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Diwali
La lumière, le partage et la tradition qui rassemblent Maurice
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Diwali
La lumière, le partage et la tradition qui rassemblent Maurice
Diwali, aussi appelée Deepavali, reste l’une des fêtes les plus attendues et célébrées à Maurice. Elle incarne la victoire de la lumière sur les ténèbres, du bien sur le mal et de la connaissance sur l’ignorance. À travers les temples, les maisons décorées, les ruelles illuminées et le parfum sucré des gâteaux traditionnels, c’est tout un pays qui s’unit autour de la lumière.
Pour le pandit Bhavish Mohun Sharma, Diwali n’est pas simplement une fête de lumières, mais un voyage intérieur vers la clarté spirituelle. «Diwali, c’est le rappel de notre lumière intérieure. C’est la victoire de Rama sur Ravana, mais aussi celle de chaque être humain sur ses propres ténèbres – la colère, l’ego, la jalousie et l’ignorance.» Chaque diya allumée, explique-t-il, symbolise l’âme – Atman – qui continue à briller, même au cœur des difficultés. «Kan nou alum enn lalanp, nou pa zis pe ekler enn lasam, nou pe ekler nou leker osi.» Pour lui, la fête est aussi un appel à purifier son esprit, à renouveler son cœur. «Diwali enseigne la discipline spirituelle : le nettoyage des maisons représente aussi celui de l’âme. Quand la maison est propre et le cœur est pur, la déesse Lakshmi trouve sa place.»
L’héritage sucré : Vishal Dabedeen, Ganesha Sweets
À Quatre-Bornes, le parfum sucré du sucre chaud et du ghee flotte depuis plus de cinquante ans dans la boutique Ganesha Sweets Mauritius. Cette entreprise familiale a été fondée par Jugdish Dabedeen, puis transmise à son fils Angad, et aujourd’hui dirigée par Vishal Dabedeen.
«C’est une histoire de famille, une passion qui passe de génération en génération», raconte Vishal, tout en surveillant la préparation des laddoo et gulab jamoun. «Nou fer bann gato traditionel : laddoo, barfi, rasgoolah, jalebi… bann gout ki fer Diwali vinn Diwali.» Mais, les temps ont changé. «La vente n’est plus pareille qu’avant. Ena boukou konpetision, bann pri monte, ek bann dimounn pa tro anvi travay lontan.» Malgré tout, Vishal et sa famille refusent d’augmenter les prix. «Olie monte, nou prefer bes pri parski Diwali, c’est la fête du partage, e nou anvi ki tou dimoun kapav aste enn ti gato.»
■ Vishal Dabedeen aux côtés de ses parents, Angad et son épouse – tous unis par la passion du goût et la tradition de Divali.
Chaque année, la boutique devient un point de ralliement pour les habitants. «Kan mo gett bann dimoun ki vini avek zanfan pou swazir gato, mo santi sa mem lespri Diwali-la. C’est la joie simple, le souvenir, l’enfance.» Entre modernité et tradition, Vishal tient à préserver l’authenticité : «Nou pas servi tro masinn. Nou fer li avek la main, kouma mo granper ti fer.»
L’esprit de famille : Diwali chez les Peeroo
■ Le couple Akshay et Tanuja Peeroo, accompagné de leur fille Shravya, incarne la lumière de Divali – un instant de partage, de pureté et de bénédiction.
Chez la famille Peeroo, Diwali se prépare avec passion, rire et beaucoup d’amour. Akshay, Tanuja et leur fille Shravya racontent leur rituel annuel. «Nou komans par netwayaz – lav vit, teras, partou dan lakaz. Zot dir Lakshmi vini kan tou prop.» À partir du samedi, la famille entre en carême, période de jeûne et de préparation spirituelle. Le jour de Diwali, dès le matin, la maison s’anime : «Nou lev boner pou fer lapriyer. Mais la vraie Diwali, c’est kan nou kwi bann gato !» Tanuja rit : «Nou tou met lame dan la pat. Pou bann gato patat bizin rap coco, sa mem donn so bon gout.» Vers 14h ou 15h, les boîtes de gâteaux se remplissent pour le partage.

Avant cela, Tanuja a déjà fait son shopping Diwali, comme chaque année, et Akshay nettoie les lampes traditionnelles qu’il garde depuis longtemps. «Mo servi mem bann vie lalanp, mo trouv sa pli spiritiel», explique-t-il. À 6 heures, toute la maison s’illumine. Les lampes brillent devant la porte, sur la terrasse, sur les rebords des fenêtres. Les prières s’élèvent, les sourires aussi. Puis, vient le moment préféré : le partage des gâteaux dans le voisinage. «Diwali, se pas zis pou nou, se pou partaz.» Et même si tout devient plus cher, Akshay garde les pieds sur terre : «Mo zis met lalanp, bizin fer lekonomi.»
De la terre à la lumière : le savoir-faire des artisans de diya
Au cœur de cette célébration, les diyas – petites lampes en terre – incarnent la clarté, la joie et la spiritualité. À Morcellement Saint-André, Shikha Koobloll, propriétaire de Desi Creations, perpétue une tradition familiale autour des diyas. Héritée de sa mère, cette coutume représente bien plus qu’un rituel : chaque diya allumée relie sa famille à ses racines culturelles, apportant lumière et bonheur dans leur quotidien. Malgré l’apparition de lampes modernes comme les LED ou les lampes à eau, la diya reste centrale. Sa simplicité et son authenticité séduisent toujours.
Rajnaysingh Boodan, de New Bonanza Shop, souligne que cette lampe, faite de terre séchée, d’huile et de mèche, est utilisée depuis des générations dans les prières hindoues. Parmanand Ramlakan, de Ram Pottery Ltd, insiste sur l’énergie naturelle que dégage la diya. Pour lui, elle relie la terre au ciel et incarne l’espoir et la renaissance. Il regrette que la lumière artificielle ait remplacé cette tradition, autrefois accompagnée de pluies bienfaisantes après la fête. La fabrication d’une diya est tout un art : on extrait la terre en profondeur ; on la façonne autour d’un bol ; on la sculpte ; on la sèche cinq jours ; puis on la cuit huit heures avant de la peindre. Une fois utilisée, elle retourne à la terre, bouclant le cycle naturel.
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