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Protection de l’enfance
Famille d’accueil : mode d’emploi
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Protection de l’enfance
Famille d’accueil : mode d’emploi
L’histoire de la petite Solea, placée dans une famille d’accueil, nous aide à y voir plus clair dans le fonctionnement du système de protection de l’enfance à Maurice. Pour comprendre ce processus, nous avons obtenu des précisions de Lakshya Jundoosingh, Coordinateur de la Foster Care Division au ministère de l’Égalité des Genres et du bien-être familial.
Selon Lakshya Jundoosingh, le placement d’un enfant se fait à la discrétion de la magistrate du Children’s Court, qui évalue chaque dossier individuellement. Elle peut décider d’un placement d’une durée de six mois, un an ou plus, selon ce qu’elle estime être dans le meilleur intérêt de l’enfant. Les placements sont renouvelables tant que les conditions restent favorables à l’enfant.
Lorsqu’un enfant est pris en charge, le ministère devient responsable de son suivi. Si un enfant a été placé sous un Emergency Protection Order avant son placement en famille d’accueil, le ministère doit veiller à sa sécurité et à son bien-être pendant toute la durée de son séjour.
Un foster home est défini comme un lieu sûr selon le Children’s Act 2020. Les enfants y restent tant que la famille d’accueil satisfait aux exigences légales et répond à leurs besoins. Le ministère effectue des enquêtes sociales avant et pendant le placement, portant sur la capacité d’accueil, les conditions matérielles, la disponibilité des parents d’accueil et l’adaptation de l’enfant à son nouvel environnement.
Le suivi est régulier et rapproché, avec des visites tous les trois mois pour contrôler le bien-être de l’enfant et l’environnement familial, ainsi que des visites surprises à domicile ou à l’école pour s’assurer que l’enfant est pris en charge conformément aux standards. Des entretiens sont également organisés avec les parents et l’enfant, souvent accompagnés de psychologues, pour encadrer les comportements et développer les compétences parentales.
Pas de limite stricte
Les familles d’accueil reçoivent une allocation mensuelle, calculée selon les besoins de l’enfant : environ Rs 12 000 par mois pour un enfant en bonne santé et environ Rs 15 000 par mois pour un enfant ayant des besoins particuliers. Il n’y a pas de limite stricte au nombre d’enfants qu’une famille peut accueillir, mais chaque cas fait l’objet d’une évaluation individuelle.
Le ministère peut décider d’une termination of placement si les conditions changent ou deviennent inadaptées. Dans ces cas, l’enfant est immédiatement placé dans une autre famille d’accueil, toujours selon le principe du meilleur intérêt de l’enfant. Lakshya Jundoosingh cite aussi le cas d’une termination of placement upon request : la mère au sein de la famille d’accueil est tombée enceinte et, par manque de moyens, ne peut plus s’occuper de l’enfant placé. «Tout se fait dans l’intérêt de l’enfant», rassure-t-il.
Lorsqu’un enfant atteint 18 ans, il devient adulte et n’est plus considéré comme placé sous le foster care. L’adoption reste un processus distinct, souvent privé, et n’est pas automatiquement liée au foster care.
Le parcours de Solea montre que le système de placement en famille d’accueil peut offrir un suivi structuré et des mécanismes de protection pour les enfants. Cette histoire souligne également que des améliorations restent possibles afin que tous les enfants de notre île puissent se retrouver dans une maison sûre, mais aussi entourés d’amour.
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