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À la découverte du Kin-Ball: Jouer au ballon autrement et tous ensemble
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À la découverte du Kin-Ball: Jouer au ballon autrement et tous ensemble
Kin, réduction du mot grec kinesis, veut dire mouvement. Ball signifie ballon en anglais. Une quinzaine d’enseignants, des professeurs des écoles et des professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) des établissements français de Maurice, ont suivi un stage d’initiation au kinball du mercredi 21 au vendredi 23 mars. Pendant trois jours, ils ont fait connaissance au petit Lycée La Bourdonnais avec ce sport collectif mixte originaire du Québec et qui fait appel à l’implication de l’ensemble des quatre joueurs composant une équipe.
Ce stage de trois jours était dirigé par deux experts dont le champ d’action couvre la zone océan Indien : Marie-Anne Bourguignon, enseignante expatriée à mission de conseil pédagogique en EPS deuxième degré et Julien Macquart, conseiller pédagogique premier degré. Leur objectif : enseigner l’EPS autrement par le biais d’une activité nouvelle.
«Omnikin !» C’est le mot que crie l’équipe qui lance le ballon en désignant la couleur de l’équipe adverse destinée à le recevoir. Omni vient du latin et veut dire tout, toujours. Kin vient du grec kinesis et veut dire mouvement. Le kin-ball naît au Québec en 1985. Le premier cours s’adressant aux enfants et utilisant cette grande balle de 1,22 mètre de diamètre est élaboré alors. Le programme à usage éducatif gagne rapidement en popularité à tel point que son inventeur, Mario Demers, envisage de le transformer en jeu. Le projet autant que sa réflexion mûrit. Le kin-ball voit le jour et sera réglementé en août 1987 par la société Omnikin, organisation regroupant des éducateurs physiques d’universités québécoises.
Le kin-ball est un sport collectif mixte ayant pour particularités la taille du ballon (diamètre 1,22m) et le nombre d’équipes (3). Il favorise l’esprit d’équipe et développe la réactivité et l’adresse grâce à l’implication nécessaire de l’ensemble des quatre joueurs. Une partie se compose de trois périodes de 15 minutes chacune. L’équipe qui mène au pointage à la fin des trois périodes gagne la partie. Comment se déroulet- elle ? Elle démarre au centre de la salle, sous l’impulsion du coup de sifflet de l’arbitre, sur une surface de jeu d’une dimension maximale de 21 m par 21 m. Une des équipes lance le ballon et doit désigner une équipe réceptrice en criant «Omnikin» puis la couleur de l’équipe nominée. Une couleur différente est attribuée à chaque équipe : jaune, rouge, bleue. Le but est de servir le ballon à l’une des équipes adverses de façon que cette dernière ne puisse pas le réceptionner avant qu’il ne touche le sol.
Le lancer doit se faire dans les 5 secondes après que les 4 joueurs ont eu un contact avec le ballon. Seul un joueur pousse ou frappe le ballon. L’équipe nominée doit rattraper le ballon pour éviter qu’il ne touche le sol. Si elle n’y parvient pas, un point est accordé aux deux autres équipes. Si elle récupère le ballon, c’est à elle de le relancer en désignant à son tour l’équipe qui doit le réceptionner.
Intégration
À la prochaine rentrée, fin août, le kin-ball devrait faire son apparition dans les cours d’EPS des établissements français de Maurice. «C’est une formation destinée aux enseignants, professeurs des écoles et professeurs d’éducation physique et sportive (EPS). C’est une façon d’enseigner l’EPS autrement. Cela permet de prendre en compte les élèves à besoins particuliers, de faire une différenciation pédagogique et de proposer une activité originale et nouvelle», souligne Marie-Anne Bourguignon.
«Il y a trois équipes sur le terrain en même temps, trois équipes de quatre élèves. L’équipe qui commet une faute donne des points aux deux autres équipes. Cela permet à tous les élèves de s’impliquer. Tout le monde a un rôle à tout moment du jeu. Lors de la mise en jeu, il y a quatre élèves sous le ballon. Personne n’est en retrait. Ils sont tous obligés d’être actifs. Cela valorise le fair-play et les rôles sociaux comme l’arbitrage.»
Le fait que le ballon ne pèse qu’un kilo ne fait pas peur, assure Marie-Anne Bourguignon. «Il est léger. C’est intéressant pour les enfants. C’est tout nouveau, tout le monde est sur un même pied d’égalité. Ce sport inclut les filles et les garçons. Pour les élèves qui ont des difficultés, c’est un bon moyen d’entrer dans les activités sportives et de travailler des compétences motrices, méthodologiques et sociales. À titre d’exemple, les élèves souffrant de dyspraxie (NdlR : maladresse pathologique) et qui ont un problème de coordination motrice. Le ballon est léger, sa trajectoire est lente.» Le kin-ball a la particularité «d’intégrer tout le monde» et «d’éviter que ce soit les meilleurs toujours sur la balle» et «les autres sur le côté». Julien Macquart remarque, pour sa part : «Grâce au kin-ball, on peut aborder l’EPS à l’école élémentaire en entrant par une activité innovante et nouvelle, peu connue, ayant peu de référents culturels. Cela contribue aux apprentissages moteurs, sociaux et cognitifs.»
Le vendredi 23 mars, les stagiaires ont expérimenté, en présence d’élèves de CP et de CM2, ce qu’ils ont appris durant les deux jours précédents. «Les personnes de quatre écoles à programme français de Maurice ont passé deux jours ensemble avec leurs collègues. Ils ont pu découvrir et aborder les points didactiques. Là, ils vont expérimenter cette discipline nouvelle avec des élèves de CP et de CM2, prêtés par l’école. Ils vont mettre en oeuvre et voir en situation réelle ce que ça peut donner, comment gérer l’hétérogénéité du groupe, analyser, acquérir les compétences du socle commun que sont les activités de fin ce cycle», souligne le formateur.
Le kin-ball fait son apparition à Maurice dix-sept ans après son arrivée en France et dix-huit ans après la création de la Fédération internationale de kin-ball. Celle-ci recense 3,8 millions de pratiquants essentiellement situés au Canada, aux États-Unis, au Japon, en Belgique, en France, en Suisse, au Danemark, en Espagne, en Allemagne et en Malaisie.
Il devrait se frayer une place dans la panoplie des activités enseignées dès la rentrée prochaine dans les écoles à programme français de Maurice et contribuer au développement intégral de l’enfant. Les règles du jeu ont été élaborées de manière à mettre l’accent sur le respect des autres joueurs et des arbitres, l’esprit d’équipe et l’implication permanente de tous les joueurs.
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