Publicité
Lucie Lejeune, une oreille pour la créolité
Par
Partager cet article
Lucie Lejeune, une oreille pour la créolité
La langue créole lui parle. Les thématiques liées au métissage et au marronnage aussi. Atout de Lucie Lejeune, la nouvelle directrice culturelle de l’Institut français de Maurice (IFM) : elle maîtrise le créole haïtien. Avant de prendre ses fonctions à Rose-Hill, en septembre, elle a passé deux ans comme chargée de mission culturelle à l’Institut français en Haïti.
De ce pays récemment frappé par un séisme, Lucie Lejeune conserve le souvenir d’une «vitalité artistique, qui est presque comme un geste de survie. Pas au sens pitoyable du terme. C’est l’essence même de la culture haïtienne, qui est très puissante. C’est ce qui frappe en premier. À Maurice, par contre, j’ai le sentiment qu’il faut plutôt intégrer les réseaux et être en recherche».
Pour l’heure, l’IFM est en phase d’ajustement. Un concours de circonstances qui fait que les divers responsables ont changé en même temps. De l’ambassadeur de France, Gilles Huberson, qui succède à Laurent Garnier, au directeur de l’IFM, Jean Marc Cassam Chenai, qui prend la suite de Jean Luc Maslin, en passant par Lucie Lejeune, qui poursuit la mission d’Amanda Mouellic. «Les orientations stratégiques sont en train d’être définies», précise la directrice culturelle de l’IFM. La nouvelle programmation sera connue en janvier.
«J’ai l’impression d’arriver dans une conjoncture favorable où il y a un appétit assez nouveau pour les événements culturels dans l’espace public», souligne Lucie Lejeune. Elle cite notamment le succès de Porlwi by Light, l’an dernier, qui «démontre qu’il y a une curiosité à parcourir les rues, se laisser interpeller par des créations et redécouvrir le patrimoine».
Cette année, l’IFM contribue au festival portlouisien en soutenant la collaboration des grapheurs Kid Kreol et Boogie. Un foisonnement cependant mitigé. «Je sens aussi que c’est un peu une question de résistance pour les acteurs culturels.» D’où une volonté d’intensifier l’utilisation du «beau cadre» de l’institut «comme lieu d’échanges et de créations. Les Master Class, c’est la partie immergée de l’iceberg».
Lucie Lejeune rappelle la vocation de passerelle de l’institut : donner à voir l’actualité de la création en France dans toutes les disciplines, soutenir la culture mauricienne et promouvoir le dialogue entre les cultures. Ce qui passe par la mise en relation des artistes invités avec des amateurs, des scolaires ou encore d’autres artistes.
L’objectif, selon la directrice culturelle de l’IFM, c’est que «le rapport à l’art ne soit pas que le rapport à l’œuvre mais aussi le rapport à la pratique artistique. Voir comment chacun peut développer son imaginaire». Notamment en donnant à voir des «formes un peu innovantes», comme des concerts-dessins. Le jeune public n’est pas oublié. Une semaine de la littérature jeunesse s’annonce pour le mois de mars.
Au mois de janvier aura lieu une Nuit des idées. Il s’agit de confronter les points de vue lors d’une série de conférences. Ce concept permet de mettre en lien le scientifique et le philosophe, le geek et l’artiste. «Ce n’est pas un format conférences classiques», rassure Lucie Lejeune. L’objectif est de provoquer le débat autour du thème Un monde commun.
Publicité
Publicité
Les plus récents