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Le marché du basmati affaibli par trop d’importateurs
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Le marché du basmati affaibli par trop d’importateurs
Paradoxe ? Bien que les Mauriciens soient de gros consommateurs de riz, notamment le basmati, l’importation stagne. C’est là le constat de plusieurs importateurs. Depuis la libéralisation de ce marché, on en compte au moins une cinquantaine. Et il y a peu, un nouveau player, la société Vedamahé (voir encadré), est entré dans l’arène pour se tailler une part du marché.
Le fait est qu’avec un nombre grandissant d’importateurs qui envahissent le marché, celui-ci est de plus en plus «saturé». Notamment au vu de la préférence des consommateurs pour le riz basmati, qui n’arrange en rien les choses. Et pour Christina Sam, Senior Marketing Manager chez Innodis, il s’agit d’«un marché qui ne grandit pas» et «qu’on ne peut pas contrôler». Même son de cloche du côté de Funny Traders, gros importateur de riz. «Le marché est trop saturé. Il n’y a aucun contrôle dessus. Même si le public bénéficie d’une variété, pour les principaux players, ce n’est pas profitable», soulignele directeur Anand Ajodha. Il fait ressortir que la compétition est très dure. Avec pour résultat que «la marge de profit est petite depuis deux ans».
Autre raison, à son avis, qui expliquerait pourquoi ce marché stagne : le fait que le riz basmati n’est pas «monté en gamme». En effet, renchérit Christina Sam, «c’est plutôt le moyen de gamme ou le Grade B qui est commercialisé à Maurice. Ce n’est pas la crème de la crème. Même les importateurs importent cinq à six marques. Ce n’est pas réglementé».
Qui plus est, poursuit la Senior Marketing Manager d’Innodis, le riz basmati importé n’est pas du «pur» basmati. Il s’agirait du Grade A (mixed Basmati et Long Grain) ou du Grade B (un mélange avec un pourcentage varié). «Souvent, ce sont des mélanges de Long Grain.» Et comme les Mauriciens sont davantage conscients de leur santé, ils privilégient, du coup, «plus de pains ou de pâtes», avance-t-elle. Qu’en est-il du riz brun ? Ce marché «est encore très minime », indique Christina Sam.
120 m de cultivateurs dans le monde
D’après le site «Planetoscope», le riz est la deuxième céréale alimentaire la plus cultivée au monde, avec un volume annuel qui a atteint 410 millions de tonnes à la fin du 20e siècle. Sa production est supérieure à la consommation depuis 2004, ce qui permet de renforcer les stocks de riz disponibles. Selon le groupement consultatif pour la recherche agricole internationale, il y a 120 millions de cultivateurs de riz sur la planète qui produisent le riz que mangent 3,5 milliards de personnes. 90 % de la production mondiale provient de l’Asie.
Trois variétés de basmati pour vedamahé
Située à Cassis, la société Vedamahé importe depuis peu trois variétés de basmati. Notamment le Long Grain, le 1121 (considéré comme la meilleure variété au monde) et le Pusa Basmati (basmati traditionnel), originaire de l’Inde et du Pakistan. «Nous voulons donner le pouvoir d’achat aux commerçants avec des produits de bonne qualité à des prix très compétitifs», dit Mary Vedamahé, la directrice de la branche mauricienne de l’entreprise qui, depuis deux ans, existe à l’île soeur. Pour lancer le business à Maurice, Rs 1,5 million ont été injectées dans le bâtiment et dans l’importation de basmati. D’ailleurs, deux containers de riz sont attendus. À ce jour, seul le Long Grain est déjà sur le marché. Le Pusa Basmati et le 1121 seront disponibles en mai.
La STC a importé 881 tonnes de riz en 2015
Selon les chiffres officiels, la State Trading Corporation(STC) a importé 881 tonnes de riz basmati et 20 567 tonnes de Long Grain en 2015. Maurice importe principalement son riz de l’Inde, du Pakistan et de la Thaïlande. En 2015, le pays a importé 625 411 kg de riz basmati «in husk, paddy or rough» de l’Inde d’une valeur de Rs 22 179 689. Plus un total de 20 928 205 kg de broken rice d’une valeur de Rs 298 530 207 de la Grande péninsule.

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