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Milieu carcéral: délit à la prison, des sanctions dépendant de la gravité de la faute
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Milieu carcéral: délit à la prison, des sanctions dépendant de la gravité de la faute
Une détenue a récemment agressé deux gardiennes à la prison de Beau-Bassin. Quelle est la punition appliquée dans un tel cas ? Qu’en est-il des mauvais traitements déplorés par la population carcérale ?
En prison, «la punition varie selon la gravité du délit commis. Par exemple, il y a des infractions majeures ou aggravées comme l’agression des deux gardes-chiourmes, une tentative d’évasion, entre autres. Puis, nous avons les délits mineurs», confie un officier de prison. À cet effet, lorsqu’une détenue a récemment agressé deux gardiennes à la prison de Beau-Bassin, elle a été placée en isolement pendant deux jours avant d’être transférée dans une prison de haute sécurité.
Ravind Lugun, assistant commissaire des prisons, explique que les sanctions sont appliquées selon les dispositions de la Reform Institutions Act et les articles 33 et 34 des Regulations. Si le détenu agresse physiquement un officier, ce cas criminel est traité par la police. Ainsi, selon les procédures, une enquête est menée par l’officier en charge après un délit. Entre-temps, le présumé agresseur est placé en cellule d’isolement pendant environ deux jours. «Le cas est alors référé au board of visitors présidé par un magistrat», indique-t-il. Celui-ci infligera alors les sanctions appropirées.
Par exemple, si le prisonnier bénéficie d’une remise de peine, celle-ci peut être supprimée. Sa peine est même prolongée de deux ans au maximum s’il est reconnu coupable d’agression. De plus, ses privilèges lui sont également retirés, notamment l’accès à la cantine pour l’achat des aménités, le droit de téléphoner, le droit de visite, etc. «Le détenu peut être transféré dans une autre prison plus sécurisée», précise-t-il.
Idem pour un cas d’évasion. Une fois retrouvé, le détenu est transféré à Beau-Bassin ou à La Bastille, qui sont des prisons de haute sécurité. Une enquête départementale est effectuée suivie d’une réduction des privilèges. Toutefois, les droits liés à la nourriture, le bain, la santé etc. sont maintenus. Pour des délits mineurs comme la découverte de cigarettes dans la cellule, une prise de bec avec un officier ou encore la possession de méthadone, le suspect est mis à l’isolement. «En 24 heures, un rapport doit être fait par la prison. On peut aussi enlever le droit de travailler à l’extérieur des cellules ou procédé au transfert du détenu vers une autre prison.»
Régime et fouet
Quelles punitions étaient infligées auparavant ? Selon Ravind Lugun, avant l’institution des droits de l’homme à Maurice, dans les années 1950, les prisonniers étaient soumis à un régime de pain sec et d’eau sucrée et au fouet. Ces pratiques ont changé avec la reconnaissance des droits humains. Ceux-ci sont-ils respectés ? Qu’en est-il des traitements à l’égard des détenus ? «Il n’y a pas de torture mais plutôt des mauvais traitements comme la suppression de la cigarette», confie un ancien membre de la National Preventive Mechanism Division de la Human Rights Commission.
Toutefois, pour Michel Vieillesse, actuel membre de cette instance, il faut prévenir autant que possible tout «mauvais traitement». «Les prisonniers critiquent la qualité de la nourriture, les lits et matelas infiltrés de punaises. Nous avions d’ailleurs vu cela à Alcatraz. Nous avons recommandé des améliorations. Après un an de fermeture, l’établissement a rouvert ses portes. Nous l’avons visité en mars. C’est mieux.»
Autres points de discorde soulignés par les prisonniers : les soins médicaux et l’hygiène dans les cellules : «À la prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest, plusieurs toilettes ne fonctionnaient pas. Elles avaient été obstruées, parfois par les détenus. On a demandé des réparations en urgence, ce qui a été fait.»
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