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À Notre-Dame: frère et soeur perdent la vie au fond d’un bassin d’irrigation
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À Notre-Dame: frère et soeur perdent la vie au fond d’un bassin d’irrigation
Cela devait juste être un dimanche au bord de l’eau. Des jeux, de la rigolade. Faire trempette alors que l’été pointe le bout de son nez. Mais le sort en a décidé autrement, au fond d’une impasse, près des champs de canne, à Notre-Dame, dans le district de Pamplemousses.
Dans cette localité très calme, qu’un volontaire appelle «kitchin», deux anges s’en sont allés. Ils se sont pris les ailes dans l’eau d’un bassin d’irrigation. Les corps sans vie d’Alicia Maruano, cinq ans, et de son frère Fabrice, 12 ans, ont été repêchés hier, dimanche 4 octobre.
C’est la petite Alicia que l’on a retrouvée en premier. Malgré le soleil qui tape fort, tout s’assombrit dans la localité. Alicia ne respire plus quand son corps est repêché par les éléments de la police. Malgré tout, un mince espoir subsiste. Son frère Fabrice est lui aussi porté manquant. Les recherches aux abords du bassin d’irrigation et dans l’eau s’activent. Mais en début d’après-midi, la seconde terrible nouvelle tombe. Fabrice a accompagné Alicia jusqu’au bout. Jusque dans l’au-delà.
Alors que l’enquête policière du poste de Montagne-Longue en collaboration avec la CID de Pamplemousses, sous la supervision de l’inspecteur Ramburrun, est toujours en cours pour déterminer les circonstances de ce double drame, ces décès ne laissent personne insensible. À hier, peu de détails étaient disponibles.
Sur place, à Notre-Dame, au domicile des deux enfants, leur père, Daniel Maruano, est totalement abattu. Le choc et la douleur l’empêchent de parler. Quant à la mère des enfants, on laisse entendre qu’elle ne veut pas sortir de la maison. Les premiers recoupements indiquent que les parents d’Alicia et Fabrice auraient encore deux autres, «ant sa dé kinn alé la». Ce serait donc l’aîné et la benjamine des Maruano qui ont trouvé la mort. On ne sait si la petite Alicia fréquentait une école primaire de la localité et si son frère était admis dans une institution secondaire.
La maison où vivent les Maruano se trouve au fond d’une impasse. De l’extérieur, il s’agit d’une grande maison à étage. Mais des volontaires venus sur place dès qu’ils ont appris la triste nouvelle expliquent qu’il s’agirait en réalité d’une maison transformée en appartement loués par quatre familles. Les Maruano vivent à l’étage. Avec vue sur les champs de canne alentour.
Dans le voisinage, les Maruano ne semblent pas être connus. Selon les toutes premières indications disponibles, cette famille serait originaire de Rodrigues. Elle serait venue s’installer à Notre-Dame il y a un mois environ seulement.
Les enfants avaient-ils l’habitude de fréquenter le bassin d’irrigation ? Était-ce leur terrain de jeu favori ? Ce que l’on sait, c’est qu’il y a non pas un mais deux bassins ou réservoirs à environ 200 mètres de leur domicile. Il suffit de suivre l’impasse qui passe devant leur maison pour y arriver. Ces plans d’eau sont faciles d’accès, même pour des enfants aussi jeunes qu’Alicia qui n’avait que cinq ans.
Deenarain Mungroo, un habitant qui «res kosté ar légliz», affirme qu’il voit régulièrement «boukou zanfan» jouer dans les parages de ces bassins servant à irriguer les champs de canne. «Mo trouv sa enn zafer danzéré térib. Sirtout pou bann zanfan ki atiré par délo. Ninport ki sann-la trouv sa délo la pou anvi al laba. Inn fouy enn gran basin koumsa, ti bizin met enn fencing ar sa», constate-t-il.
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