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Développement durable: la capitale vise le label «ville créative de l’Unesco»
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Développement durable: la capitale vise le label «ville créative de l’Unesco»
Si le réseau des villes créatives de l’Unesco couvre sept domaines, Port-Louis a choisi celui de la musique. Le lord-maire, Mahfooz Moussa Cadersaib, explique ce choix en ces termes : «Dans le passé, il y a déjà eu toute une série d’activités musicales dans la ville. Nous les avons citées en guise de référence.» Parmi elles, le Festival Porlwi, qui n’a pas pu revenir après sa troisième édition. Le lord-maire précise qu’en sus de la municipalité, le ministère des Arts et du patrimoine culturel et l’Economic Development Board (EDB) sont aussi concernés.
Qu’est-ce que le statut de ville créative de l’Unesco requiert ? «Il faut organiser des activités, qu’il y ait de l’animation. Par exemple, des concerts à l’heure du déjeuner. Il faut faire vivre la musique.» Le lord-maire précise qu’en cas d’obtention du label, c’est pour quatre ans. «Si notre demande est acceptée, nous devrons faire nos preuves dans la promotion de la musique. Nou pa kapav gagn inskripsion-la zis lor papie. Nou bizin montre ki nou mean business.» Au bout de quatre ans, si inscription il y a, un rapport d’activités doit être soumis pour le renouvellement du label. «Il ne faudrait pas qu’après quatre ans, l’Unesco nous l’enlève. Li pa pou bon.»
Un plan d’action a accompagné la demande d’inscription. Il a été préparé après consultation avec divers partenaires. Le lord-maire cite «le secteur privé, des artistes, les centres culturels». L’Unesco a lancé l’appel à candidatures le 16 mars 2021. La demande de Port-Louis a été envoyée le 30 juin, date limite fixée par l’Unesco. Une évaluation technique préliminaire a lieu actuellement. La phase d’évaluation proprement dite des dossiers est prévue du 12 juillet au 12 septembre. Le verdict de l’Unesco est attendu le 27 octobre.
Qu’en est-il de l’aspect budgétaire ? Le lord-maire ne donne pas de chiffres. Mais selon lui, une proposition a été travaillée avec le ministère des Finances. «Nous espérons avoir la contribution du secteur privé.» Parmi les personnes ressources consultées, figure l’architecte Gaëtan Siew, qui a été président du Port-Louis Development Initiative (PLDI), et rappelle que le PLDI avait déjà travaillé sur ce dossier, il y a deux ans. «La délégation de l’Union européenne s’était montrée très intéressée. Mais cela n’avait pas abouti.» Jusqu’à ce que la situation évolue dans les ministères – surtout celui des Finances et celui des Arts et du patrimoine culturel. «Ils voient ce que cela peut rapporter au niveau international. D’ailleurs, l’EDB a un département pour les industries créatives.»
Si pour l’Unesco, ce réseau sert plus les intérêts du patrimoine intangible, pour les pays, c’est «plus une volonté de vendre des activités économiques basées sur l’art, la culture, le patrimoine». Quand le potentiel économique prime, est-ce à dire que les autorités seront (plus) sensibles à l’investissement dans l’art et les industries créatives ? En tenant compte de la crise sanitaire et de ses répercussions, Gaëtan Siew distingue deux approches. Celle des pays, tels que la France où l’État accorde des subventions, et celle des pays anglosaxons et asiatiques où l’État a un rôle de promotion et c’est «le secteur privé qui mène la danse». À charge pour Maurice, qui se pose en confluent de trouver l’équilibre.
Un réseau dynamique de créativité
<p>Le réseau des villes créatives de l’Unesco existe depuis 2004. Sa mission : réunir les villes qui voient dans la créativité un <em>«facteur stratégique de développement durable».</em> Le réseau compte 246 villes dans plus de 80 pays. En adhérant au réseau, ces villes s’engagent notamment à <em>«améliorer l’accès et la participation à la vie culturelle, en particulier, des groupes défavorisés ou vulnérables»</em>. Le réseau couvre sept domaines : artisanat et arts populaires, arts numériques, cinéma, design, gastronomie, littérature et musique. Les villes choisissent l’un de ces secteurs. Dans la région, Durban est ville créative de l’Unesco en littérature. En Afrique du Sud toujours, la ville d’Overstrand Hermanus est ville créative en gastronomie. Située dans la province du Cap, cette ville est réputée pour ses vignobles et le <em>«Hermanus Wine Route»</em>. Ainsi que la semaine annuelle du pinot noir.</p>
UNESCO : gare aux contradictions
<p>L’architecte Gaëtan Siew met en garde contre le <em>«boulet du passé».</em> Ces contradictions locales, comme <em>«célébrer l’immigration à travers l’Aapravasi Ghat, qui est patrimoine mondial, mais ne pas vouloir ouvrir le pays aux étrangers».</em> Selon lui, pour beaucoup, la culture est affaire de<em> «commémoration du passé»</em>. Il affirme que pour brasser le bouillon de cultures de demain, il faudrait que le mot métissage <em>«devienne politiquement correct. On est tombé dedans quand on était petit mais on reste figé».</em> L’architecte souligne que <em>«l’exploit»</em> ne sera pas d’obtenir le label de ville créative mais de <em>«transformer le pays». </em>Il raconte son expérience avec la rénovation de la section poissonnerie du marché de Port-Louis. Marché qui se trouve dans la zone tampon de l’Aapravasi Ghat. La rénovation doit donc se plier aux règles de préservation du patrimoine mondial. <em>«Les experts de l’Unesco ont proposé de développer la gastronomie et la street food. À Singapour, la hawkers’ culture de la street food est devenue patrimoine mondial en 2020.» </em>Pour la rénovation, l’architecte imagine une<em> «food street»</em> entre les deux parties du marché. Une rue<em> «sympathique»</em> où l’on pourrait manger toutes les spécialités de la cuisine mauricienne <em>«dans de bonnes conditions sanitaires»</em>. Et une ambiance<em> «invitant les touristes à se mélanger aux Mauriciens». </em>Mais ni l’<em>Aapravasi Ghat Trust Fund</em>, ni le <em>National Heritage Fund</em> n’étaient d’accord. Ils ont trouvé que cela<em> «dénature les activités traditionnelles du marché».</em></p>
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