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Corse: funérailles du militant indépendantiste Yvan Colonna
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Corse: funérailles du militant indépendantiste Yvan Colonna
Le village corse de Cargèse, dans l'ouest de l'île française, a dit adieu vendredi au militant indépendantiste Yvan Colonna, enfant du pays, mortellement agressé par un codétenu, alors qu'il purgeait une peine de prison à perpétuité pour l'exécution d'un préfet en 1998.
Le cercueil est arrivé peu après 14h00 dans ce village de 1 300 habitants, berceau de la famille Colonna, à quelque 50 kilomètres d'Ajaccio.
Parmi la foule massée en silence devant l'église qui sonnait le glas, ou à pied derrière le convoi, plusieurs personnalités de l'île: Gilles Simeoni, le président autonomiste du Conseil exécutif, Jean-Guy Talamoni, l'ex-président indépendantiste de l'assemblée de Corse, ou encore Charles Pieri, ex-leader présumé du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), un mouvement qui a récemment menacé de reprendre la lutte armée.
Sur le grand olivier face à l'église ocre, aux balcons de plusieurs maisons voisines, ou encore tenu à bout de bras, plusieurs "banderas", ce drapeau corse frappé de la tête de Maure, flottent dans la brise.
Mais aussi un drapeau breton et un basque. Le bleu-blanc-rouge est par contre invisible: «Le drapeau français, vous n'allez pas le voir aujourd'hui», lance un homme au crâne rasé à un journaliste, «il est persona non grata».
Christine Flori, 69 ans, visiteuse de prison, tenait à être là pour dire adieu à celui qu'elle a rencontré une fois par mois pendant 12 ans: «Yvan, il voulait vraiment revenir dans son île, pour que son île vive, soit respectée. Il voulait revenir dans sa bergerie et qu'on le laisse tranquille», insiste-t-elle au sujet de cet homme qu'elle considère comme innocent.
En témoignage de "solidarité", le parti autonomiste Femu a Corsica, de Gilles Simeoni, avait appelé à mettre tous les drapeaux en berne, à observer une minute de silence à 15h00.
La mise en berne mardi par la collectivité de Corse des trois drapeaux --corse, français et européen-- ornant sa façade avait pourtant été dénoncée comme "une faute" par le président Emmanuel Macron.
Jeudi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin y avait vu lui «une sorte d'insulte pour la famille du préfet assassiné Claude Erignac, pour l'Etat français, pour les représentants de l'Etat».
Détenu à Arles, dans le sud de la France, Yvan Colonna a été violemment agressé le 2 mars par un codétenu djihadiste condamné pour terrorisme. Après presque trois semaines de coma, l'ancien berger est mort lundi à 61 ans dans un hôpital de Marseille (sud).
Son agression, alors qu'il demandait depuis des années à purger sa peine en Corse, mais se heurtait à une fin de non-recevoir de l'Etat, a soulevé une vague de colère en Corse.
Beaucoup de Corses estiment qu'en ayant refusé cette demande, l'Etat a une part de responsabilité, d'où le slogan "Etat français assassin" largement présent dans les manifestations des dernières semaines, parfois violentes, qui ont suivi l'agression.
Celle-ci a aussi fait ressurgir la question de l'autonomie pour cette île-région de 340 000 habitants.
Yvan Colonna avait été condamné par trois fois à la perpétuité pour l'exécution par balles du préfet Claude Erignac, en février 1998 à Ajaccio, un crime qu'il a toujours nié.
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