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Travailleurs étrangers dans l’illégalité: un Chinois expulsé, un Indien en détention

2 août 2016, 05:15

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Travailleurs étrangers dans l’illégalité: un Chinois expulsé, un Indien en détention

 

 

Le Passport and Immigration Office traque les étrangers en situation irrégulière. Lundi 1er août, les policiers de la Tracking Team de ce département ont arrêté un Chinois et un Indien car leur carte de séjour avait expiré. Après leur comparution en cour, le premier a été placé sur le vol de 16 heures en partance pour Chengdu tandis que le second est détenu à Moka en attendant d’être expulsé.

À partir de cinq heures lundi, les fonctionnaires du Passport and Immigration Office ont mené une opération crack down. Ils ont effectué des descentes à Phoenix et à Sodnac. À Sodnac, la Tracking Team est tombée sur cinq Chinois dans une maison. Après vérification des papiers, elle a découvert que l’un d’entre eux était en situation illégale. 

Li Cheng Long, 26 ans, est venu à Maurice en début d’année pour travailler dans la construction, selon une source policière. Comme il n’était pas satisfait du travail, il est reparti en Chine avant de revenir quelques semaines plus tard avec un permis de séjour provisoire. Toutefois, il est resté à Maurice pendant plus de trois mois clandestinement tout en effectuant de petits boulots.

À Phoenix, la Tracking Team a perquisitionné une maison où séjournent quatre Indiens. Selon le service de surveillance, la maison devait  abriter quatre individus et lors du contrôle, il manquait un à l’appel ; il a finalement été retrouvé dans une cachette de la maison. Ses papiers ont expiré depuis avril. Il avait débarqué à Maurice en tant qu’étudiant mais après l’expiration de son permis de séjour, il avait disparu lui aussi, et faisait de petits travaux pour survivre.

Trafic humain

Il s'avère que ces étrangers arrivent à Maurice avec un visa provisoire mais ne repartent pas. Des opérations en vue de les retracer auront lieu. Une enquête a été ouverte pour déterminer s’ils sont impliqués dans un trafic humain, affirme un responsable du Passport and Immigration Office.

Fayzal Ally Beegun, syndicaliste et défenseur des travailleurs étrangers, explique pourquoi ils se retrouvent en situation irrégulière. Leur employeur n’a pas les moyens de leur payer leur billet d’avion pour leur retour. La garantie bancaire de Rs 15 000 imposée par le ministère du Travail aux employeurs pour chaque travailleur étranger ayant été abolie.

De plus, les recruteurs leur promettent des salaires mirobolants et ils sont déçus une fois arrivés au pays. Bon nombre d’étrangers que Fayzal Ally Beegun a côtoyés affirment qu’ils n’ont pas l'occasion de faire suffisamment d’heures supplémentaires pour arrondir leur fin de mois et sont contraints de travailler au noir chez des particuliers. «Ils sont exploités par les Mauriciens. Ils  nettoient les arrière-cours, repassent  les vêtements, servent de la nourriture dans les mariages, vendent du pain dans les petites boutiques pour un maigre salaire », souligne le syndicaliste. Comme ils sont des clandestins, ils ne peuvent protester.

Fayzal Ally Beegun insiste sur le fait que les Mauriciens qui exploitent les travailleurs étrangers sont dans l’illégalité. Il est temps, dit-il, que le ministère du Travail démarre sur le terrain une campagne de sensibilisation contre le trafic humain.

 

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