Publicité

Dépolitiser le dossier des colporteurs

29 novembre 2016, 06:45

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Non, ce n’est pas fini. Puisque les marchands ambulants font désormais partie de notre quotidien, de notre décor, voire notre folklore, on va devoir conjuguer avec. Tant que la politisation du «problème» des marchands ambulants ne cessera, il n’y aura pas de solution durable. Et à chaque fin d’année, ou à chaque élection, ils reviendront, comme cette année, sur le devant de la scène…

La démonstration de force – de colère – d’un groupe de marchands ambulants, jeudi dernier, lors d’un congrès du MSM à Plaine-Verte, est révélatrice d’un fait grave : certains se croient au-dessus de nos lois en raison de leurs connexions politiques. Les marchands ambulants sont des agents qui font pencher la balance entre blocs politiques en temps électoral. Et une fois leur équipe au pouvoir, ils se croient tout permis, même sans permis.

Bien sûr, me diriez-vous, l’exemple doit normalement venir d’en haut. Si certains dirigeants eux-mêmes donnent le mauvais exemple à la tête du pays, faut-il s’étonner que les marchands de rue ne fassent que leur emboîter le pas sur l’asphalte ?

Et quand quelqu’un comme Anwar Husnoo ose raidir la ligne et tenter de mettre de l’ordre, il sera bousculé, conspué et insulté. C’est dommage !

L’épineux dossier des marchands ambulants demeure un instrument de marchandage à Port-Louis plus qu’ailleurs. Les politiciens continuent de souffler le chaud et le froid. En public, ils disent : «Il faut de l’ordre, les marchands ambulants seront casés, il y a un plan» ou encore «Oui, les colporteurs ont été relogés mais les emplacements ne sont pas adaptés»… En privé, c’est une tout autre histoire.

Dès lors, il faut dépolitiser le dossier afin d’assurer que les marchands, forts de leur lobbying politique, ne reviennent avec leurs tas de marchandises – qui transforment la capitale en un souk. Pour en arriver là, il faut qu’on se souvienne que plusieurs lord-maires, sous différentes bannières, se sont succédé pour essayer, sans succès, de régler le problème.

Avec la pression qui va augmenter, les autorités pourront-elles résister, à l’approche clientéliste pour gérer le dossier des marchands ambulants ? Pas si  sûr. Anwar Husnoo a été courageux en leur tenant tête, mais il ne faudrait pas que le Conseil des ministres le lâche et qu’il en paie seul le prix. Les beaux discours de politiciens, dans les réunions de quartier surtout, pour voler au secours des marchands ambulants, doivent être interdits si on veut maintenir l’ordre sur la place publique.

Ces discours ne sont que des tentatives d’attrape-votes. Les partis politiques ne veulent qu’une chose : prendre ou garder le pouvoir. Pour régner, il faut des votes. Pour les obtenir, il faut séduire l’électorat cible. Il y a toutefois un fait qui doit dicter l’intérêt général : un grand nombre de citoyens préfèrent les TROTTOIRS LIBÉRÉS de la rue John Kennedy. «Port-Louis by day» respire à nouveau. Qu’elle reste ainsi, s’il vous plaît.

Publicité