pas un accident isolé : il révèle la fragilité de notre système énergétique. Des machines âgées de 20 à 37 ans, une dépendance persistante aux énergies fossiles, une part des renouvelables en recul (de 24 % en 2014 à 18 % en 2024)… Maurice paye aujourd’hui le prix fort de l’inaction. Et la montée des températures, la multiplication des climatiseurs et la croissance des centres de données ne feront qu’accentuer la pression.
La réponse ne viendra pas uniquement des grandes décisions – construction d’une centrale au gaz naturel liquéfié, projets de fermes solaires ou nouvelles turbines – qui demandent des années. Elle dépend aussi, et surtout, de notre capacité collective à «faire mieux avec moins». Chaque kilowatt économisé retarde un délestage, réduit notre dépendance, diminue nos émissions. C’est là que naît la conscience énergétique : dans l’idée que l’énergie n’est pas acquise, qu’elle se mérite, qu’elle se protège.
Certes, il y aura toujours des cyniques pour railler les campagnes de sobriété ou accuser les autres. Mais notre avenir énergétique ne se construira pas dans le déni. Il exige un sursaut civique. L’énergie n’est pas seulement une question de technologie ou d’infrastructures : elle est aussi affaire de comportement, de responsabilité, de solidarité.
Alors que nous célébrons la lumière, rappelons-nous que l’énergie est notre bien commun. La préserver, c’est préserver notre avenir. Et c’est à chacun de nous de jouer notre part.
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