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Affaire Ramgoolam: le mystère Frank Gleeson
29 mars 2015, 15:18
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Affaire Ramgoolam: le mystère Frank Gleeson
Il est, semble-t-il, celui qui a influencé les grandes décisions de Navin Ramgoolam. Et dans l’enquête sur le scandale MDFP–DUFRY remis sur le tapis par Roshi Bhadain, il y a un mois, le nom de Frank Gleeson, un homme d’affaires irlandais, est fréquemment cité. Qui est-il ? Quel lien y a-t-il entre cet homme, l’ancien Premier ministre et la femme d’affaires Nandanee Soornack ? C’est ce que veulent établir les limiers qui orientent leurs enquêtes sur Gleeson.
Connu sous plusieurs noms
Certains le connaissent sous le nom de Frank Gleeson tandis que d’autres le surnomment Mr Sharp. Le nom de cet Irlandais, qui a jusqu’ici opéré dans l’ombre, a fait surface pour la première fois après que le ministre Roshi Bhadain a dévoilé l’existence de Wigam Holdings Ltd, qui a pour directeur Frank Gleeson. C’était lors d’une conférence de presse, il y a un mois. Cela, à l’issue d’une enquête menée par le gouvernement sur deux contrats – d’approvisionnement et de gestion – liant la Mauritius Duty Free Paradise Co Ltd (MDFP) à la firme suisse Dufry AG. Deux contrats qui pèsent, au total, près de Rs 3 milliards.
Frank Gleeson a, jusqu’aux dernières élections générales, influencé les grandes décisions prises par l’ex-chef du gouvernement Navin Ramgoolam. D’ailleurs, les anciens locataires du bureau du Premier ministre se souviennent encore de cet habitué du bâtiment du Trésor. Il figurait, avec son frère John Gleeson, parmi les «rare few» privilégiés jouissant de l’accès privé, voire de l’ascenseur du Premier ministre. Dans l’entourage de Navin Ramgoolam, l’on soutient que c’est bel et bien Mr Sharp qui était la personne la plus proche du «grand patron».
Le rôle de Mr Sharp : conseiller l’ancien Premier ministre, de même que le Chief Executive Officer (CEO) et l’ancien président du conseil d’administration d’Air Mauritius. L’Irlandais devait également intervenir sur des contrats importants. Ce qui fait que le directeur de Wigam Holdings Ltd figure parmi les principaux conseillers d’Air Mauritius en ce qui concerne l’achat des six Airbus A350.
Intervention de Jacques Chirac
C’est l’ancien président français Jacques Chirac qui avait mis Frank Gleeson en relation avec Navin Ramgoolam. «Lors d’un précédent achat d’avions, Navin Ramgoolam avait approché Jacques Chirac pour négocier le meilleur deal pour Maurice avec Airbus. C’est alors que l’ancien président français lui a présenté Frank Gleeson comme un fin négociateur», se souvient un proche collaborateur de l’ex-Premier ministre.
Par ailleurs, selon un Share Purchase Agreement, Nandanee Soornack, partenaire d’affaires de Mr Sharp, a transféré, le 12 octobre 2013, ses actions de Frydu AG à Wigam Holdings Ltd. Celle-ci est une société suisse qui a touché au moins Rs 100 millions de commissions pour ses services d’intermédiaire entre la MDFP et Dufry AG.
Un prête-nom
Aujourd’hui, la totalité des actions de Frydu AG, qui avaient pour principaux actionnaires Nandanee Soornack, l’homme d’affaires Rakesh Gooljaury et le Français Laurent Obadia, sont détenues par Wigam Holdings Ltd, une société enregistrée à Nicosie, en Chypre. D’où les interrogations sur le réel bénéficiaire des commissions versées à Wigam Holdings Ltd ? Dans l’entourage de l’ex-Premier ministre, l’on avance toutefois que Frank Gleeson, président du conseil d’administration de Frydu AG, ne serait qu’un prête-nom dans cette affaire.
Un mandat d’arrêt international a été émis contre Nandanee Soornack, le lundi 23 mars, par le tribunal de Port-Louis. Les enquêteurs du CCID veulent coûte que coûte retrouver l’activiste rouge afin que cette dernière contribue à faire avancer les enquêtes dans l’affaire Roches-Noires, sur les 220 millions découverts dans les coffres-forts de Navin Ramgoolam et sur les commissions de plusieurs centaines de millions de roupies qu’elle aurait touchées sur le chiffre d’affaires des boutiques hors taxes de l’aéroport. En outre, l’activiste rouge est soupçonnée de blanchiment d’argent.
Le retour de Simo Carevic attendu
De son côté, le CEO de la MDFP, Simo Carevic, n’est toujours pas rentré au pays, alors qu’il était attendu depuis le lundi 23 mars. Également représentant du principal fournisseur de la compagnie, Dufry, sa nomination a été vivement critiquée par Jack Bizlall. Suite à une affaire de vol survenue en 2013, Simo Carevic avait décidé de résilier le contrat qui liait la MDFP à Proguard, une compagnie de gardiennage. Celle-ci réclame ainsi plus de Rs 50 millions de dommages à la MDFP.
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