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Facettes cachées de… Rye Joorawon, le crack

6 novembre 2016, 15:35

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Facettes cachées de… Rye Joorawon, le crack

 

Le poulain de l’écurie Maingard, qui a remporté la Coupe d’Or à cinq reprises depuis 2007 et deux des trois courses classiques cette année, est la coqueluche des turfistes. Mais il garde la tête froide.

Parlez-nous de vous.

J’ai 36 ans et je suis originaire de Morcellement St-André. Je suis l’aîné de trois enfants. Mon père Satish est un chauffeur à la retraite alors que ma mère Sabith a toujours été femme au foyer. J’ai fréquenté l’école primaire de la localité jusqu’à la Standard VI. Nous étions tellement pauvres que j’ai dû aller travailler. J’avais environ 10 ans quand j’ai commencé. J’ai touché un peu à tout. Un ami d’école m’a un jour entraîné à un Jumping Show, au Domaine Les Pailles. Dès que j’ai vu un cheval devant moi, j’ai ressenti de la peur mais aussi un irrépressible besoin de le toucher. J’ai hésité et l’entraîneur Rémi Barrault l’a vu et m’a proposé de m’apprendre à monter à cheval gratuitement. Il a même payé mon assurance. Les premiers jours, j’étais appréhensif mais après deux semaines, je trouvais les courses d’obstacles faciles. Au bout d’un an et demi, il m’a proposé de postuler pour devenir apprenti jockey au Champs-deMars. Le MTC allait en recruter dix. Il y a eu 120 postulants et je figurais parmi les dix sélectionnés. Au final, seuls deux ont été retenus, Swapneel Rama et moi. C’était en 1997. J’ai commencé comme apprenti jockey en free-lance. J’ai d’abord couru pour l’écurie Gujadhur et la première course que j’ai remportée sur le cheval Ionic Order, en 1998, était pour cette écurie. J’ai monté pour d’autres écuries aussi. Mon apprentissage a duré un an et demi et vu ma progression, je suis passé à d’autres écuries, dont Perdrau et Maingard.

Vous détenez le record des victoires, soit 330, ce qui fait de vous le meilleur parmi les jockeys mauriciens et même étrangers. Vous avez même remporté une dizaine de courses à l’étranger. Quelle est la recette de votre réussite ?

 Le premier facteur qui compte est l’entraîneur qui connaît son cheval sur le bout de ses doigts. Et c’est après que vient la monte du jockey. Celui-ci doit garder la tête froide en toutes circonstances car sur la piste, il lui faut prendre des décisions à la seconde près et celle-ci doit être la bonne. Par exemple, lors de la Coupe d’Or, la semaine dernière, je montais Parachute Man. Il a pris un mauvais départ. Il a fallu l’encourager sans le brusquer et graduellement, ce cheval a pris la position qu’il aurait dû prendre dès le départ et c’est comme ça que nous avons gagné. Et je dois dire que j’apprends beaucoup avec Ricky Maingard. Chaque semaine, il me fait visionner le film des courses courues et il me donne de judicieux conseils pour améliorer ma technique. Il a beaucoup de patience et fait confiance aux jockeys mauriciens. Il partage sa grande expérience avec moi et c’est extraordinaire.

Quel effet ça vous fait d’être la coqueluche des turfistes ?

Je suis très heureux de ce soutien qui me permet de me donner à 100 % dans chaque course et de rester sur les rails. Jusqu’à présent, je ne pense pas être enn gran dimounn. J’ai encore beaucoup à apprendre. D’ailleurs, mon but ultime est de remporter une importante course à l’étranger.

Parlez-nous de votre famille.

Je suis marié à Jenna depuis quatre ans mais cela fait dix ans que nous sommes ensemble. Nous avons deux enfants, Railey, huit ans, qui est mon plus grand fan, et Raina, quatre ans.

Que faites-vous durant le week-end ?

Je passe des moments en famille. Je vais aussi chez ma mère parfois. Mais mon temps libre, c’est surtout avec mes amis d’enfance que je le passe. J’aime la mer. Cela tombe bien car j’habite à Grand-Baie.

Cuisinez-vous ?

Oui et j’aime ça. Mon épouse prépare surtout des plats au pain mais moi j’ai besoin de mon plat au riz. D’ailleurs, avant chaque journée, je dois manger une assiette de riz.

Pratiquez-vous du sport ?

 Oui, je vais courir et marcher presque tous les jours. C’est bon pour pouvoir monter à cheval. Et ce n’est pas pour perdre du poids. Des tas de jockeys doivent faire des régimes drastiques pendant trois ou quatre jours. Moi, je suis toujours à 54 kilos.

Quelle musique écoutez-vous ?

 Les vieilles chansons indiennes de Kumar Sanu et de Kishore Kumar, des ségas typiques et le chanteur Garou.

Votre émission de télévision préférée?

«Chasse et Pêche» et les documentaires sur les animaux

Votre idée du bonheur ?

Que ma famille soit en bonne santé et heureuse.

Qu’auriez-vous souhaité faire avant de quitter ce monde ?

 J’ignore combien de temps je pourrai travailler comme jockey. Il y a un jockey qui monte encore à 50 ans. Je ne sais si j’aurais cette chance. J’aurais donc souhaité fonder ma propre entreprise, non pas pour me prendre la tête ou faire fortune mais pour me tenir occupé. Je sais que ce sera lié au tourisme mais c’est encore flou dans ma tête. Il faudrait que je songe à me préparer.

 

 

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