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Quand Pravind Jugnauth se démarque !
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Quand Pravind Jugnauth se démarque !
Ah la politique! Quoi de plus imprévisible. Un jour vous êtes au sommet, acclamé et entouré de tous, le jour suivant vous êtes à terre, seul avec vos pensées et vos doutes. Actuellement au creux de la vague en attendant le verdict des deux juges de la Cour suprême, le leader du MSM, Pravind Jugnauth, s’est laissé aller à quelques confidences, vendredi soir.
Ce discours tranche avec ceux dont son entourage nous avait habitués jusqu’ici, soit, qu’il est sûr de gagner son procès en appel et qu'il s’apprête à reprendre sa place – voire le contrôle – du Conseil des ministres. Les paroles de Pravind Jugnauth nous renvoient cette fois-ci l’image d’un homme politique qui, en toute humilité, avoue passer par des «moments difficiles» et qui admet, dans le même souffle, que «personne n’est indispensable». Rien de plus vrai, puisque nos cimetières regorgent de gens présentés, en leur temps, comme étant des incontournables.
Souhaitons que le vice-Premier ministre Showkutally Soodhun a tendu l’oreille, lui qui ne cesse de répéter, dès qu’il en a l’occasion, que Pravind Jugnauth sera notre futur Premier ministre. Comme s’il voulait usurper la place des juges !
Quelles sont les options qui s’offrent au leader du parti soleil ? Soit il remporte la manche, il lave son honneur et se positionne en effet comme futur Premier ministre. Soit il perd la partie, fait appel du jugement de la Cour suprême et se retire temporairement de la scène politique. Ou encore il démissionne et affronte à nouveau l’électorat dans sa circonscription afin d’obtenir le soutien populaire dans une tentative de minimiser, dans ce cas, le rôle de la justice.
Tant de scénarios sont envisageables. Toutefois, si le dernier scénario finit par se concrétiser, nous serons définitivement dans de beaux draps. Notre image à l’international n’en serait que plus ternie sur le plan de l’État de droit. Cela pourrait même l’être davantage, surtout après le discours, disons-le, grossier de notre Premier ministre lors du meeting du 1er Mai.
Tout cela nous rappelle à quel point certains de nos politiciens sont très loin d’être à la hauteur de leurs homologues à l’international.
Le fameux franc-parler du Premier ministre ne peut en aucun cas servir d’excuse à tant de grossièreté déversée de la part de celui qui est censé donner l’exemple. Dès lors, il serait appréciable que notre Premier ministre prenne lui aussi note des paroles de son fils : «Personne n’est indispensable.»
Si Pravind Jugnauth joue sur l’émotion avec pour but de se représenter face à l’électorat du n°8 en cas de revers judiciaire, nous ne pourrions qu’être indignés qu’un homme politique s’oppose de façon déguisée à une décision de la Cour suprême.
Si la carte de l’humilité est sincère, nous pourrons dans ce cas admettre que Pravind Jugnauth se démarque cette fois-ci. Ce qui est tout à son honneur. C’est davantage cela la démocratie : le franc-parler du fils, pas la grossièreté du père !
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