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Avinash Teeluck: «Si on avait continué avec Arts et culture, on serait resté dans une boîte»
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Avinash Teeluck: «Si on avait continué avec Arts et culture, on serait resté dans une boîte»
«On va se tutoyer.» Spontanéité rafraîchissante au septième étage du Renganaden Seeneevassen Building. Cet entretien avec Avinash Teeluck a été réalisé dans l’après-midi du vendredi 15 novembre. Il souligne que «cela fait deux jours» qu’il est ministre des Arts et du patrimoine culturel. Avant d’expliquer le changement d’appellation du ministère.
Pourquoi ce changement du ministère des Arts et de la culture au ministère des Arts et du patrimoine culturel ?
Arts et culture donnait peut-être l’impression que le ministère ne s’occupait que des socioculturels et de la religion. Or ce n’est pas le cas, ni pour moi, ni pour le Premier ministre. Quand on parle des arts, c’est toutes les formes d’art.
Quand on parle de culture, ce n’est pas nécessairement en relation avec la religion. La culture, c’est tout ce qui fait partie du patrimoine d’un pays, les monuments, les bâtiments, mais aussi les pratiques religieuses et culturelles que les ancêtres ont léguées. À mon sens, si on avait continué avec l’appellation Arts et culture, on serait resté dans une boîte. Aujourd’hui, le ministère veut brasser large et s’assurer que l’on englobe tout ce que la culture représente. Je suis content que le Premier ministre ait décidé de changer d’appellation, pou donn li so vre valer. I beg to differ. Il ne faut pas associer la culture uniquement avec la religion. C’est beaucoup plus large que ça.
Des défenseurs du patrimoine décrient régulièrement l’état de cet héritage national. Le changement d’appellation du ministère signifie-t-il que l’accent sera davantage mis sur la préservation du patrimoine ?
Pour moi, oui. Il y a des solutions à trouver, que ce soit pour les bâtiments ou le patrimoine intangible. Donn sakenn linportans ki li merité. Je suis ministre depuis deux jours. Dès le premier jour, après avoir rencontré le personnel, monn trap tou dosié monn poz lor latab. C’était pour savoir quels sont les projets en cours, ki pé fer, ki pa pé fer.
Tous les dossiers ? Combien y en avait-il ?
Tout ce qui est en cours. J’ai vu la liste des priorités du ministère et j’ai expliqué ma vision au personnel. Il y a beaucoup à faire, pas parce que les choses n’ont pas été faites, mais parce que c’est un ministère qui s’occupe de beaucoup de choses (NdlR: cinq centres culturels, 12 speaking unions, six musées, les Archives nationales, des patrimoines mondiaux tels l’Aapravasi Ghat et le Morne etc.). Je dois aligner mes priorités avec celles du ministère.
Citez-nous vos priorités.
Les artistes.
Êtes-vous au courant de la situation réelle des artistes ?
J’ai une rencontre avec les divers partenaires la semaine prochaine.
Ceux du secteur musical ?
Vous serez tenue au courant. Soyez sûre que ce sera tous ceux concernés. Avant d’entamer quoi que ce soit, je veux avoir des échanges avec tout le monde, pour comprendre la situation. Mo kapav ena 100 000 vizion. Mais l’artiste a ses revendications. C’est lui qui vit dans la peau de l’artiste. Je veux comprendre ce qu’il attend.
Êtes-vous au courant du tariff de 68 sous pour la diffusion des chansons sur les radios ?
Less mo zwenn bannla. Je suis là avec l’intention de faire des choses. Je crois dans le dialogue.
Le manifeste électoral parle de refonte de la MASA, de révision des tarifs…
C’est encore trop tôt pour en parler. Mais ce qu’on peut dire, c’est que ce manifeste électoral traduit la volonté du gouvernement de faire avancer des choses. Je suis déterminé à trouver des solutions et je sais que j’ai l’appui du Premier ministre.
Quels sont vos artistes mauriciens préférés ?
Ils sont nombreux. Des anciens, des nouveaux : Claudio mo kontan. The Prophecy aussi. Si quelqu’un est sensible à ce que produit un artiste, pourquoi ne sera-t-il pas sensible à son sort, à ses doléances, si elles sont justifiées ?
Que lisez-vous ?
Je suis un passionné d’Histoire et de religions. Je touche à tout. Il y a deux livres qui m’ont marqué dans la vie : Freedom at Midnight (NdlR : de Larry Collins et Dominique Lapierre, paru en 1975). Cela raconte l’histoire de l’Inde gouvernée par les maharajas, colonisée par les Britanniques et la passation des pouvoirs à l’indépendance. La description de la passion des freedom fighters m’a beaucoup marqué. J’y ai aussi appris beaucoup de choses sur la culture indienne.
Il y a aussi Animal Farm de George Orwell que j’ai étudié en Form IV. Je trouve cela extrêmement pertinent en politique. Ce livre m’a marqué à jamais.
C’est votre livre de chevet ?
C’est mon livre de chevet. Se enn zafer ki ress dan mo latet touletan. C’est important pour ne pas dévier du droit chemin. (Il cite) «All animals are equal, but some animals are more equal than others.» (Il explique) Il ne faut pas se laisser corrompre par le système. Tous les jeunes viennent avec une certaine idéologie. Si on ne la laisse pas se diluer, on peut faire des merveilles pour ce pays. (Il répète la citation de George Orwell). Pour moi, all animals are equal.
Vous dites que vous êtes passionné de religions ?
Toutes les formes de religions.
Vous les avez étudiées ?
Non, je ne les ai pas étudiées. Mais quand vous lisez, que vous vous documentez, vous apprenez beaucoup de choses. Je suis content d’avoir une certaine ouverture d’esprit. Mo kontan partaze avek bann kamarad. Ceux qui pratiquent d’autres religions. J’ai appris tellement de choses. Cela permet de grandir. Si on veut acquérir encore plus de maturité – j’ai encore beaucoup de choses à apprendre dans la vie – c’est en cultivant l’ouverture d’esprit.
L’une des critiques souvent formulées contre votre ministère c’est qu’il s’occupe plus de religion que des arts et de la culture.
Je ne vais pas rebondir sur les critiques. C’est une page que l’on tourne. Déjà, l’appellation du ministère a changé.
L’un de vos prédécesseurs avait traité ce ministère de «lakaz diab».
Monn tandé…
Solaris: le président va se retirer de L’ONG
<p style="text-align: justify;">Avinash Teeluck est le président de l’ONG Solaris. Elle soutient des enfants atteints du cancer. «<em>J’ai déjà préparé ma lettre de démission. Nous avons toujours travaillé de manière collégiale. Président ou pas, je soutiendrais l’association dans la mesure du possible, car j’ai maintenant des responsabilités ministérielles et je dois m’occuper de la circonscription. Mais à la base, le volontariat, c’est ce qui me définit. Je ne pense pas pouvoir me dissocier du social</em>.»</p>
Musée de l’esclavage: la promesse
<p style="text-align: justify;">Le nouveau ministre des Arts et du patrimoine culturel a fait sa première sortie officielle le mercredi 13 novembre. Il a assisté à l’ouverture de la troisième édition du Festival international de danse Sagam, au centre Nelson Mandela pour la culture africaine. Lors de son discours de circonstance, il a répondu à son <em>«kamarad »</em>, Jean François Chaumière, président du centre culturel, qui évoquait le musée de l’esclavage. Avinash Teeluck a affirmé avoir «demandé le dossier» aux fonctionnaires du ministère. <em>«Je sais quelle importance le Premier ministre attache à ce sujet. Soyez assuré que pendant ce mandat, je vais me donner corps et âme pour que nous réalisions ce projet. Je sais à quel point cela compte pour vous.»</em></p>
Parcours
<p style="text-align: justify;">À 39 ans, Avinash Teeluck est parmi les plus jeunes du nouveau Conseil des ministres. L’habitant de Goodlands a été élu en troisième position au n°6 Grand-Baie – Poudre-d’Or. Juriste, il exerçait au cabinet Dentons (comme Nilen Vencadasmy, candidat battu au n°1 Port-Louis Ouest – Grande-Rivière-Nord-Ouest). Avinash Teeluck, qui n’a pas prêté serment comme avocat, affirme avoir obtenu le barreau au mois d’août de cette année en Australie. En 2016, il avait organisé le concert de la<em> «mash up queen»</em>, la chanteuse américaine d’origine indienne, Vidya Iyer. Par la suite, Avinash Teeluck n’a pas organisé d’autres concerts.<em> «Quand j’allais assister à des concerts, je me disais pourquoi ne pas en organiser un ? Je l’ai fait sur un coup de tête. Mo gagn bann lanvi fer kitsoz.» </em>Était-il rentré dans ses frais ? <em>«Je vais être très honnête… pas nécessairement. Mais je ne l’ai pas fait pour gagner de l’argent ou en faire mon métier»,</em> confie-t-il.</p>
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