Publicité

Quelle est la responsabilité de l’exécutif du PTr ?

17 février 2015, 05:02

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L’UNE des défenses, si ce n’est la principale, de Navin Ramgoolam est que les Rs 220 millions qui ont été  retrouvées à son domicile appartiendraient au Parti travailliste (PTr), parti dont il est le leader. Il était prévu que le parti se dote d’un bâtiment très prochainement. C’est du moins ce que l’ancien chef du  gouvernement a confié aux membres du bureau politique rouge, samedi.

 

Si l’on s’en tient à cette déclaration, certains légistes pensent que l’exécutif du PTr devrait aussi être convoqué par les enquêteurs. Même au sein du parti, l’on s’accorde à dire que «ce ne serait pas étonnant que des membres de l’exécutif soient interrogés». Cela dans le but d’expliquer la provenance de la grosse somme d’argent.

 

«Si cet argent appartient bien au parti, cela veut dire que l’exécutif devrait savoir d’où il vient. Il a des comptes à rendre. Si ce n’est pas tout l’exécutif, le trésorier doit bien être au courant », avance un légiste.

 

Selon une source proche de l’exécutif du parti, il existe bien des comptes. «Si l’exécutif devait parler, seuls le leader et le trésorier seraient aptes à parler de la provenance des fonds. Les autres membres ne savent rien», affirme notre source.

 

Interrogés, plusieurs membres du bureau politique rouge se refusent à tout commentaire. D’aucuns disent avoir déjà réfléchi à une éventuelle convocation de certains membres du bureau politique. «Il est possible que le trésorier soit appelé à témoigner», lâche une source. C’est Ah Fat Lan Hing Choy qui occupait jusqu’à début décembre dernier les fonctions de trésorier, poste actuellement vacant.

 

Quant au porte-parole officiel du parti Arvin Boolell, il dit ne pas souhaiter faire de déclaration au sujet de «ce dossier trop sensible». Idem pour Patrick Assirvaden, président du PTr.

 

En revanche, un autre point est soulevé. «Même si l’argent appartient au parti, c’est toujours à Navin Ramgoolam d’en expliquer la provenance. Cette fois en tant que leader du parti», soutiennent plusieurs sources contactées.

 

Sauf qu’un point demeure: est-ce qu’en tant que leader d’un parti, il est obligé de dévoiler la source du financement, sachant que ce sont des dons reçus pour le parti ? Selon un autre légiste interrogé, l’ancien chef du gouvernement devra apporter des preuves pour soutenir sa défense et, pour ce faire, il devra bien expliquer la source du financement.

 

Cet argument rejoint les déclarations des hommes de loi et de l’ancien gouverneur de la Banque centrale Rundheersing Bheenick. Ce dernier avait affirmé qu’il «n’y a rien dans la loi qui empêche quelqu’un de dormir sur un matelas de millions». Le problème se pose, dit-il, si l’on utilise cet argent pour faire des achats de plus de Rs 500 000 ou si l’on accepte un paiement supérieur à cette somme.

 

En ce qui concerne les donations des partis politiques, la loi veut que les transactions de plus  de Rs 500 000 soient effectuées par virement bancaire. Un procédé qui laisse des traces.

Publicité