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Eski to ti kone : Angelay Valaydon

102 ans, témoin d’un autre temps

14 septembre 2025, 16:00

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À Flacq, nous avons rencontré une dame exceptionnelle : Angelay Valaydon, affectueusement appelée Papi Angelay. À 102 ans, elle incarne la mémoire vivante de toute une époque. Souriante, pleine d’énergie, elle nous a ouvert la porte de sa maison et surtout celle de ses souvenirs. Elle se souvient d’une vie bien différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. «Avant, la vie n’était pas facile comme maintenant. Aujourd’hui, nous avons tout», raconte-t-elle en riant. Très jeune, elle travaillait déjà dans les champs de canne, du côté de Mare La Chaux, Belle-Mare et Quatre-Cocos. Chaque matin, elle marchait longtemps pour rejoindre son lieu de travail.

À l’époque, tout demandait plus d’effort. Pour acheter du poisson, il fallait attendre le passage d’un van : on faisait alors ses provisions pour un mois entier ! Le lait n’était pas vendu en sachet : on avait une vache à la maison ou bien on attendait le camion qui passait une fois par semaine. Les repas se préparaient dans un «foyer» (foyer au bois). Il fallait ramasser du bois, laver le linge à la rivière.

Angelay Valaydon aimait aller au cinéma : à l’époque, c’était un grand événement, et il y avait aussi des «natak» (pièces de théâtre) qu’elle adorait regarder. Maman de sept enfants, elle se remémore : «Je faisais dormir les enfants, puis j’allais voir un film.» Elle avait même un char à bœufs, c’était le moyen de transport de l’époque.

Elle se souvient aussi des «cartes de ration», vestiges d’une époque où les denrées étaient comptées. «On écrivait tout dessus, puis on allait chercher ce à quoi on avait droit.» Malgré ces contraintes, elle garde un sourire lumineux : «Mo pli kontan lepok aster, aster gagn tou, mo kontan !» dit-elle en créole, heureuse de voir comment les conditions de vie se sont améliorées.

Aujourd’hui, Angelay mène une existence paisible entourée de sa famille. Elle ne mange plus de viande : son menu préféré reste simple et savoureux : riz, bouillon, giraumon, rougaille et pommes de terre. Elle adore aussi le chocolat, une petite douceur qu’elle reçoit souvent de sa belle-fille. Cette dernière réalise ses vidéos sur TikTok et lui fait découvrir beaucoup de contenus mauriciens, ce qui la rend très joyeuse. Avec humour, elle confie qu’elle espère atteindre 103 ans et continuer à profiter de la vie.

Parmi ses souvenirs joyeux, elle évoque surtout les plats qu’elle préparait pour son mari, grand amateur de cuisine traditionnelle. Elle sourit en pensant aux enfants d’autrefois qui buvaient du corn flour et mangeaient du «cange» (riz nature). «Moi, j’ai bien mangé du manioc, de la patate ou du cange : c’est ça qui m’a rendue forte !» plaisante-t-elle.

À travers son récit, Angelay nous rappelle combien la résilience, la simplicité et la joie de vivre peuvent traverser les générations. Son regard pétillant témoigne d’une sagesse acquise dans l’effort, mais aussi d’une gratitude sincère pour le présent.

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