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Salaire minimum: comment il survit avec Rs 10 200

10 avril 2022, 16:00

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Salaire minimum: comment il survit avec Rs 10 200

Employé dans une entreprise de lavage de voitures, Shane ne subsiste que grâce au salaire minimum. Ayant sa mère veuve et son petit frère en charge, les temps sont devenus plus durs avec la flambée des prix. Comment vivent-ils ? Quelles sont leurs dépenses quotidiennes ?

«Maurice est devenu un pays mort où il est de plus en plus difficile de survivre», confie Shane, 24 ans. Ce dernier vit avec sa mère, 52 ans et veuve, et son frère de 17 ans, qui est toujours au collège. Habitant de Vacoas, il est employé dans une entreprise de lavage de véhicules depuis deux mois et il touche le salaire minimum de Rs 10 200. «Pendant deux ans, j’ai travaillé comme mécanicien. Mon employeur me donnait seulement Rs 7 000 par mois. Je me suis blessé au travail et j’ai été licencié comme mon patron ne voulait pas m’accorder des jours de congé», confie-t-il.

Face aux majorations des prix des aliments, cette famille peine à survivre avec ces moyens limités. Comment fait-elle ? «On regarde toujours les prix avant d’acheter. On scrute les commerces pour les promotions», avoue Shane. Quel est son budget alimentaire ? Celui-ci oscille autour de Rs 7 000 (voir hors-texte). Le reste de son salaire va dans l’achat du matériel scolaire de son frère, la connexion Internet et les factures courantes. Avec la flambée des prix, il ne peut plus acheter de viande. «On parvient à acheter du poulet environ deux fois par semaine. Maintenant, pour juste trois articles, à la caisse, il faut débourser pratiquement Rs 1 000. Ce qui nous coûtait Rs 700 est passé à Rs 1 500 désormais. C’est pour cela que beaucoup de Mauriciens font leurs provisions sur une base hebdomadaire.»

Une méthode qu’il intègrera désormais car les provisions mensuelles sont plus difficiles à faire avec son salaire et la pension de veuve de sa mère. Outre les dépenses courantes, Shane doit également rembourser un emprunt de Rs 8 000 par mois. «J’ai contracté cet emprunt pour acheter une voiture, vu que ma maman, ma grand-mère et ma tante ne sont pas en bonne santé. Cela nous permet de nous déplacer plus facilement.» Diplômé en ingénierie mécanique, Shane essaie d’avoir des clients à domicile pour joindre les deux bouts.

L’avenir lui semble noir, comme le cambouis qui lui colle aux mains. Le pays lui-même sombre, estime-t-il, surtout pour les ti-dimounn. «J’ai essayé de décrocher divers emplois mais à chaque fois, cela ne marchait pas. En revanche, d’autres qui ne possèdent ni les mêmes diplômes, ni les qualifications requises, passent. C’est aberrant. On voit bien la force du backing qui persiste toujours aujourd’hui…»

 

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