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Toutes tombes dehors

28 septembre 2015, 10:05

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Toutes tombes dehors

L’actualité est à tomber. Hécatombe sur la route : un arbre fait du «hit and stay» et deux jeunes qui roulent à tombeau ouvert fauchent un couple. Mieux vaut des ados qui se prennent en photo sur des tombeaux bien fermés au cimetière. Eux ont écopé de six mois de prison parce qu’à 17 ans, ils ont fait les zouaves à Saint-Jean. Même pas de travaux communautaires. Genre nettoyer les tombes, histoire que la peine ait vocation pédagogique. De l’autre côté, un ex-ministre des Finances coupable de conflit d’intérêts impliquant les sous de l’Etat, prend un an de tôle, avec proposition (refusée) de travaux d’intérêt public. Moralité : il est préférable de faire des erreurs à l’âge mûr que quand on est jeune.

 

Quand on a atteint la maturité, on peut même se permettre de re-tombe-r en enfance. Dans les couloirs du Parlement, on peut jouer à «tombe dehors» avec son petit camarade d’hémicycle. Il faudra changer l’expression consacrée et dire dorénavant : se crêper la moustache. Quoi ? J’ai dit moustache ? Non, je ne suis pas un pair roquet. No offense.

 

Tout ça nous ferait presque oublier de décerner la couronne des excuses bidons à son grand roi incontesté : Richard coq de lion (tout parallèle avec l’ex-Premier ministre n’est absolument pas fortuit). Ce Duval est un maître en matière d’alibis à deux sous, entre le sirop antitussif et le besoin pressant dans les cannes (c’en était vraiment un d’ailleurs) entraînant la perte de la clé de sa voiture. Comme épithète sur sa tombe on pourra écrire : Ci-gît Richard Duval, qui a voulu faire croire à la mort qu’elle n’existait pas. Peut-être qu’avec une recherche Google, il aurait pu trouver de meilleures excuses (http://1001excuses.fr/, par exemple).

 

Anil Gayan, lui, maîtrise Google. C’est sa source de documentation pour mettre en place la politique nationale de lutte contre la toxicomanie. De son aveu au Parlement, c’est là qu’il a lu les dangers de la méthadone. Qui sait, peut-être que c’est sur la toile aussi qu’il a trouvé les chiffres sur «l’augmentation drastique» de seringues échangées : de 10 000 par mois en 2014 à 60 000 par mois cette année, alors que l’ONG chargée du programme parle de 25 000 à 32 000. Gayan nous prend pour des monGoogle. Mais il a raison, on n’est jamais si bien servi que par soi-même, via Internet. Il pourrait aussi y trouver un tutorial sur comment fabriquer sa tombe (de son vivant, cela va sans dire) ça aussi, cela existe. Il allègerait un peu le travail de Brian Glover qui a commencé à la lui creuser. Ils n’auront ainsi plus besoin de EOC le ton.

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