Publicité

Vanessa Descroizilles et Laurence Le Run: Dames de coeur

20 mars 2016, 05:44

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Vanessa Descroizilles et Laurence Le Run: Dames de coeur

 

Il y a ceux qui font du sport par esprit de compétition. Puis il y a ceux – ou plutôt celles – qui le font par plaisir, pour repousser leurs limites et parfois pour soutenir une bonne cause. Vanessa Descroizilles et  Laurence Le Run, vététistes, tombent dans cette dernière catégorie. En trois jours, elles ont complété, avec succès, un parcours de 300 km au Lesotho et les fonds recueillis par elles ont été redirigés vers des associations caritatives sud-africaines.

Bien qu’elles aient pédalé 300 kilomètres en trois jours, avec 7 000 mètres en dénivelés, les deux amies ont toujours une pêche d’enfer lorsque nous les rencontrons quelques jours à peine après leur retour du Lesotho. On sent qu’entre elles, la complicité est grande. Si bien qu’il est étonnant d’apprendre qu’elles ne se connaissent que depuis cinq ans.

C’est leur amour du sport, inculqué depuis l’enfance par leurs familles respectives, qui les a rapprochées, même si au départ, elles ne pratiquaient pas la même discipline, bien que toutes les deux multi-sportives. La Française Laurence Le Run avait avant tout une préférence pour la course à pied et prend part à de nombreux trails alors que Vanessa Descroizilles est davantage «deux-roues». Cette dernière a retrouvé sa petite reine il y a deux ans.

Ensemble, elles ont participé à plusieurs événements sportifs GML on the Move, au Get Muddy à Bois-Chéri. Ce qui a permis à chacune de pratiquer son sport de prédilection. Elles ont également participé à des spinathlons pour l’organisation non gouvernementale Tipas. Allier le sport à une bonne cause est une récompense plus grande, estiment- elles. Vanessa Descroizilles et son frère Sacha ont aussi participé à une course de VTT dont les fonds recueillis ont été reversés à Pédostop.

Laurence Le Run a commencé à se mettre au vélo l’an dernier. Elle y a pris goût. Si bien que lorsque Vanessa Descroizilles apprend qu’un de leurs amis vend son vélo tout terrain, elle incite Laurence à l’acheter. Et elle l’entraîne. Son «élève» trouve que «lorsqu’on est sur un VTT, on est obligé d’apprendre. On ne peut penser à autre chose. Vanessa a été un excellent coach». Cette dernière déclare que son amie française est si «déterminée», voire «têtue», qu’elle a réussi à maîtriser la discipline rapidement.

Travailler le corps et le mental

L’an dernier, les deux amies ont participé à un tour de Maurice à VTT en six jours organisé par Vision Sport. Au cours de cette manifestation, elles ont sympathisé avec un groupe de Sud-Africains de la firme Trollope Mining Services, accompagnés de leur patron, nommé Guy, et de son épouse.

Cette société minière organise depuis maintenant cinq ans une traversée en VTT au Lesotho, épreuve baptisée le Lesotho High Altitude Challenge. Le montant total des fonds recueillis est doublé par cette firme et remis à des associations caritatives d’Afrique du Sud. Vanessa Descroizilles et Laurence Le Run ont été invitées à participer à la cinquième  édition qui s’est tenue entre les 23 et 27 février.

Seul le tracé a été au préalable donné aux participants qui se montaient à 25, dont quatre femmes. Pour pouvoir pédaler 300 kilomètres en altitude, les deux amies ont suivi une préparation physique et mentale intense de deux mois et demi avec le coach Yannick Lincoln. «Il a travaillé notre corps et notre mental, sans être vraiment sûr que nous allions réussir à boucler le parcours.»

La South African Airways à Maurice a accepté de les parrainer en leur offrant le billet d’avion. Le départ du Tour a été donné le 23 février à Lejone au Lesotho. Elles ont roulé 25 heures en trois jours, soit des stations assises sur la selle entre sept à dix heures d’affilée. Il ne faut pas croire qu’elles étaient livrées à elles-mêmes.

Traitées en «petites stars»

«C’était physique, challenging, loin d’être une ballade  de santé mais l’ambiance était hypersociale et détendue. On sillonnait les vallées, parfois seules, parfois en groupe. Ça montait, ça descendait. Au creux de la vallée, les températures étaient de 38 °C et lorsqu’on gagnait les hauteurs, on avait du 11 °C. C’était parfois un moment seul avec soi, un moment avec les autres mais au final, ce fut un moment d’évasion totale, l’expérience d’une vie, un régal du début à la fin», racontent-elles, encoresurprises mais non moinsfières d’avoir réussi à bouclerle parcours, même si elles sesont perdues le dernier jour,faisant leur VTT avaler troiskilomètres supplémentaires.

Elles disent avoir été très bien accueillies et traitées en «petites stars» par les organisateurs. Ayant fait jouer leurs contacts sud-africains à Maurice, elles ont pu recueillir 55 000 rands, soit l’équivalent de Rs 126 000. Au total, Trollope Mining Services a engrangé 1 451 000 rands, soit Rs 3 335 000, qui seront versés au Johannesburg Hospital School Autism Unit et au Vita Nova Centre, organisations qui prennent en charge les enfants autistes et ceux ayant des handicaps physiques et mentaux lourds.

 

Pour Laurence Le Run, cette participation a été thérapeutique. «Je ne me croyais pas capable d’être autant en forme. C’est une expérience que l’argent ne peut acheter». Vanessa Descroizilles déclare que si elles n’avaient pas travaillé autant leur mental et leur motivation, elles n’auraient pas tenu le coup car ce type d’épreuves est si drainant qu’au bout de trois à quatre heures de vélo, les jambes sont physiquement épuisées.

Les deux amies n’ont pas encore dit leur dernier mot puisque le patron de Trollope Mining Services a déjà lancé les invitations pour la 6e édition en 2017.

Publicité