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Lakshman Bheenick: «Notre bilan financier de 2015 est le meilleur depuis 15 ans»

18 mai 2016, 17:30

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Lakshman Bheenick: «Notre bilan financier de 2015 est le meilleur depuis 15 ans»

 

Quelle lecture faites-vous des derniers résultats financiers de Standard Bank Mauritius Ltd ?

C’est notre meilleur bilan financier depuis le lancement de la Standard Bank à Maurice en 2001. Au 31 décembre 2015, la banque a réalisé des bénéfices nets de USD 21,6 millions contre USD 15 millions en 2014. En revanche, elle a subi des pertes en 2013 et 2012.

Ce sont des pertes liées à des créances douteuses ?

Tout à fait. Mais nos résultats financiers positifs de décembre 2015 ont été réalisés grâce aux mesures initiées par la banque. Ce qui nous a permis de recouvrer un montant de USD 5 millions auprès d’un des clients impliqués dans les Non-Performing Loans (NPL).

Ce sont les mêmes créances douteuses qui avaient été fortement médiatisées à l’époque ?

Ce sont les mêmes, chiffrés à USD 18,7 millions en 2013 et USD 33 millions en 2012.

On note également que le montant des prêts et autres avances accordés aux clients a baissé de 60 %.  La même tendance est notée au niveau des dépôts. Est-ce une stratégie voulue ?

Cela cadre avec la nouvelle orientation de la banque quant à sa gestion de risques. Depuis 2011, nous avons revu notre politique de prêts axés principalement sur l’Afrique, qui est de loin notre principal marché.

Pour être plus prudent probablement après la mauvaise expérience de 2012/2013 ?

Pas nécessairement. Cela cible nos opérations de financement en Afrique et ce dans des secteurs dans lesquels la Standard Bank intervient régulièrement. Je pense particulièrement au secteur minier, au développement des infrastructures, à l’exploration pétrolière ou encore à la grande distribution.

Il existe actuellement une classe moyenne grandissante en Afrique qui dispose d’un fort pouvoir d’achat. C’est un segment d’activité qui intéresse forcément toute institution financière. Pour un investisseur souhaitant contribuer dans ce créneau en Afrique, Maurice y demeure un choix incontournable.

C’est le positionnement de Maurice comme une passerelle pour structurer les investissements  étrangers en Afrique… ?

Je parlerai beaucoup plus de partenariat entre le client et l’institution financière. Pour la Standard Bank, il est important de comprendre d’abord la stratégie du client pour qu’on puisse par la suite l’accompagner financièrement dans son projet. Evidemment, nous nous appuyons dans cette démarche sur notre réseau en Afrique. Nous essayons de réaligner la stratégie par rapport à celle du groupe.

Revenons aux Non Performing Loans. Estimez-vous être dans les normes acceptables aujourd’hui ?

Je pense que oui. Nous avons pu récupérer en partie des créances douteuses et allons continuer dans cette voie.

Standard Bank privilégie une stratégie africaine avec une présence dans une vingtaine de pays. Vu que le continent noir n’est plus aujourd’hui cet Eldorado qu’on vantait jadis, confronté à une baisse de croissance, tout au moins, dans certains états alors que d’autres subissent l’effet de la chute du cours du brut. A la lumière de ces nouvelles donnes, comptez-vous revoir cette stratégie ?

Absolument pas. Il nous faut tout simplement comprendre ces risques, les analyser avant toute intervention financière et agir en conséquence.

Il y a plusieurs facteurs qui ont occasionné cette baisse dramatique. Outre la surproduction mondiale, il y a des facteurs géopolitiques, au Moyen-Orient ou en Europe de l’Est, qui influencent le prix de l’or noir sur le marché mondial. Sans compter la Chine qui s’approvisionne énormément en l’Afrique pour ses besoins  énergétiques et qui se trouvent confrontée à un ralentissement économique.

Il y a effectivement une chute des cours du brut qui affecte sévèrement les pays exportateurs du pétrole en Afrique. Les cours des matières premières sont aussi sur une tendance baissière depuis plusieurs mois.

Mais toujours est-il que l’Afrique s’est beaucoup diversifiée économiquement ces dernières décennies et peut, dans une grande mesure, absorber ces chocs économiques. Nos clients engagés doivent se rassurer. Nous sommes présents en Afrique pour comprendre leurs besoins et leurs attentes afin de les satisfaire au mieux de nos possibilités.

Votre présence en Afrique ne se limite pas à une zone géographique spécifique ?

Nous sommes présents sur l’ensemble du continent africain mais le gros de nos opérations est concentré dans des pays de  l’Afrique sub-saharienne. Cela tient au fait que l’Afrique du Sud demeure le plus gros marché du groupe bancaire, contribuant jusqu’à 75 % de ses bénéfices nets.

Quinze ans de présence déjà à Maurice cette année. Quel bilan dressez-vous ?

Je dirai très positif. Nous  avons commencé avec environ six personnes au départ. Aujourd’hui, on se retrouve avec une équipe de 130 employés. Que du chemin parcouru…

Au niveau de la performance financière, il ne fait pas de doute qu’elle est le résultat de la confiance que nos clients, tant Mauriciens que ceux de l’étranger, ont placée en nous. En raison, notamment, de la qualité des services.

Nous avons aussi innové pendant ces quinze ans pour être la première institution bancaire à monter des opérations financières à la Bourse, à savoir l’émission d’obligations pour le compte de deux grosses entités locales : Omnicane et CIM.

Quelle est la contribution des opérations mauriciennes de Standard Bank Mauritius aux chiffres d’affaires du groupe ?

C’est négligeable, compte tenu de la taille des autres banques du réseau Standard Bank en Afrique, plus particulièrement celle d’Afrique du Sud. En revanche, par rapport aux banques mauriciennes, nous sommes 6e au niveau des actifs et 7e au niveau de la capitalisation.

Et quid de vos objectifs pour les trois prochaines années ?

C’est principalement de viser des profits à USD 50 millions, plus que le double que nous réalisons actuellement.

Pour le moment, il y a environ quatre banques qui opèrent dans le même créneau. Qu’est-ce que la Standard Bank offre de plus pour se démarquer de ses compétiteurs ?

C’est surtout la qualité des services et le sens de l’accueil.

Le paysage bancaire compte aujourd’hui 23 banques avec la Bank of China. N’estimez-vous pas qu’il y a trop de banques à Maurice, par rapport à sa taille.

Si c’est par rapport à sa taille, je dirai oui. Mais il y a une douzaine de banques domestiques qui offrent des services dits conventionnels. Les autres opèrent dans des créneaux différents. Disons que nous avons suffisamment de banques pour répondre à tous les types de clientèle.

 

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