Publicité
Philatélie : trésor mauricien «volé» estimé à Rs 400 M en vente
Par
Partager cet article
Philatélie : trésor mauricien «volé» estimé à Rs 400 M en vente
Rs 320 millions. C’est le prix de lancement estimé de deux trésors philatéliques issus de Maurice dans une vente aux enchères qui aura lieu début décembre en Suisse. Et les prix de vente finaux devraient atteindre des sommes astronomiques. Sur les sites spécialisés, les commentaires reflètent l’importance de cette vente. Mais sur le plan local, c’est une tout autre histoire.
La vente d’une lettre datant de 1850 flanquée de deux timbres imprimés à Maurice et d’une plaque de la poste ayant servi à l’impression des timbres à l’époque fait la joie des collectionneurs. Mais les connaisseurs locaux n’ont pas le même avis. La lettre en soi ne pose pas de problème, mais la plaque d’impression suscite bien des interrogations.
À qui appartient-elle ? Selon Emmanuel Richon, conservateur du Blue Penny Museum, cette relique du colonialisme reste la propriété de l’État mauricien. «D’ailleurs, le Colonial Office avait déclaré ce vol et une commission d’enquête avait été mise en place», tient-il à préciser. C’était en 1914.
Un particulier ne peut détenir cette plaque postale que s’il est accompagné d’un contrat de vente entre lui et l’État et jusqu’à aujourd’hui, les différents propriétaires de ce trésor n’ont jamais parlé d’un tel document. «Une personne ne peut posséder les matrices servant à imprimer des billets de banque. C’est exactement la même situation pour les plaques de sérigraphie postale», poursuit le conservateur. Ce qui pousse Emmanuel Richon à dire que cette plaque a été volée à un moment donné.
Cette théorie est confirmée par le fait, qu’officiellement, à chaque fois qu’elle a changé de propriétaire, aucun document officiel n’a été établi et les prix sont restés inconnus. «Entre cette vente et les ossements de dodos qui ont surgi de nulle part, Maurice a perdu à peu près un milliard de roupies en l’espace de deux mois», fustige-t-il.
Cette plaque, dont le prix de lancement oscillera entre deux et trois millions d’euros, se vendra à bien plus. Le conservateur l’estime à Rs 400 millions. Sollicité, le ministère des Arts et de la culture n’était pas disponible pour un commentaire.
Par ailleurs, la lettre connue comme la Bombay Cover est décrite comme «the Quintessence of philatelic superlativeness» ou encore, «the crown jewel of philately» par les experts. Cette correspondance, qui émanait de Maurice et était à l’intention de la Bombay Auxiliary Bible Society, est flanquée de deux timbres de la Mauritius Post Office. La particularité des timbres mauriciens de cette époque est qu’ils ont été les premiers de tout l’empire britannique et ils sont en excellente condition. Des 500 imprimés, seulement 27 sont aujourd’hui répertoriés.
L’autre item, datant de 1847 et ayant servi à l’impression des timbres de one pence et two penny, est unique en son genre, d’où le prix astronomique. «En 2004, la Guyana Majenta, un timbre précieux, a été vendu à plus de sept millions d’euros (Rs 280 millions). Là, on parle d’un objet encore plus prestigieux», rappelle Emmanuel Richon.
Publicité
Publicité
Les plus récents