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Eviter de…

15 juin 2016, 10:39

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« Satané modérateur, pourquoi donc me censurez-vous ? » Oh, more often than not, ce n’est pas, diable, aussi poliment exprimé. Cela emprunte davantage des formules du genre « Eta, kifer to finn koup mwa ? Lamwatié mo post to pa finn pasé. Ki donn twa lord sanz mo bann mo ? Ki to narnié afer ? » Et en plus dans une totale absence de normes orthographiques. Quels sont donc ces propos que le modérateur ne peut se permettre de publier ? Ils sont de divers types. Et il serait souhaitable que nos lecteurs/commentateurs sachent d’eux-mêmes ce qui est publiable et ce qui ne l’est pas.

Voici quelque temps, un élu de la majorité tenait des propos qui, objectivement, l’exposaient à la critique. Nos commentateurs ne se privèrent d’ailleurs pas de lui servir son fait. Cela fut sévère, sans complaisance mais, dans l’ensemble, suffisamment juste et fondé pour être publié. Sauf un. Celui-là évoquait une affaire dans laquelle aurait été impliqué un proche de l’homme politique, cela ayant occasionné mort d’homme, notre correspondant alléguant que l’élu aurait utilisé ses contacts pour qu’il n’y ait pas d’affaire de police, la personne impliquée vite expédiée à l’étranger. Vrai ou faux ? Dans le cas où cela serait vrai (ce sur quoi le modérateur n’est pas en mesure de se prononcer), que ferait, disons, le rédacteur en chef d’un journal ? Il demanderait au journaliste qui rapporterait cette information d’obtenir des déclarations de la police, de la famille de la victime, d’autres personnes susceptibles de détenir des informations, de l’homme politique lui-même. Et c’est après avoir tout vérifié, sans rien laisser au hasard, que ce titre décidera finalement s’il doit ou nom publier cette information. Comment veut-on qu’un site online (ayant pour backbone un groupe de presse et, plus directement encore, un quotidien d’information) publie des allégations aussi graves simplement parce qu’un commentateur anonyme, legally unaccountable, considère que cela relève de sa liberté d’expression ?

Même s’ils existent depuis une vingtaine d’années, les commentaires en ligne n’en restent pas moins un phénomène encore très jeune, dont les normes et le mode d’autorégulation ne sont pas encore aussi précisément définis qu’ils pourraient l’être. lexpress.mu sait que sa communauté de lecteurs-commentateurs constitue un précieux réservoir de valeur pour le site et les titres qui l’alimentent. La modération, quant à elle, souhaite développer avec ses partenaires commentateurs des rapports de confiance, si ce n’est d’amitié, prioritairement dans le respect. Celui, d’un côté, du droit à la différence et aux opinions les plus contrastées ; le respect, de l’autre côté, de quelques règles que suggère le site : débat et non invectives ; vouvoiement et courtoisie ; kréol aux normes ; respect des droits fondamentaux. Sauf pour la résistance à l’orthographe kréol proposée, 95 % des envois que nous recevons sont parfaitement publiables. Mais on peut encore faire mieux. 

 

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