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Réactions des syndicalistes: entre satisfaction et déception

21 mars 2015, 18:25

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Réactions des syndicalistes: entre satisfaction et déception

Suraj Ray, président de la CITU : «C’est un budget différent»

Pour le président de la Congress of Independent Trade Unions (CITU), Suraj Ray, le budget de Vishnu Lutchmeenaraidoo se démarque des précédents. Le syndicaliste parle de «projet de société». Il se félicite notamment de la volonté de favoriser l’investissement montrée par le ministre des Finances. S’il accueille bien les nouvelles mesures, Suraj Ray pense qu’il faudra surveiller la mise en œuvre de ces projets. Un bémol, cependant : rien n’a été dit sur le travail décent, selon le président de la CITU. Le gouvernement n’a rien imposé aux compagnies en ce sens, estime-t-il.
 

Radhakrishna Sadien, président de la GSEA : «C’est une bonne chose de s’attaquer à la nasyon zougader»

Selon Radhakrishna Sadien, président de la Government Services Employees’ Association (GSEA), la «nasyon zougader» est un véritable fléau. Du coup, il n’a pas manqué de saluer l’initiative du gouvernement d’interdire les publicités pour les jeux de hasard. Il pense que la population a suffisamment fait les frais de ces jeux. «Il ֖était grand temps qu’on y mette fin», fait ressortir notre interlocuteur. Il ajoute que ce budget «pose les jalons pour un meilleur avenir».
 

Narendranath Gopee, président du FCSOU : «Ce n’est pas un budget impeccable, mais c’est balancé»

Si le budget est loin d’être «impeccable», il a toutefois le mérite d’être «balancé». Du moins, c’est ce qu’estime Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU). Ce dernier salue le fait que le budget «amène des remèdes d’urgence». Il se félicite notamment du recrutement d’Health Care Assistants. 
 

Reaz Chuttoo, président de la CTSP : «Beaucoup de similitudes avec le précédent régime»

C’est «la première fois» qu’un budget accorde autant d’importance à la création d’emplois à travers les petites et moyennes entreprises, souligne le président de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), Reaz Chuttoo. Toutefois, force est de constater que même si ce gouvernement a voulu se démarquer de l’ancien régime, il y a beaucoup de similitudes entre les deux. 
 
«Nous n’avons pas entendu Vishnu Lutchmeenaraidoo parler de l’introduction d’un mécanisme pour la distribution de la richesse pour nous rassurer que nous sommes dans une inclusive growth, indique le président de la CTSP. Cependant, il a utilisé le même langage que Rama Sithanen pour dire que nous avons besoin d’une politique et d’une structure salariale en ligne avec la politique d’investissement.» 
 

Deepak Benydin, président de la FPBOU : «Le budget est satisfaisant»

Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions (FPBOU), accueille favorablement ce budget. «C’est un bon début», fait-il ressortir. Il parle notamment des mesures pour les petites et moyennes entreprises. Toutefois, le volet sur la création d’emplois a été trop «minime», dit-il. Il fallait, à son avis, plus «d’allocations pour le chômage direct». 
 

Atma Shanto, négociateur de la FTU : «Ce budget laisse à désirer»

«Nous avions rencontré le ministre des Finances avant la présentation du Budget», indique Atma Shanto, négociateur de la Fédération des travailleurs unis (FTU). «Mais nos propositions pertinentes n’ont pas été prises en considération», déplore-t-il. L’extrême pauvreté a certes été mentionnée, ajoute-t-il, mais sans plus de détails, ce qui laisse sceptique. Le salaire minimum et la régulation des écarts de salaire entre la direction et ceux en bas de l’échelle sont des mesures qui ont manqué à l’appel. Pour lui, «ce budget est une déception». Atma Shanto a aussi vertement critiqué la suppression des guidelines du CSR et les mesures annoncées pour le Law & Order.
 

Rashid Imrith, président de la FSSP : «Il faut veiller à ce que ces mesures soient mises en pratique»

Selon Rashid Imrith, président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public (FSSP), «la méritocratie va désormais primer» grâce aux efforts de recrutement dans la fonction publique. Cependant, il soutient qu’il est nécessaire de mettre sur pied un comité pour veiller à ce que toutes les mesures budgétaires soient appliquées. Plusieurs budgets prometteurs sont tombés en désuétude dans le passé car les mesures proposées n’ont pas été appliquées, souligne-t-il.

 

Vinod Seegum, président de la All Civil Service Employees Federation: «Satisfait, sauf en ce qui concerne l’éducation»

«Ce budget est novateur, il nous propulsera vers l’avenir», pense Vinod Seegum, président de la All civil Service Employees Federation. Avec le bio farming et le plan Marshall contre la pauvreté, «tout y est pour favoriser le développement et l’emploi». Vinod Seegum est certain que le ministre des Finances tiendra ses promesses, car «il l’a déjà fait» par le passé.

 

Le syndicaliste reste cependant sur sa faim en ce qui concerne l’éducation. Le 9-Year Schooling avait été annoncé par le précédent ministre des Finances, mais cela ne s’est jamais concrétisé, rappelle-t-il. «La proposition que nous avions faite en ce qui concerne les repas chauds n’a pas été prise en considération, et j’aurais aimé savoir si il y aura des recrutements dans ce secteur. Surtout pour les sujets spécialisés comme l’éducation physique et la musique

 

Haniff Peerun, président de la Mauritius Labour Congress : «Un budget de continuité mais…»

Haniff Peerun, président de la Mauritius Labour Congress, apprécie certaines des mesures proposées, notamment la fourniture gratuite de 6 mètres cubes d’eau, l’introduction du ferry et le retrait de la taxe sur les SMS, entre autres. Néanmoins, il estime que ce budget n’inclut pas tout le monde.

 

Il note l’absence d’un price fixing mechanism, la décentralisation des activités gouvernementales, ou de facilités de connections wi-fi pour les étudiants de 21 heures à 23 heures.

 

«Les motivations pour encourager la diaspora mauricienne à retourner se feront au détriment des chômeurs gradués», déplore-t-il. De plus, il regrette que l’initiative d’interdire l’utilisation des sacs en plastique a été prise sans consulter «le Mauricien, alors que cela fait partie de ses habitudes».

 

Ashok Subron, leader de Rezistans Ek Alternativ : «C'est un nouvel accord entre l'Etat et l’industrie sucrière !»

Ashok Subron de Rezistans Ek Alternativ ne cache pas sa déception en ce qui concerne les mesures budgétaires énoncées hier. Cela malgré le fait que certaines d’entre elles sont «positives et bien intentionnées». Il critique principalement les smart cities, mesure qui, selon lui, marque un «nouvel accord entre le nouveau gouvernement et l’industrie sucrière». Car «Les smart citiesvont bénéficier aux compagnies sucrières. Celles-ci convertiront 7 000 arpents de terres agricoles pour cela», déplore le leader de Rezistans Ek Alternativ. Le ministre des finances Vishnu Lutchmeenaraidoo est «tombé dans le panneau», lâche-t-il.

 

D’autant qu’il s’interroge sur les mesures concrètes proposées par l’Etat en ce qui concerne le salaire minimal. «Au lieu de cela, le gouvernement donne en cadeau une somme d’environ Rs 550 millions aux compagnies sucrières lucratives», fulmine-t-il. A son avis, l’alliance Lepep a «violé son engagement envers le peuple». De ce fait, il invite la population à «partir en guerre».  

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