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Une attaque russe d'ampleur sur Kiev fait 53 blessés, l'Ukraine en quête d'aide
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Une attaque russe d'ampleur sur Kiev fait 53 blessés, l'Ukraine en quête d'aide
Après des frappes russes sur Kiev, le 13 décembre 2023. AFP SERGEI CHUZAVKOV
Plus de cinquante personnes ont été blessées mercredi dans une attaque nocturne de missiles sur Kiev, bilan le plus lourd depuis des mois et nouvelle illustration de la pression militaire croissante de la Russie.
L'Ukraine est sur la défensive depuis l'échec de sa contre-offensive estivale, d'autant plus que les Occidentaux, Américains en tête, tergiversent désormais sur l'ampleur de l'aide politique, militaire et financières à apporter à leur allié ukrainien.
La défense antiaérienne a abattu les dix missiles balistiques lancés vers 03H00 (01H00 GMT) sur Kiev mais les débris sont retombés sur des zones habitées, notamment un hôpital pédiatrique. Aucun mort n'est à déplorer et le centre hospitalier continue de fonctionner.
En revanche, 53 personnes ont été blessées à travers la ville, dont 20 ont été hospitalisées, parmi lesquelles deux enfants, selon le ministère de la Santé. Cela faisait des mois que Kiev n'avait pas enregistré un tel bilan.
L'attaque a été sans doute lancée avec des missiles 48N6, a déclaré le chef de l'administration présidentielle ukrainienne.
Selon des médias ukrainiens, seuls des systèmes anti-aériens Patriot et SAMP/T parviennent à détruire de tels projectiles, or l'Ukraine n'en possède que quatre.
En outre, dix drones russes de type Shahed ont été lancés sur Odessa, le grand port du sud, et ont aussi été abattus.
La Russie n'a pas communiqué sur ces frappes. Mais le ministère de la Défense affirme mercredi que l'aviation, des drones, des missiles et l'artillerie ont détruit à une date et en des lieux indéterminés des entrepôts de munitions ainsi que des sites de construction de drones.
Depuis l'automne, Moscou multiplie les assauts aériens et terrestres, espérant gagner du terrain après que les forces ukrainiennes ont échoué dans leur grande contre-offensive estivale, épuisant une partie de leurs réserves humaines et de munitions.
Poutine confiant
Le Kremlin veut aussi frapper fort au moment où la volonté des Occidentaux de soutenir l'Ukraine semble faiblir.
La visite mardi du président Volodymyr Zelensky aux Etats-Unis en a été l'illustration avec les républicains bloquant toute nouvelle assistance dans le cadre d'un bras de fer avec Joe Biden.
Le dirigeant ukrainien, soucieux de sécuriser des moyens pour combattre l'invasion russe en 2024, a continué une tournée internationale mercredi.
Il était à Oslo pour rencontrer les dirigeants des cinq pays nordiques, des alliés et donateurs.
L'Ukraine «ne peut pas gagner sans aide», a-t-il martelé. Dans une lettre ouverte publiée dans le Financial Times, les cinq dirigeants nordiques ont aussi fait valoir que «la guerre ne se gagne pas sans armes».
Le président américain avait lui mis en garde ses adversaires républicains qu'un arrêt de l'aide à l'Ukraine signifierait la victoire pour Vladimir Poutine.
Ce dernier parie sur l'essoufflement du soutien occidental, et a complètement réorienté son industrie sur la production militaire. Se montrant toujours plus confiant, le Kremlin a qualifié de "fiasco" l'aide américaine à Kiev.
«Nous devons prouver (à Poutine) qu'il a tort», a martelé Joe Biden, attaquant les républicains qui veulent des concessions en matière d'immigration pour débloquer 61 milliards de dollars prévus pour Kiev.
A Avdiïvka, 51 attaques
Volodymyr Zelensky, bien conscient qu'une défaillance américaine minerait le soutien de ses autres alliés a réclamé «un signal très fort d'unité» face à «l'agresseur». En Europe, plusieurs dirigeants ont martelé leur soutien à la cause ukrainienne, à l'instar du nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk mardi et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen mercredi. A la veille d'un sommet crucial à Bruxelles qui doit entre autres décider de nouvelles aides à Kiev, le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi l'Union européenne, à être «au rendez-vous du soutien entier et durable à l'Ukraine».
Le chancelier allemand Olaf Scholz a déclaré de son côté qu'un «soutien financier durable» de l'UE à l'Ukraine constituait une «priorité» pour l'Allemagne. «Il en va de la sécurité de l’Europe et c'est une priorité pour l’Allemagne», a-t-il ajouté.
A Kiev, des journalistes de l'AFP ont entendu plusieurs explosions vers 03H00 locales mercredi.
Il s'agissait de la deuxième attaque contre Kiev en l'espace d'une semaine. Tôt lundi, huit missiles russes avaient été abattus par la défense aérienne ukrainienne.
Sur le front, long de quelque 1.000 kilomètres, les forces russes multiplient aussi les attaques, à l'Est comme au Sud. La ville d'Avdiïvka en particulier fait l'objet depuis octobre d'une offensive russe. Selon un rapport quotidien matinal de l'armée ukrainienne, «51 assauts ennemis (y) ont été repoussés».
Les Ukrainiens disent également repousser des attaques autour de Robotyné, village méridional qui avait été libéré cet été, suscitant l'espoir, déçu depuis, d'une percée. Des attaques russes ont aussi visé le nord-est, près de Koupiansk et Lyman, selon Kiev.
Enfin, les services spéciaux ukrainiens (SBU) ont dit aider le premier opérateur mobile du pays, Kyivstar, à remettre en route ses services, toujours paralysés, au lendemain d'un piratage imputé à des hackers du renseignement militaire russe.
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