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Journée mondiale de la sage-femme: un métier en perte de vitesse
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Journée mondiale de la sage-femme: un métier en perte de vitesse
Accompagner la femme enceinte à chacune de ses visites à l’hôpital ou au dispensaire, depuis le début de la grossesse jusqu’à l’accouchement. Être sage-femme, c’est avoir de lourdes responsabilités. Le métier est en perte de vitesse, tant dans le public que dans le privé. Le point avec quelques sages-femmes à l’occasion de la Journée mondiale qui leur est consacrée ce mardi 5 mai.
Il y a 128 sages-femmes affectées aux dispensaires et hôpitaux de l’île alors qu’il devrait y en avoir 239. Il y a donc 111 postes à pourvoir. Sur les 90 personnes qui ont suivi le cours de deux ans menant au certificat de Midwifery entre 2012 et 2014, seules 36 ont complété cette formation.
Recrutement d’expatriées
Dans le privé, la situation n’est guère plus reluisante. À la clinique Darné, il n’y a que 12 sages-femmes, soit deux sages-femmes par équipe alors qu’il en faudrait le double, surtout lorsque la salle de maternité qui dispose de 11 lits affiche complet. L’établissement cherche à recruter mais a du mal à trouver des filles du sol. Il a dû avoir recours à des expatriées sous contrat.
Il est vrai que le métier s’accompagne de lourdes responsabilités. En plus d’accompagner les femmes en voie de famille, dans bien des cas, c’est la sage-femme elle-même qui met l’enfant au monde, le médecin n’étant appelé qu’en cas de complication, explique Marie-Georgette Arthé, Chief Midwife au ministère de la Santé.
Dans le privé, la sage-femme doit non seulement s’occuper de la femme enceinte et du bébé à naître mais aussi donner des explications au père qui va assister à l’accouchement. Et ce n’est pas tout, comme l’expliquent les sages-femmes Deepa Chenglerayen, Gloria Lafontan et Nirupah Parbhoo, qui ont entre 10 et 17 ans de métier.
«Une fois que le bébé est né, nous devons suivre la maman pendant toute la durée de son séjour à la maternité afin de déceler tout signe de dépression post-partum. Notre rôle, c’est être comme une mère pour elle.»
Elles sont formelles : ce métier qui les passionne attire de moins en moins. Les facteurs décourageants : les responsabilités énoncées et les conditions de travail – 195 heures par mois avec seulement un week-end complet de congé mensuel. «Il y a certes le congé en semaine et un samedi ou un dimanche off mais les conjoints et les enfants grognent. C’est difficile de mener une vie de famille normale», témoignent-elles.
«Le travail est moins dur qu’autrefois»
Pourtant, les horaires se sont allégés. Autrefois, dans le secteur public, une sage-femme devait être présente 24 heures. Maintenant, la sage-femme du dispensaire ne travaille que de jour alors que celle de l’hôpital travaille dans l’équipe de jour ou dans celle de nuit.
«Le travail est moins dur qu’autrefois», affirme Marie-Georgette Arthé. Là où le bât blesse, dit-elle, c’est que ce métier n’est pas valorisé. «Bien souvent, les Senior Nursing Officers qui ont suivi le Basic Midwifery Course sont plus qualifiées et donnent des directives aux sages-femmes ayant plus d’ancienneté qu’elles. Cela crée des frustrations.»
Encourager les jeunes
Pour inciter les jeunes à embrasser ce métier, Marie-Georgette Arthé estime qu’il devrait être proposé comme choix d’orientation professionnelle dans les écoles. Ensuite, la formation devrait être d’une durée de trois ans et non de deux ans comme c’est le cas actuellement, et mener au diplôme, pas qu’au certificat.
«Il faudrait aussi que les sages-femmes bénéficient d’une Retention Allowance comme les infirmières. Et pour éviter les frustrations, les sages-femmes devraient être autorisées à gérer la maternité. Elles en sont capables.»
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