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Liberté de la presse
La fragilité économique menace le pluralisme à Maurice et dans le monde
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Liberté de la presse
La fragilité économique menace le pluralisme à Maurice et dans le monde
■ Maurice gagne six places pour se hisser au 51e rang, se classant entre la Mauritanie et le Ghana.
La précarité financière des médias s’impose comme l’un des principaux facteurs de recul de la liberté de la presse, selon le Classement mondial 2025 de Reporters sans frontières (RSF).
Maurice gagne six places pour se hisser au 51ᵉ rang ; se classant entre la Mauritanie et le Ghana, cette progression reste fragile : la polarisation du paysage médiatique s’accentue sur fond de pressions économiques croissantes. À Port-Louis, les éditeurs de presse dénoncent le débauchage de journalistes expérimentés par les nouveaux ministres et la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), structure publique chroniquement déficitaire, mais toujours active dans le recrutement de profils venus du privé, avec à la clé des salaires élevés et des contrats financés par les contribuables. «Ils affaiblissent la presse privée tout en maintenant la redevance télé qu’ils avaient promis d’abolir», alertent plusieurs responsables de rédaction.
Selon RSF, cette instabilité budgétaire affecte directement la qualité de l’information. Les médias indépendants peinent à survivre face à la concentration des aides publiques vers des groupes proches du pouvoir. Les journalistes, eux, sont confrontés à des contrats précaires, à une pression éditoriale croissante et à des menaces en ligne de plus en plus fréquentes.
La situation n’est guère meilleure à l’échelle mondiale. L’indicateur économique de RSF chute dans plus de 80 % des pays d’Afrique subsaharienne, avec un paysage médiatique polarisé, appauvri ou en exil forcé dans des contextes de conflit (République démocratique du Congo, Mali, Soudan). En Amérique latine, la fragilité économique des rédactions s’ajoute à la violence physique, comme au Mexique ou au Nicaragua. En Europe, la situation reste meilleure, mais le score économique diminue dans 28 des 40 pays de l’Union européenne et des Balkans. «Sans indépendance économique, pas de presse libre», rappelle RSF. L’organisation plaide pour des mécanismes de financement transparents, durables et équitables afin d’éviter que les rédactions ne deviennent les proies d’oligarques ou d’États instrumentalisateurs. Le journalisme de qualité, prévient RSF, ne peut exister sans un modèle économique solide.
Dans ce contexte, Maurice, comme d’autres petites démocraties, est à la croisée des chemins : renforcer un écosystème médiatique pluraliste ou sombrer dans un modèle déséquilibré, où la survie prime sur l’indépendance.
Les chiffres : Fermetures massives et régulières de médias
Dans 160 des 180 pays analysés par Reporters sans frontières (RSF), les médias ne parviennent pas à atteindre une stabilité financière, d’après les données collectées par RSF. Pire : dans près d’un tiers des pays du monde, des médias d’information ferment régulièrement, sous l’effet des difficultés économiques persistantes.
C’est le cas aux États-Unis (57ᵉ , -2 places), en Argentine (87ᵉ, -21 places) ou encore en Tunisie (129ᵉ, -11). En Palestine, (163ᵉ ) la situation est désastreuse. À Gaza, elle résulte d’un blocus complet imposé depuis plus de 18 mois par l’armée israélienne, qui a détruit des rédactions et tué près de 200 journalistes. En Haïti (112ᵉ , -18), l’absence de stabilité politique plonge l’économie des médias aussi dans le chaos. Des pays plutôt bien classés, comme l’Afrique du Sud (27ᵉ ) et la Nouvelle-Zélande (16ᵉ ), ne sont pas exempts de telles difficultés.
Trente-quatre pays se distinguent par des fermetures massives de médias, ayant provoqué, ces dernières années, l’exil des journalistes. C’est tout particulièrement le cas du Nicaragua (172ᵉ , -9 places), mais aussi du Bélarus (166ᵉ), de l’Iran (176ᵉ ), de la Birmanie (169ᵉ ), du Soudan (156ᵉ ), de l’Azerbaïdjan (167ᵉ ) ou encore de l’Afghanistan (175ᵉ ), où les difficultés économiques s’ajoutent aux pressions politiques.
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