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Hier au PMO
Ramgoolam tranche : «La position de Rama Sithanen est devenue insoutenable»
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Ramgoolam tranche : «La position de Rama Sithanen est devenue insoutenable»
■ Face à la presse hier, le PM a affronté les questions des journalistes, mais il a regretté que les autres actus éclipsent sa visite en Inde. © Kiranchand Sookrah
Le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, a concentré sa conférence de presse d’hier à sa visite d’État en Inde avant d’aborder les sujets brûlants, tels la situation à la Banque de Maurice (BoM) et les dossiers politiques. Sa déclaration phare : «La position de Rama Sithanen inn vinn insoutenab. Mo finn demand li step down.» en précisant, «pour que la BoM fonctionne dans la sérénité». Il a toutefois reconnu des acquis : «Je ne mets pas en doute les compétences de Rama Sithanen. Li finn resi stabiliz roupi ki finn apresie par 6 % ar dollar.» Avant d’annoncer : «Lindi, mo pou nomm enn Second Deputy Governor. Apre mo pou nomm enn nouveau gouverner.»
Sur l’arrestation du journaliste Narain Jasodanand par le CCID, après une plainte de Tevin Sithanen pour un article diffusé sur Scoop. mu, Navin Ramgoolam a dénoncé une manœuvre digne de l’ancien régime. «Bien que le régime ait changé, certain(s) de l’ancien régime est/ sont toujours là et agisse(ent).» «On n’a même pas mis le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, qui assurait l’intérim du Premier ministre, au courant. Pire, le commissaire de police n’était pas au courant. «Il y a un problème avec la Cybercrime Unit : ils ne savent pas faire leur travail. Il y aura des conséquences», a-t-il martelé. «Ena dimoun ki pe komadir travay pou MSM, pe sabot nou travay. Pa bliye, nou’nn gagne 60-0. Nou pou pran aksion kot bizin pran.»
? Visite d’État en Inde : un soutien hors norme à Maurice
Navin Ramgoolam a détaillé son voyage du 9 au 16 septembre en Inde, sur l’invitation de Narendra Modi. «Premie minis Modi ti telefonn moi le 11 novembre 2024 pou felisit moi ek ti invite pou enn visit deta. Noun bien prepar sa e noun gagn enn acceuil exceptionnel. Modi inn dir enn mot fort : «la relation entre l’Inde et Maurice est comme une relation entre deux familles.» Le PM a qualifié la visite de «grand succès» et insisté sur le symbolisme du début à Varanasi.
Le point saillant est un Special Economic Package de 680 millions USD (Rs 31 milliards). «Zame oken Premie minis inn gagn sa led-la.» Le package inclut 215 millions USD en grants pour un nouvel hôpital SSR, un centre de médecine ayurvédique, un hôpital vétérinaire 24/7 et une école de formation vétérinaire, ainsi que l’achat d’hélicoptères ; 440 millions USD en lignes de crédit pour une nouvelle tour de contrôle, l’autoroute M4, la phase 2 du Ring Road et des équipements pour le port et la Cargo Handling Corporation. À cela s’ajoutent 25 millions USD annuels en budget support, une assistance à la surveillance des zones marines protégées et un renforcement de la coopération en sécurité maritime, notamment contre le trafic de drogue.
Sept Memoranda of Understanding (MoU) et trois accords supplémentaires ont été signés pour la recherche spatiale, la cartographie, voire hydrographie, et un projet solaire flottant à Tamarind Falls (17,5 MW) pour la transition énergétique sans oublier 50 000 USD pour des petits projets de développement. «Nou ti premie pei ki amenn FDI dan l’Inde. Me nounn perdi 40 % FDI depi 2015. Nou bizin regagn nou plas premier FDI dan l’Inde.» Pour attirer les capitaux et favoriser le business, un India Gateway Desk sera mis sur pied pour faciliter et coordonner les initiatives. Par ailleurs, un business conclave a réuni plus de 200 participants, dont 55 représentants du secteur privé mauricien, qui y étaient à leurs propres frais.
? À l’heure des questions
Plusieurs sujets d’actualité ont été évoqués par les journalistes. Sur le relèvement de l’âge de la pension à 65 ans, Ramgoolam a nié toute ingérence extérieure. «Se pa vre pou dir sa. Pena okenn parin. Si ena parin, se mwa», en précisant, «Premie zafer ki monn fer kan monn pran sa desizion la, monn diskit ek DPM. Ti ena zis nou 2.» Concernant ce dernier, il a demandé la retenue : «Fode pa met tou pese Israël lor ledo Bérenger. Il a raison sur plusieurs choses. Nous avons parfois de petites différences d’opinion, mais c’est normal. Nous avons 25 ministres, donc il y aura des divergences. Mais le plus important, c’est que nous travaillons comme une équipe. C’est une dream team. Mo kone kan mo pa la, Maurice is in safe hands.»
Sur les grands projets, il a tranché : «Il n’y aura plus d’extension du Metro Express» car la dette liée au Metro dépasse son budget annuel. Concernant le voyage imminent aux Chagos, il a souligné la volonté du gouvernement de travailler avec l’Inde, un partenaire stratégique fiable pour protéger les droits et intérêts de Maurice dans cette région. Le PM a évoqué des traités conclus sous l’ancien régime comme pour les soins des patients mauriciens dans des hôpitaux en Inde, qui n’étaient pas les meilleurs. Il a aussi annoncé l’accord pour l’approvisionnement direct en produits pétroliers d’Inde afin de couper «les middlemen», avant de conclure. «Mo visit finn konsolid bann lien fraternite ant Moris ek l’Inde. Enn gran sikse.»
Tractations tous azimuts pour intégrer la BoM
La succession de Rama Sithanen à la tête de la Banque de Maurice suscite déjà de nombreuses spéculations. Quelques noms reviennent avec insistance dans les milieux financiers et politiques.
Le premier est celui de Rajah Ramdaursingh, un profil déjà pressenti en 2024 avant que Rama Sithanen ne soit finalement choisi. Consultant indépendant, il a occupé plusieurs fonctions de haut niveau dans le privé et a aussi été Chairman de la SBM Holdings (2008-2010).
L’autre prétendant cité serait Ravin Dajee, actuel Managing Director d’Absa Mauritius (ex-Barclays Bank), poste qu’il occupe depuis 2007. Son parcours est marqué par des responsabilités de premier plan dans le secteur public, où il a successivement dirigé la State Trading Corporation (2002-2004), puis le Central Electricity Board (2004-2006), avant de rejoindre le monde bancaire. Dans son entourage, on dit qu’il ne serait pas intéressé par le job.
Le MMM, dont le leader fait feu sur Rama Sithanen, voudrait bien caser un des siens, surtout après la déconvenue de son gendre qui a dû, sous la pression, renoncer au poste suprême d’Airport Holdings – qui sied bien mieux à Megh Pillay, ancien patron d’Air Mauritius. Un ancien ministre et un économiste seraient les choix mauves à ce stade.
On parle aussi de pressions qu’exercent des financiers qui utilisent souvent la presse et les réseaux sociaux pour se faire voir et agiter le petit bocal des affaires. Ils ne sont pas de la course même pas pour remplacer l’ex-SDG Gérard Sanspeur, qui a été prié «de lev pake ale» par le PM, après un «damning report» du board de la BoM dans son ensemble. Ce week-end est fertile en tractations car le job de Sithanen est l’un des plus prestigieux sur la place...
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