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La nouvelle méthodologie du FMI pour calculer le PIB et la balance des paiements

15 octobre 2025, 03:36

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Le débat sur la valeur du PIB réel et sur les allégations de falsification des données financières sous l’ancien régime revient au-devant de la scène avec la publication du rapport d’assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) sur le calcul des revenus générés par les activités des sociétés de global business.

Ce rapport fait suite à une mission menée par des experts du FMI à Maurice du 24 au 28 mars dernier au cours de laquelle ils ont eu des séances de travail avec des officiers de Statistics Mauritius, de la Banque de Maurice, de la Financial Services Commission, de Rogers Capital, de Standard Chartered Bank, de HSBC Bank (Mauritius) et du ministère des Finances. À la lumière de ses observations, le FMI a formulé un plan d’action à être appliqué jusqu’à fin 2027 et touchant au processus de collecte des informations financières sur les GBC. De même, l’institution recommande à Statistics Mauritius et à la Banque de Maurice d’accorder leurs violons et de suivre une méthodologie commune pour le calcul des comptes nationaux et de la balance des paiements. Cette approche est nécessaire pour corriger les anomalies statistiques démesurées concernant l’exportation des biens et des services, comme indiqué dans le rapport sur le State of the Economy rendu public le 10 décembre dernier.

L’on se souviendra que lors de la dernière campagne électorale, des économistes et analystes ont remis en question la logique de comptabiliser les revenus générés par l’offshore dans le calcul du PIB, estimant que les GBC sont uniquement domiciliées au sein de notre juridiction, mais que leurs activités réelles se font dans les pays où elles investissent. Cette pratique permettait de faire «gonfler artificiellement» la valeur du PIB réel. Ainsi, dans ses prévisions de septembre 2024, Statistics Mauritius estimait que l’apport des GBC à l’item des exportations et services s’élevait à Rs 84,5 milliards.

Fallait-il biffer ce chiffre ? Or, il se trouve que c’est le FMI qui, à la suite d’une mission technique sur les comptes nationaux conduite en 2021, avait recommandé que la production des GBC soit compilée dans les exportations des biens et des services. Quoique acceptant ce principe, le State of the Economy, dont on ne connaît toujours par l’auteur ou les auteurs, charcutera, de manière drastique, les prévisions concernant la production des GBC de Rs 84,5 milliards à Rs 40,085 milliards. Un fossé de plus de Rs 44 milliards qui découlerait de grosses lacunes sur la méthodologie utilisée par Statistics Mauritius lors de la collecte des données financières sur les GBC. Sur la base de ces anomalies statistiques, le State of the Economy d’abord, puis Statistics Mauritius abaisseront la croissance du PIB réel de 7 % à 5,6 % en 2023 et de 6,5 % à 5,1 % en 2024.

Dans son nouveau rapport d’assistance technique, le FMI s’appesantit sur l’importance d’adopter une méthodologie permettant de concilier les données collectées par Statistics Mauritius et la Banque de Maurice sur la production et les revenus d’investissement des GBC. Sur la base de la nouvelle méthodologie proposée dans le plan d’action du FMI, Statistics Mauritius devra recalculer rétroactivement les chiffres sur les exportations des services en fonction des résultats d’enquête de la FSC pour la période 2022 à 2024. De même, Statistics Mauritius et la Banque centrale devront compiler – séparément et concilier – les revenus d’investissement liés aux sociétés holding et aux fonds d’investissement, conformément aux recommandations de la mission du FMI. Ces revenus d’investissement (Investment income) devraient être inclus de manière appropriée dans le compte de la balance des paiements et des comptes nationaux. Pour cette recommandation, le FMI fixe la date butoir pour son application à juin 2026. De plus, le FMI estime qu’au moins 10 % des GBC pourraient être retirées du «secteur des autres sociétés financières» et classées dans le «secteur des sociétés non financières».

Faut-il s’attendre à une amélioration ou à une détérioration des paramètres de croissance et de la balance des paiements pour la période 2022 à 2024 après cet exercice ? Jusqu’à présent, on n’est pas très éclairé sur la méthode utilisée dans le State of the Economy pour abaisser la production des GBC de Rs 84,5 milliards à Rs 40,085 milliards en 2023.

Une chose est claire : le FMI, à travers ses prescriptions, entend mettre bon ordre dans le processus du calcul des exportations et des services et, in fine, de la valeur du PIB réel. La nouvelle méthodologie implique, par ailleurs, une professionnalisation des services de collecte de données et l’obligation pour Statistics Mauritius, la Banque de Maurice et la FSC de travailler en étroite collaboration.

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