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Les acteurs du conflit syrien
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Les acteurs du conflit syrien
Régime syrien et opposition entameront jeudi à Genève un quatrième round de négociations sous l'égide de l'ONU pour tenter de discuter d'une issue au conflit destructeur qui dure depuis six ans en Syrie.
Régime et alliés
- L'armée, qui comptait 300.000 hommes dans ses unités combattantes en 2011, a vu ses effectifs baisser de moitié en raison des morts et des défections.
- Elle contrôle 34% du territoire, notamment les principales villes de Syrie -Damas, Homs, Hama (centre) et Alep (nord)-, où vivent 65,5% des quelque 16 millions d'habitants de la Syrie.
- Les milices prorégime comptent environ 150.000 à 200.000 combattants. La principale est les Forces de défense nationale (FDN, 90.000) mais la plus importante est le Hezbollah libanais (5.000 à 8.000, selon des experts). S'y ajoutent des miliciens venus du Liban, d'Iran, d'Irak ou d'Afghanistan.
- Alliée de poids du régime, la Russie intervient depuis septembre 2015 en soutien du régime, qui était alors en mauvaise posture.
- Principal allié régional du président Bachar al-Assad, l'Iran a envoyé des milliers de combattants en Syrie et fournit aussi conseillers militaires et aide économique.
Rebelles
- Les rebelles de l'Armée syrienne libre, qui étaient au départ des déserteurs et des civils syriens en armes, se sont progressivement éclipsés, laissant place à une myriade de factions majoritairement islamistes, et ne sont principalement présents qu'autour de Damas, dans le sud du pays et des parties de la province d'Alep (nord).
En comptant aussi la province d'Idleb (nord-ouest), où ils sont dominés par le groupe jihadiste Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda), ces rebelles contrôlent 13% du territoire où vivent 12,5% de la population, selon le géographe français Fabrice Balanche.
- Ahrar al-Cham est un puissant groupe d'inspiration salafiste, financé par des pays du Golfe et la Turquie selon des experts. Surtout présent dans le nord (Alep, Idleb), il a tenté en 2015 de se présenter comme modéré aux yeux des Occidentaux.
- Jaich al-Islam est le plus important groupe rebelle dans la région de Damas, notamment la Ghouta orientale.
- Le Front du sud regroupe des groupes armés non islamistes qui contrôlent des secteurs de la province de Deraa (sud).
Jihadistes
- Front Fateh al-Cham: Composé essentiellement de Syriens, il aspire à la création d'un émirat islamique. Classé groupe «terroriste» par Washington, il attire de nombreux rebelles syriens avec ses moyens financiers et sa meilleure organisation.
Son alliance avec la plupart des groupes rebelles des provinces d'Alep et d'Idleb a volé en éclats en janvier: après de violents combats entre Fateh al-Cham et Ahrar al-Cham, des groupes insurgés ont fusionné avec l'organisation jihadiste pour former Tahrir al-Cham tandis que que d'autres sont restés fidèles à Ahrar al-Cham.
- Etat islamique: Ce groupe a conquis de vastes pans du territoire syrien depuis son intervention en 2013 dans le conflit et proclamé en 2014 un «califat» sur les territoires conquis en Syrie et en Irak voisin. Fort de dizaines de milliers d'hommes venus surtout de l'étranger, le groupe combat le régime, Fateh al-Cham, les rebelles et les Kurdes.
Malgré des revers, il contrôle toujours 33% du territoire syrien où vivent 9,5% de la population: dans l'est (Deir Ezzor, la majorité de la frontière avec l'Irak), dans le nord (Raqa, une partie d'Alep) et dans le centre (Palmyre).
Kurdes
Réprimés pendant des décennies, les Kurdes ont profité du retrait de l'armée syrienne de leurs régions pour y établir une administration locale dans le nord du pays. Les YPG (Unités de protection du peuple) sont leur principale milice armée.
Ils sont aidés dans leur lutte contre l'EI par la coalition internationale conduite par les Etats-Unis et ont profité de la déroute des rebelles pour s'emparer de localités dans la province d'Alep, au grand dam de la Turquie.
Ils contrôlent 20% du territoire, où vivent 2 millions d'habitants (12,5% de la population), et les trois-quarts de la frontière syro-turque.
Turquie, Arabie, Qatar
Dès le début de la révolte contre Bachar al-Assad, issu de la minorité religieuse alaouite, la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar ont soutenu la rébellion majoritairement sunnite.
Aujourd'hui, Ryad et Doha sont marginalisés et Ankara a noué une alliance inédite avec Moscou, avec qui elle organise les réunions d'Astana (Kazakhstan), processus parallèle à celui de l'ONU à Genève.
Sur le plan militaire, la Turquie a lancé en août une opération pour chasser l'EI des régions proches de sa frontière et y stopper l'avancée des milices kurdes syriennes.
Coalition internationale
Cette coalition dirigée par les Etats-Unis, qui comprend en théorie plus de 60 pays, mène des frappes contre l'EI en Syrie et en Irak depuis 2014.
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