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Dans un monde idéal…
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Dans un monde idéal…
Pour n’être quand même pas né de la dernière pluie et ayant un peu roulé ma bosse dans certains milieux socioprofessionnels, les uns aussi différents que les autres, je me suis souvent posé cette question : que veut réellement le Mauricien moyen et que cherche-t-il pour sa famille et lui ? De l’argent ? Du travail ? Un toit sur sa tête ? La paix ? Le bonheur ? L’amour ? Ou un peu de tout ça, mélangé à d’autres choses? Pourquoi cette réputation de ne jamais être satisfait, de toujours râler ou critiquer ?
Remarquez, tout le monde ne se plaint pas: il y a certainement des Mauriciens qui sont satisfaits de leur sort et qui se contentent du peu, ou du trop-plein, qu’ils ont. Mais, la grosse majorité, si l’on en croit le simple quidam rencontré ou entendu dans la rue ; ceux qui s’épanchent sur les réseaux sociaux ou dans des meetings ; ceux qui font la une des journaux pour divers délits ou victimisations; ou simplement nos cercles d’amis, de parents ou de collègues plus ou moins intimes, ceux-là trouvent toujours des raisons pour ventiler leur insatisfaction. Alors, que veulent-ils ?
Un des sujets de discorde reste le gouvernement. Et par extension, la politique. Le Mauricien est très politologue dans l’âme. Il ou elle connaît tout de la politique. Mais ces Mauriciens qui, par exemple, ont voté, en masse, pour le gouvernement actuel et qui avaient «viré mam» il y a deux ans, commencent déjà à se montrer insatisfaits de nos dirigeants. En oubliant qu’il leur reste encore trois ans avant la prochaine échéance électorale et qu’ils auront tout le loisir de renvoyer ce présent gouvernement à ses études ou de le reconduire, le cas échéant, dans ses fonctions, fin 2019. Dans trois ans.
Alors, au lieu de réclamer la tenue de nouvelles élections à gauche et à droite, ces Mauriciens ne peuvent-ils pas laisser le gouvernement travailler ? Ne peuvent-ils pas donner un coup de main au pays eux aussi, pour faire avancer les choses plus vite ? Maurice ne peut pas se payer le luxe d’être en perpétuel état de campagne électorale. Il y va de notre devenir. Le contexte global de la réalité sociopolitique, avec les réorientations ultranationalistes, voire conservatrices, des grandes puissances, fait qu’un petit pays comme le nôtre ne peut plus pratiquer le nombrilisme politique. Il faut arrêter de ne penser qu’à notre petite personne, qu’à nos ego égratignés. Pensons comme des citoyens responsables et patriotes. Et travaillons à faire avancer notre pays. Ensemble.
Bon, tout cela, me diriez-vous, n’arriverait que dans un monde idéal. Ce serait de l’utopie, poursuivriez-vous. Et je vous répondrai que si on continue ce petit jeu de tension permanente en politique, cela équivaudra à jouer à la roulette russe : on ne verra pas la balle venir, celle qui nous anéantira. Alors, dans ce monde idéal, tous les Mauriciens mettront l’intérêt supérieur du pays avant tout autre considération. Le gouvernement et le secteur privé travailleront pour le peuple, sans parti pris, sans faveurs ni favoritisme. Le gouvernement usera de toutes les compétences disponibles, de tous les «cerveaux» qui sont restés au pays, en tablant sur un esprit de patriotisme et d’ouverture, avec la réussite du pays et du peuple comme but ultime.
Dans ce monde idéal, le secteur privé et le secteur public se concerteront avant de prendre des décisions majeures, en commun accord avec les employés. Dans ce monde idéal, la pauvreté et la précarité seront éradiquées ; les soins médicaux vraiment rendus plus accessibles à tous et les malades de tous genres traités avec tout le respect voulu ; l’éducation sera enfin une vraie éducation holistique, pas seulement axée sur des examens mais basée sur les droits civiques et moraux, sur le développement global de l’enfant, sur ses devoirs et ses responsabilités, sur une plus grande contribution des parents et l’«empowerment» des enseignants, les vrais bâtisseurs de la nation de demain. Dans ce monde idéal, nos jeunes diplômés n’iront plus à l’étranger, pour voir si l’herbe y est plus verte ailleurs: ils auront le travail qui leur va ici même et feront avancer le pays
Alors, osons rêver que, dans ce monde idéal, les Mauriciens cesseront de se plaindre en toute occasion et se prendront eux-mêmes en main, en se demandant ce qu’ils pourraient faire pour leur pays. Et non le contraire, comme c’est malheureusement le cas maintenant. Sinon, ce sera fichu et c’est là une histoire que je ne préfère pas raconter…
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