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Affaire Ravatomanga

Maurice ne bougera pas sur le mandat malgache, soutient l’Attorney General

19 octobre 2025, 07:00

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Maurice ne bougera pas sur le mandat malgache, soutient l’Attorney General

Le gouvernement mauricien ne compte pas se laisser dicter sa conduite. Alors que les autorités malgaches ont émis un mandat d’arrêt international contre l’homme d’affaires Maminiaina «Mamy» Ravatomanga, l’Attorney General de Maurice, Mᵉ Gavin Glover (photo), a réagi pour couper court à toute ambiguïté : ce document n’a aucune valeur contraignante à Maurice.

«Le mandat d’arrêt international n’en est pas un», a-t-il affirmé. «Cela a été émis par les autorités malgaches pour les autorités malgaches et n’a pas force de loi à Maurice. Nous ne pouvons agir sur ce document.» Une manière claire de rappeler que la souveraineté juridique mauricienne ne se plie pas à des procédures émanant d’un autre État sans base légale ou cadre de coopération formel.

L’Attorney General a également tenu à préciser que Mamy Ravatomanga séjourne actuellement sur le territoire en toute légalité. «Monsieur Mamy Ravatomanga est à Maurice sur un visa et il y a une enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) qui a été diligentée. Il doit rester à la disposition des enquêteurs jusqu’à la fin.» Aucun mandat local, aucune arrestation n’est en cours.

En parlant d’une éventuelle interpellation, le ton reste mesuré, mais la ligne est ferme : «Il n’y a pas d’arrestations jusqu’à présent. La FCC enquête et il n’y en aura pas jusqu’à ce qu’il y ait des preuves. C’est à la FCC de voir la suite.»

Quant à une hypothétique procédure d’extradition, le gouvernement n’a encore rien reçu. Mais Mᵉ Glover n’exclut pas d’agir si une requête formelle parvient aux autorités mauriciennes. «Nous n’allons certainement pas agir sur ce document (NdlR : le mandat d’arrêt des autorités malgaches). Mais s’il y a une demande d’extradition de Mamy Ravatomanga de la part des autorités malgaches, chose qui n’est pas encore arrivée, nous prendrons les décisions qu’il faut.»

Alors que le Conseil national de défense de la transition avec à sa tête le nouveau chef d’État Michaël Randrianirina a déclenché sa machinerie judiciaire contre Ravatomanga pour blanchiment de capitaux et financement du terrorisme, la FCC a, de son côté, obtenu une Criminal Attachment Order à Maurice, gelant les avoirs bancaires de l’homme d’affaires, de son épouse et de ses sociétés.

Selon les documents transmis à la FCC, plusieurs comptes bancaires liés à Ravatomanga sont actuellement sous surveillance, certains au nom de sociétés-écrans. L’homme d’affaires, déjà visé dans des dossiers de corruption et de financement politique, aurait tenté de déplacer ses actifs hors de la zone SADC à plusieurs reprises.

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