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À Rose-Hill: des mendiants obligés de jouer à cache-cache avec des policiers
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À Rose-Hill: des mendiants obligés de jouer à cache-cache avec des policiers
Tout comme les marchands ambulants, ils sont priés, pour certains, de «lev paké». Eux, ce sont ceux qui demandent l’aumône, à Rose-Hill notamment. La faute à l’opération de «nettoyage» des rues, initiée par les autorités. Récit.
À Rose-Hill, vendredi matin. Hormis la présence des policiers, les rues sont moins animées que d’habitude. Certes, les passants commencent à s’habituer à l’absence des marchands ambulants-fixes ou encore des vendeurs à la sauvette. Mais il faut croire que les «sarité» ont aussi plié bagage, puisque les mains tendues sont invisibles.
Puis soudain, apparaît Meena Doomun. Une séance de «look-looké» plus tard, elle regagne sa place habituelle, à quelques pas des banques, en plein centre-ville. Elle y installe son tabouret de fortune – un pot de peinture. «Lapolis pa pé less nou ress isi, zot pouss nou», murmure la vieille dame de 68 ans, sur le ton de la confidence. «Bann lézot sarité ousi pé gagn pousé», selon elle.
«La, bannla pa pé less nou viv. Nou pa marsan anbilan nou, nou pa vann nanyé. Zot pé rod met later dan nou bol manzé.»
Si elle ne va pas tenter sa chance ailleurs, c’est parce que les gens sont habitués à la voir à cet endroit. Cela fait deux ans qu’elle y est, souligne-telle. «Éna vinn guet mwa isi pou donn mwa enn ti zafer.» Si elle a recours à la mendicité, c’est parce que son époux est mort jeune, soutient Meena. Et maintenant qu’elle n’est plus en âge de travailler, «bizin tal lamé». Sa pension de vieillesse, poursuit-elle, sert à payer le loyer de Rs 3 000 et à acheter de la nourriture. Mais aussi à aider ses enfants qui, eux-mêmes, peinent à joindre les deux bouts. «Enn-la koud-koud, kass pa asé pou viv.»
Grâce à quelques bons Samaritains, elle parvient à se faire entre Rs 100 et Rs 150 par jour. «Avek seki gagné, mo asté dilé, dité ek seki manké dan lakwizinn.» Et d’ajouter: «La, bannla pa pé less nou viv. Nou pa marsan anbilan nou, nou pa vann nanyé. Zot pé rod met later dan nou bol manzé.»
À ce propos, la police a-t-elle reçu de nouvelles consignes pour «chasser» ceux qui quémandent dans la rue? Posons la question à l’inspecteur Shiva Coothen, du Police Press Office. «Vous serez étonnés d’apprendre que les gens n’ont pas le droit de mendier dans la rue», précise-t-il d’emblée. «Sur une base humanitaire, nous ne les ‘chassons’ pas comme vous dites.»
N’empêche qu’il faut faire respecter la loi, poursuit le policier. Et même s’il n’y a pas eu de nouvelle consigne au sujet de ceux qui mendient, «nous voulons aider au mieux les autorités et les municipalités à mettre de l’ordre dans les rues».
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