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Drogue synthétique: je suis revenu d’entre les morts
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Drogue synthétique: je suis revenu d’entre les morts
Je ne vais pas vous cacher le fait que je suis un amateur d’herbe, mais que du naturel. Ce soir-là, il y avait la fête du bureau. Comme de nombreux collègues, je décide d’aller griller une cigarette dehors… Et là, une personne qui travaille dans un autre département, et que je ne connais pas, m’offre un joint. Je remarque tout de suite qu’il n’est pas roulé comme les autres. Le collègue en question m’assure que c’est du cannabis. Mais après deux taffes, je me rends à l’évidence : il ment.
Même si je n’en avais jamais fumé jusque-là, j’en ai assez entendu parler pour savoir que c’est de la drogue synthétique. Je lui rends son «joint» sans esclandre et allume ma cigarette, tranquillement.
Dix minutes plus tard, je commence à me sentir mal. Vertiges et nausées arrivent en rafales. Je sens que je vais m’effondrer. Je vais me planquer dans un coin, pour ne pas «fer vilin» devant tout le monde. Les souvenirs qui suivent sont flous. Je me vois allongé sur un canapé. Je ne comprends pas trop ce qui se passe, j’entends des voix affolées autour de moi. Je dois faire peine à voir. Pourtant, je reconnais mon entourage, j’entends, aux intonations, aux chuchotements, que l’on panique. Le fait que j’ai les yeux ouverts doit les rassurer.
J’essaie de parler, de demander ce qui ne va pas mais aucun mot ne sort de ma bouche. Je ne parviens plus à bouger, mon corps n’obéit plus. Je sombre dans le néant. «Son cœur bat à nouveau», lâche-t-on. C’est qu’il a dû s’arrêter à un moment donné alors… Autour de moi, au milieu du brouillard, une autre voix félicite celui qui m’a prodigué les premiers secours. Je crois comprendre qu’on m’a fait un massage cardiaque, histoire de faire repartir mon palpitant. J’aurais bien gâché la fête si j’étais mort, me dis-je en mon for intérieur.
Je suis toujours sur le même canapé pendant ce qui semble être une éternité. Les minutes ressemblent à des heures, je suis en enfer. Petit à petit, les bourdonnements deviennent plus clairs, les voix moins criardes. Je n’arrive toujours pas à bouger les mains, les pieds, les doigts, rien. Je tremble comme une feuille, j’ai des sueurs froides. Je me dis que je vais perdre la vie à cause de quelques bouffées de fumée.
J’ai oublié de vous dire que ma copine était également présente à cette fête. Elle est en pleurs, elle s’inquiète du fait que mon cœur bat trop vite, cette fois. Je veux la rassurer mais je n’y arrive pas. Mes paupières, ma tête sont lourdes. Je sombre à nouveau dans un trou noir. Mes yeux ne répondent plus aux commandes, ils se mettent à bouger de droite à gauche, comme dans les films d’horreur. Je nage en plein cauchemar.
Encore plus tard, je reprends connaissance, on me force à boire du lait. «Pou tir toxin sa», entends-je. J’essaie d’ouvrir la bouche, d’avaler ce «remède», rien n’y fait. Le liquide blanc coule le long de mon menton et de mon cou. Je sens que je repars dans ce tourbillon bizarre, bien malgré moi. Je ne veux pas m’en aller pour de bon, je n’ai que 27 ans après tout. Je me bats contre cette horrible sensation, je fais en sorte que mon cerveau ne «s’éteigne» pas.
Je me réveille. Encore. Je vais un peu mieux. Il s’avère que je suis allongé sur le sofa depuis près de deux heures. Certains amis veulent appeler une ambulance, d’autres demandent d’attendre. Ils ont dû comprendre que j’avais consommé un truc pas très net. Je suis toujours un prisonnier conscient de mon corps paralysé. Même si je survis, est-ce que je resterai à jamais dans cet état? On essaie de m’aider à me remettre debout. Peine perdue. Je suis toujours incapable de mettre un pied devant l’autre. Je retourne sur le canapé. Je m’écroule. Je me rendors.
Mon calvaire aura duré plusieurs heures, mais je m’en suis sorti. Je ne sais toujours pas ce que j’ai fumé, je ne vois pas l’importance d’aller demander à ce «collègue» ce qu’il m’a refilé comme poison.
Depuis cet incident, j’ai peur de dormir. J’ai l’impression que je ne vais pas me réveiller. Ce qui est sûr, c’est que je vais redoubler de vigilance. Honnêtement, je me demande comment font ceux qui consomment de la drogue de synthèse pour supporter tout ça. Pas étonnant qu’on en meurt…
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