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Cabinet stupéfiant

11 juillet 2016, 09:38

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«La pire injustice que la société puisse commettre envers un consommateur de drogue, c’est de le traîner devant un tribunal et ensuite l’envoyer en prison», écrivait le samedi 9 juillet, sur lexpress.mu, notre commentateur synchro 7. Il rebondissait après l’observation d’Aurore Perraud quant à un «rajeunissement des consommateurs de drogue». La ministre de l’Égalité du genre, du développement de l’enfant et du bien-être familial avait avancé cela en conférence de presse, le vendredi 8, suggérant qu’à la suite d’une rencontre avec des ONG, il lui était apparu que sa responsabilité auprès des enfants l’engageait à prendre acte de ces dépendances précoces.

Réagissant aux propos de Mme Perraud, notre commentateur Roh lançait un beau pavé dans la mare: «Même si c’est connu qu’il y a un rajeunissement des consommateurs de drogue, il ne faut pas le dire à Gayan qui est une des rares personnes qui trouvent que la situation n’est pas alarmante.» Certes ! On se demande bien d’ailleurs comment ceux qui, comme Mme Perraud, ne nient pas le principe de réalité feront valoir leurs observations au sein du comité interministériel sur la toxicomanie si le tonitruant ministre de la Santé y imposait ses vues.

Au lendemain de la conférence de presse de la ministre PMSD, «l’express» publiait, le samedi 9, la fort éclairante interview d’un grand adolescent, désigné sous le prénom fictif Ashley, 16 ans, «jockey» dans un réseau de vente de drogue. Ce après quoi notre correspondant Ani lance sans faux-fuyants : «Gayan […] Mo pa konpran kifer sa boug-la touzour dan gouvernma […] La popilasion bizin manifesté pou kapav met li déor […] Bolom-la ou garson-la, PJ, bizin pran o sérié sa gouvernman-la, ou sinon la popilasion pou oblizé fer lot swa dan prosin éleksion.» Voilà, semble-t-il, un électeur qui n’est pas forcé- ment hostile à la majorité actuelle mais qui identifie bien son talon d’Achille.

«L’express-dimanche» note, quant à lui, que les drogues synthétiques ont conduit 74 victimes à un internement à Brown Séquard, 22 autres à la morgue. Régissant à cela, Long John écrit : «Le nombre de cas est bien plus élevé. Pour des raisons évidentes, les parents évitent de donner les causes exactes des internements ou décès.» À partir de quel nombre, cela devient-il alarmant ?

 

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