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Noubanism nou pa le
Cela fait 55 ans désormais que Maurice est un pays indépendant et 31 ans qu’il a accédé au statut de République. S’il y a un souhait, et c’est celui de Marie Michelle Etienne, voix reconnaissable entre mille qui l’a toujours incarné, c’est que ce double anniversaire soit avant tout celui du mauricianisme et de la solidarité.
Un double anniversaire. Les 55 ans de l’Indépendance sans oublier les 31 ans de la République. C’est ce que nou péi Moris fête demain, 12 mars. Sous les fortes pluies qui lavent et le soleil qui éclaire, allumons les flammes du patriotisme en prenant d’une part, la mesure du chemin accompli en plus de cinq décennies. D’autre part, mesurons l’avenir à construire lamé dan lamé.
Voilà ce qu’appellent de leurs vœux les citoyens. Parmi eux, une voix. Reconnaissable entre mille. Une voix qui a accompagné les Mauriciens au quotidien, dan letan dir. Une voix qui nous accompagne inlassablement, aujourd’hui encore, pour célébrer la «chance d’être nés Mauriciens». Tant elle croit dans la force du «nous» et refuse de toutes ses fibres le nou bann.
Marie Michèle Etienne, animatrice de radio transformée en (ré)animatrice de la ferveur patriotique. Branchée sur la fréquence solidarité, Marie Michèle Etienne nous invite tous sans exception autour du quadricolore : «Indépendamment du parti pour lequel on a voté, indépendamment de nos désaccords. Le drapeau national reste un ancrage du pouvoir citoyen. Il appartient vraiment à tous les Mauriciens.»
Le 12 mars, c’est un jour pour «renforcer les symboles du mauricianisme». Le quadricolore. L’hymne national chanté en appuyant sur chaque mot. Pour mieux s’imprégner de son sens. «C’est le jour pour apprécier encore plus d’être un pays indépendant et républicain.» Une date hautement symbolique pour célébrer des valeurs chères à tous les Mauriciens. «La première valeur qui vient spontanément en tête, c’est la solidarité. C’est une solidarité qui est à l’épreuve de toutes les difficultés», souligne-t-elle. Cela s’est vérifié après le naufrage du vraquier japonais, Wakashio, pendant la pandémie du Covid-19 et les confinements. «Même là, pendant les récentes inondations et fortes pluies. Tou dimounn donn en koudmin. Népli éna mwa ki mwa, twa ki twa.»
D’où sa question pour un champion : «Qu’est-ce qui nous empêche de vivre cette solidarité en dehors des moments où ça va mal ?» Vingt-neuf ans après le passage du cyclone Hollanda en février 1994 – et de la longue nuit pendant laquelle elle a accompagné les auditeurs –, Marie Michèle Etienne n’oublie pas «que c’est un exemple du mauricianisme dans lequel je crois». «La chaîne de solidarité qui s’est mise en place relève de l’exceptionnel.»
Pour Marie Michèle Etienne, «même si les semeurs de zizanie existent, je crois les Mauriciens assez intelligents et mûrs pour dépasser ces considérations qui ne servent que l’intérêt de quelques-uns». Maturité. En 55 ans d’indépendance, quelles leçons a retenu le Mauricien ? «Il a appris la force de l’unité, qu’on ne s’en sort pas tout seul. Il a appris à se réinventer.»
En 55 ans d’indépendance et malgré des réflexes tenaces hérités du colonialisme, le Mauricien a-t-il appris à considérer que ce qui vient d’ailleurs n’est pas forcément meilleur que ce qui vient de later mama ? «Ah oui», s’enthousiasme Marie Michèle Etienne. «Nous avons appris la valeur – et la fierté – mauricienne. Aujourd’hui, nous avons appris que l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs. Cela dans différents domaines. Il y a une prise de conscience que Maurice, malgré son petit diamètre, peut être une île émergente forte.»
Une valorisation du made in Maurice qu’elle dit constater notamment dans le domaine artistique. «Je sens un bouillonnement extraordinaire.»
Le PM aux étudiants : «Convaincu que votre génération restera attachée au vivre-ensemble»
<p>Même si la cérémonie de lever du drapeau n’a pu avoir lieu dans les établissements scolaires en raison de l’avertissement de fortes pluies, le message du Premier ministre aux étudiants a été rendu public. Cela, par le biais du <em>Government Information Service. Pravind</em> Jugnauth s’y dit <em>«convaincu que votre génération restera attachée aux valeurs du vivre-ensemble, des valeurs qui sont un facteur essentiel au développement de la nation et à une prospérité qui profite à tout le monde».</em> Tout en reconnaissant que le calendrier scolaire a été <em>«bousculé»</em> depuis le début de l’année, le Pemier ministre invite les étudiants à ne pas <em>«baisser les bras».</em> <em>«C’est très important que tous les enfants de la République aient accès aux supports en ligne.»</em></p>
Célébrations de l’Indépendance étalées sur un an
<p>C’est ce qu’a annoncé le ministre des Arts et du patrimoine culturel, Avinash Teeluck, jeudi. La cérémonie officielle du lever du drapeau se tiendra à la <em>State House</em> à midi, demain. Parmi les réalisations cette année, il cite le changement de nom du stade Anjalay en celui d’Anjalay Coopen. Mais aussi le <em>Guinness World Record</em> du plus grand drapeau flottant humain. Le concert prévu devant la municipalité de Port-Louis a été reporté à cause des prévisions météorologiques. Trois autres concerts sont prévus, deux à Maurice et un à Rodrigues. Parmi les autres activités au programme : une grande foire de l’Indépendance, une marche de l’unité pour un relais du drapeau national à travers l’île, un collaborative painting sur une toile de 8 m x 4 m où les Mauriciens seront invités à y imprimer une empreinte de leur main. Les artistes seront aussi invités à taguer les murs de six jonctions, dont le <em>Reduit flyover</em>, le <em>Caudan flyover</em> et les échangeurs de Calebasse, Verdun et Saint-Pierre/Verdun. Une chanson spéciale a été composée pour l’occasion par Alain Ramanisum. Elle est interprétée par l’auteur, Laura Beg, Blakkayo, The Prophecy et Sweta Baboolall. La chanson s’intitule <em>Morisien.</em></p>
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