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Abattage à Rodrigues: «Un crime envers les animaux», disent les éleveurs
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Abattage à Rodrigues: «Un crime envers les animaux», disent les éleveurs
Les membres de la minorité du Mouvement rodriguais (MR) ont annoncé, hier, qu’ils allaient déposer une motion de blâme à l’Assemblée régionale contre le chef commissaire Serge Clair, qui est également le commissaire de l’agriculture.
Lors d’une conférence de presse à Camp-du-Roi, des éleveurs s’étaient également déplacés pour faire part de leur souffrance. Plusieurs ont soutenu qu’il faut «désann dan lari parski konpansasion pa sifizan».
Ils soutiennent également avoir sollicité une rencontre avec le chef commissaire hier, mais sans succès. Avant d’ajouter que ce problème a une incidence sur le secteur touristique car plusieurs établissements hôteliers soutiennent que leurs réservations ont été annulées. «Même les bouchers vont se retrouver au chômage», disent-ils.
Nicolas Von Mally s’est, lui, attardé sur la manière dont les animaux sont abattus. «L’abattage se fait de manière barbare. Ils tuent des cabris, moutons, même les petits et ceux qui vont mettre bas.» Selon lui, il aurait fallu détruire ceux qui sont atteints et protéger ceux qui peuvent encore l’être en les mettant en quarantaine. Le Minority Leader, Gaétan Jabeemissar, a, lui, soutenu que «ce qui se passe à Rodrigues est en train de créer une psychose au sein de la population. C’est un carnage qui se fait devant les enfants et les femmes qui sont traumatisés.» Les autorités déclarent pour leur part que les animaux sont abattus dans les normes, que de la chaux vive est déversée dans les fosses avant que les animaux n’y soient envoyés. Sauf que nous avons été sur les lieux hier. Et les animaux égorgés ont simplement été jetés dans ces fosses avant d’être recouverts de terre.
Johnson Roussety, le leader du Front patriotique rodriguais (FPR) déclare pour sa part que son parti est contre l’abattage des animaux par balle. C’était lors d’une conférence de presse à Port Mathurin mardi 9 août. Il soutient qu’il existe d’autres moyens de procéder à l’abattage des animaux malades. Plusieurs orateurs ont pris la parole, dont Daniel Speville, Lordana Meunier, Christian Agathe et Marie Thérèse Clair Brault.
Le leader du FPR est rentré au pays la semaine dernière après quelque temps passé en Australie. Il souligne qu’il faut arrêter la cruauté envers les animaux : « Bizin pa servi bal pou tou zanimo ». Il faut aussi, selon lui, mettre à contribution les bouchers locaux, utiliser des méthodes électriques et examiner les animaux importés avant de les mettre en quarantaine.
Johnson Roussety s’est dit triste face à la «psychose occasionnée» et à la détresse de la population rodriguaise. Son constat est que la situation est hors de contrôle, vu la «gestion de la crise par la commission de tutelle». « Nou bien ankoler parski sa pa ti sipoze ariv sa staz la kot Rodrig finn deklare zone kontamine. Les conséquences seront bien graves pour notre économie et pendant plusieurs années parce que nous ne pourrons pas exporter d’animaux», soutient-il. Il ajoute qu’il faut situer les responsabilités dans cette affaire, mais non sans tenir pour premier responsable le chef commissaire lui-même, qui est aussi commissaire à l’agriculture. Il réclame ainsi une enquête approfondie pour savoir si les animaux ont bien été mis en quarantaine, à leur arrivée d’Afrique du Sud.
Evoquant la gestion de la crise, les premiers jours, le leader des rouges déclare que le service vétérinaire dans l’île laisse à déplorer «car le traitement, dans le foyer de la maladie, à Terre Rouge, a accusé du retard.»
Il rajoute que les méthodes utilisées pour l’abattage des animaux infectés et non infectés donnent une mauvaise image de Rodrigues. «Les autorités utilisent une méthode d’une cruauté extrême en égorgeant les animaux vivants devants des femmes et des enfants qui sont traumatisés et bouleversés. Nou pe tann dir osi ki ena SMF pe vini depi Moris pou vinn touy bef avek fusil. Nou dir Premie minis ki nou pa dakor ki vinn touy nou bann zanimo dan nou pey par bal», s’est-il exclamé avec véhémence. Avant d’énumérer d’autres méthodes plus humaines pour l’abattage des animaux dans le respect et la dignité.
Il a aussi eu quelques mots pour des journalistes de la presse écrite qui feraient face à des tentatives d’intimidations. «Zot bizin inform zot redaksion parski zot pe fer zot travay qui est celui d’informer. La population a le droit de savoir ce qui se passe dans ce pays ».
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