Publicité

Axe Madagascar-Maurice

Appaya et son bras droit dans le collimateur de la FCC

24 septembre 2025, 08:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Appaya et son bras droit dans le collimateur de la FCC

Neuf individus ont été arrêtés lors de l’opération antidrogue à Madagascar, dont trois Mauriciens, et 16 kilos de cocaïne ont été saisis.

Récemment, de nouvelles informations sur Wendip Appaya viennent enrichir le dossier de blanchiment d’argent et relancer l’enquête. La Financial Crimes Commission (FCC) ne souhaite pas s’arrêter aux premières révélations et cherche à cerner l’axe de trafic de drogue supposé, en lien avec des collaborateurs mauriciens.
WhatsApp Image 2025-09-23 at 15.36.47.jpeg

Le calendrier intrigue particulièrement les autorités. Wendip Appaya, déjà connu pour des affaires de blanchiment d’argent, a séjourné à Madagascar du 25 au 27 janvier. Trois jours après son retour, la gendarmerie malgache annonce le démantèlement d’un réseau international de cocaïne : 16 kilos de drogue saisis, un lot d’armes et une vedette confisqués ainsi que neuf arrestations, dont trois Mauriciens.

Parmi eux, le nom de Jean Noel Ferry, homme d’affaires basé dans le Nord de l’île, attire immédiatement l’attention. Habitué d’allers-retours entre Maurice et Madagascar, il se retrouve au centre de l’enquête. Les enquêteurs s’intéressent aussi à Wendip Appaya et à un habitant de Baie-du-Tombeau, présenté par les autorités malgaches comme un proche collaborateur du principal suspect.
WhatsApp Image 2025-09-23 at 15.38.04.jpeg Wendip Appaya a séjourné à Madagascar du 25 au 27 janvier.

Le trajet complexe de la cargaison

L’opération a des allures de polar. La cocaïne, expédiée du Pakistan, est récupérée au large de Toamasina. Mais l’embarcation tombe en panne près de Mananjary et reste immobilisée pendant 25 jours. Les trafiquants improvisent alors une logistique complexe : remorquage jusqu’à Fort-Dauphin, transfert par 4x4, puis transport en taxibrousse vers Antananarivo.

Avertie dès janvier, la gendarmerie suit l’itinéraire pas à pas. L’arrestation d’un premier suspect entraîne celle des huit autres. Outre la drogue, une tentative de corruption est enregistrée : 1 300 euros auraient été proposés pour obtenir la libération des suspects.

Des preuves vidéo compromettantes

Selon les autorités malgaches, des enregistrements vidéo montreraient Wendip Appaya et son collaborateur manipulant des colis suspects dans un hôtel malgache, entre le 25 et le 27 janvier. Ces images sont désormais entre les mains du juge d’instruction du Pôle anticorruption (PAC). Si leur authenticité est confirmée, elles constitueraient une preuve directe de l’implication mauricienne dans le réseau.

Le cas Ferry

Au centre de la tempête se trouve Jean Noel Ferry, arrêté avec les autres suspects et incarcéré à Madagascar. Il clame son innocence, affirmant avoir été piégé. Dans ses déclarations, Ferry explique avoir été approché par un certain Kevin, présenté comme proche de Wendip Appaya, pour retrouver un cousin disparu.

Rapidement, il comprend qu’il a été entraîné dans une opération douteuse. Ferry soutient avoir reçu une vidéo montrant un Malgache armé exhibant un colis de drogue. Il aurait alerté un sergent de l’Anti Drug and Smuggling Unit à Grand-Baie, expliquant vouloir «infiltrer le réseau pour mieux le dénoncer». Fin janvier, il est cependant arrêté avec les autres suspects, ses explications n’ayant pas convaincu la gendarmerie malgache.

Connexions régionales

Pour les enquêteurs, plusieurs indices suggèrent l’existence d’un axe régional Madagascar–Maurice utilisé pour le transit de stupéfiants. Les liens supposés entre Wendip Appaya, Jean L. Albert et des relais locaux sont au cœur de l’enquête. Les autorités malgaches affirment avoir recueilli des témoignages, analysé des communications et établi une chronologie cohérente des mouvements des suspects.

La présence simultanée de Wendip Appaya et de Jean L. Albert à Madagascar, la logistique improvisée pour sauver la cargaison et l’arrestation de Ferry créent un faisceau d’éléments jugé préoccupant par les enquêteurs.

Une enquête encore ouverte

Il est important de rappeler que tous les faits relèvent d’allégations consignées dans le dossier d’enquête. La justice malgache précise que l’affaire est encore en cours et que les éléments matériels – vidéos, saisies, télécommunications, témoignages – sont examinés par le Pôle anticorruption.

Pour l’heure, Wendip Appaya n’est pas officiellement inculpé à Madagascar, mais les autorités assurent détenir des informations directes le concernant ainsi que son proche collaborateur.

Ce dossier met en lumière les failles régionales dans la lutte contre le trafic de drogue. La filière pakistanaise, l’utilisation de Madagascar comme zone de transit et la destination finale – Maurice – illustrent l’existence d’un axe transnational structuré.

Au-delà des noms cités, cette affaire montre la difficulté des autorités à contenir un commerce illégal qui se réinvente constamment, exploitant les moindres brèches maritimes et logistiques.

Pour les enquêteurs mauriciens comme malgaches, le défi est désormais de transformer les soupçons et les éléments recueillis en preuves judiciaires irréfutables, afin de démanteler durablement la filière.

Arrestations clés à Madagascar

L’opération antidrogue menée fin janvier par la gendarmerie malgache a conduit à l’arrestation de neuf individus, dont trois Mauriciens. Jean Noel Ferry : homme d’affaires mauricien basé dans le Nord, incarcéré à Madagascar. Il affirme être un informateur de la police mauricienne, mais son rôle exact reste flou.

Deux autres Mauriciens : dont l’identité n’a pas été rendue publique, mais ils sont suspectés d’avoir participé à la logistique du transport entre Toamasina et Antananarivo.

Six Malgaches : arrêtés pour leur rôle dans la récupération et l’acheminement de la cargaison, dont un individu armé vu dans une vidéo brandissant un colis de drogue.

La tentative de corruption de 1 300 euros souligne l’ampleur du réseau et les ramifications entre Madagascar et Maurice.

Publicité