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[Vidéo] Patrimoine: vivre la culture rodriguaise hors de son île

2 juillet 2017, 14:37

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 [Vidéo] Patrimoine: vivre la culture rodriguaise hors de son île

Des notes de polka, de valse et de musique indienne émanent d’une maison à Pointe-aux-Sables… À les entendre de plus près, elles dégagent une petite touche de différence. Il s’agit de la culture rodriguaise, célébrée en ce dimanche 2 juillet. Melchiade Prosper, 72 ans, pianote les touches de son accordéon, un instrument qui lui rappelle son enfance à Citron-Donis. «C’était comme une tradition dans ma région. Mon père en jouait. Nous avons appris de lui. Puis, comme beaucoup de jeunes allaient se battre à l’armée, à leur retour, ils ramenaient un accordéon.»

Arrivé à Maurice en septembre 1967, Melchiade Prosper se souvient encore de la traversée inter-îles effectuée à bord du navire MV Mauritius, durant… 36 heures. Car à l’époque, il n’y avait pas d’avion assurant la liaison entre Rodrigues et Maurice. Le septuagénaire, qui a quitté Rodrigues pour une formation de prêtrise, a ensuite changé de cap et a fait carrière au département shipping d’une entreprise.

L’adaptation s’est faite rapidement étant donné qu’il était encadré par son oncle. Comme lui, Jean Margéot Ravina, originaire de Papayes, à Rodrigues, s’est installé à Maurice pour des formations professionnelles : «Il y a un gros problème de chômage à Rodrigues. Et moi, je voulais avancer dans le domaine éducatif où j’exerce maintenant.»

C’est d’ailleurs une des principales motivations incitant les Rodriguais à quitter leur pays pour Maurice. Ainsi, malgré son attachement pour son pays et sa famille, Josiane Prosper, 57 ans, de Petit-Gabriel, a dû, elle aussi, franchir le cap. «Mon mari travaillait comme chauffeur au sein d’un hôtel. Celui-ci a fermé ses portes. On a commencé un petit commerce, mais cela n’a pas marché. Nous avions des enfants. Nous devions assurer leur avenir et sommes venus nous installer à Maurice…»

Selon Jean Margéot Ravina, président de l’association Solidarité Rodrigues, 36 000 Rodriguais vivent à Maurice. Cette organisation, qui existe depuis six ans, assure leur encadrement et intégration. Il souhaiterait que soit instituée une Maison de Rodrigues. Celle-ci assurerait une structure permanente à Maurice pour mieux canaliser les Rodriguais. «À Rodrigues, les gens ne louent pas de maison. Il y en a beaucoup qui sont des squatters. Moi-même j’en étais une pendant 17 ans. Nous avons de gros problèmes de logement», déplore Josiane Prosper.

Sa compatriote, Yolanda Léopold, 70 ans, originaire du Chou, en a fait les frais. «Je n’avais pas de maison et là, on a barré une petite portion de terrain pour construire quelque chose. Il y avait un trou énorme dans le toit. Quand il pleuvait, je devais dormir sous une feuille de plywood», explique-t-elle. Les membres de l’association lui ont permis de trouver une solution. Selon nos interlocutrices, beaucoup de Rodriguais bravent ces problèmes de logement, d’où une chaîne d’entraide s’est tissée pour les assister. «C’est dans notre sang d’aider l’autre. C’est une valeur que nous transmettons toujours aujourd’hui», ajoutent-elles.

Outre les valeurs sociales, les Rodriguais à Maurice veulent maintenir la transmission de leur art. Connus pour leur fibre artistique, plusieurs poussent la chansonnette et entrent dans la danse pour l’inculquer aux plus jeunes. Vianney Maman, chanteur de séga rodriguais, fait ainsi la tournée des hôtels et studios d’enregistrement. «J’ai fait des albums solo et enregistré des clips. Certains ont même été diffusés sur Kanal Austral.»

De son côté, Yolanda Rita, originaire de Nassola, enseigne la danse traditionnelle à une quinzaine de jeunes filles. «C’est rare de voir les adolescents s’intéresser à la danse, mais il est important de maintenir cela. Moi, j’ai grandi avec… C’est une chance de la transmettre», confie-t-elle. Quant à Melchiade Prosper, il ne danse pas mais fait du balai. En effet, son père lui a appris à tisser cet accessoire de nettoyage à partir du fatak. C’est donc avec minutie qu’il s’adonne à cet art à la commande. «Mon père me disait qu’il fallait apprendre un métier. Je l’ai donc appris quand j’étais petit et je maintiens cette culture aujourd’hui», conclut-il.

Au Centre Nelson Mandela...

<p>Manz Boudout, rounders, limon à la cuillère, gouli, enfilage d&rsquo;aiguille&hellip; Autant de jeux d&rsquo;antan qui renaîtront de leurs cendres le temps de célébrer la culture rodriguaise à Maurice aujourd&rsquo;hui, de 10 à 17 heures, au Centre Nelson Mandela, à La-Tour-Koenig,. L&rsquo;invité d&rsquo;honneur sera sir Anerood Jugnauth, le ministre de la Défense et de Rodrigues. Le public pourra en outre découvrir la danse traditionnelle ainsi que des plats typiques à Rs 125. Des artistes de Rodrigues et ceux installés à Maurice feront une prestation musicale. L&rsquo;entrée est gratuite. Une exposition de photos de Rodrigues est également prévue</p>

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