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Sécurité sociale

«Day-care» en crise : salaires impayés, familles et employés à bout de souffle

11 septembre 2025, 07:00

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«Day-care» en crise : salaires impayés, familles et employés à bout de souffle

■ Le syndicaliste Reeaz Chuttoo défend les droits des employés des «Day-care centers».

La crise qui secoue les Day-care centers pour jeunes adultes en situation de handicap sévère prend une tournure explosive. Depuis août, près d’une centaine d’employés n’ont toujours pas perçu leur salaire, une situation qui plonge les familles et les responsables de ces établissements dans une profonde incertitude.

Vingt-deux ONG gèrent actuellement ces centres d’accueil spécialisés, qui prennent en charge environ 400 jeunes âgés de plus de 20 ans, incapables d’intégrer le marché du travail. Mais plusieurs d’entre elles n’ont pas pu verser de salaire depuis juillet. «Si rien ne bouge d’ici la fin septembre, certaines ONG n’auront d’autre choix que de saisir la justice pour breach of contract», prévient Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP).

Pour lui, les conséquences humaines seraient dramatiques. «Si les Day-care ferment, ces jeunes resteront à la maison sans suivi adapté et leurs familles – souvent issues de milieux modestes – n’auront pas les moyens de les surveiller», alerte-t-il.

Au ministère de la Sécurité sociale, on assure que les démarches sont en cours et qu’il ne s’agit plus que d’une question de temps. Mais en coulisses, des soupçons viennent brouiller les cartes. Certaines ONG auraient, selon des sources, gonflé leurs demandes de financement ou peinent à fournir les documents justificatifs exigés par les autorités.

Ces lenteurs administratives entraînent un blocage dans les décaissements. De quoi exaspérer Reeaz Chuttoo, qui réclame des mesures immédiates : «On parle de malversations, d’emplois fictifs, d’excédents… Mais en attendant, pourquoi ne pas effectuer un interim disbursement pour payer les salaires ? Les employés sont enregistrés à la MRA, leurs contrats et comptes bancaires sont validés, la NationalSocial Inclusion Foundation (NSIF) a déjà vérifié toutes ces informations.»

Un déboursement intérimaire enfin validé

La pression syndicale et la grogne des familles semblent avoir accéléré les choses. À l’issue d’une réunion de consultation tenue le 25 août dernier, la NSIF a validé un mécanisme de paiement provisoire. Les ONG avaient jusqu’au 4 septembre pour soumettre officiellement les listes de leurs employés, leurs salaires respectifs et le nombre de bénéficiaires accueillis.

Sur la base de ces informations, le ministre de l’Intégration sociale, Ashok Subron, a autorisé un déboursement intérimaire couvrant une période de quatre mois, de juillet à octobre 2025. Celui-ci inclura la totalité des salaires ainsi qu’une allocation pour les repas et autres frais courants.

Dès ce mercredi 10 septembre, les procédures administratives seront enclenchées afin que les paiements soient effectués. «Cette situation malencontreuse est le résultat d’une mauvaise planification héritée du passé, notamment après la création de la Special Education Needs Authority (SENA), qui ne finance que les bénéficiaires âgés de 5 à 20 ans», a souligné le ministère dans un communiqué.

Si le paiement provisoire soulage quelque peu les ONG et leurs employés, la CTSP rappelle que le problème est structurel. Pour Reeaz Chuttoo, la responsabilité de l’État est engagée : «Les ONG ne sont que des facilitateurs. En réalité, ces jeunes adultes relèvent de la responsabilité publique. La loi est claire : en cas de breach of contract, la responsabilité peut être partagée entre les ONG, le ministère et le NSIF, selon le principe dejoint liability.»

Le ministère de l’Intégration sociale reconnaît, de son côté, la nécessité d’un réajustement à long terme. Un processus de consultation avec les ONG est prévu afin d’évaluer un éventuel policy change concernant l’éducation et la prise en charge des jeunes adultes en situation de handicap.

En attendant, les employés des Day-care centers espèrent enfin voir leurs salaires crédités et les familles, un retour à une prise en charge normale

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