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Nouveaux projets: les hôteliers crient leur ras-le-bol

22 octobre 2014, 18:00

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Nouveaux projets: les hôteliers crient leur ras-le-bol

«On n’arrive plus à garder la tête hors de l’eau depuis un an déjà. Cette année, la situation est encore plus catastrophique. J’aimerais que les autorités arrêtent. Ça suffit. Maurice est surchargée d’hôtels!» Ce cri du coeur vient de Dweena Saddul, la directrice de La Mariposa, un petit hôtel en formule Bed & Breakfast,situé à La Preneuse, à l’ouest de l’île. Alors que les autorités continuent d’octroyer des permis pour de nouveaux projets hôteliers et résidentiels, la révolte est à son apogée chez les opérateurs du secteur.

 

Les autorités viennent de donner le feu vert pour pas moins de trois nouveaux projets hôteliers à Balaclava, au Goulet et à Anse-la-Raie. En  sus des chantiers déjà entamés comme celui du Chaland Resort Hotel de 614 chambres. Cela, alors qu’il y a déjà quelque 115 établissements hôteliers ayant plus de 13 000 chambres sans compter les 6 280 chambres des 950 maisons d’hôte et résidences touristiques à travers l'île.

 

Et la forte concurrence dans le secteur ne s’arrête pas là. Dweena Saddul raconte qu’elle a beaucoup de mal  à faire face aux nouveaux établissements construits sous l’Integrated Resort Scheme et le Real Estate Scheme, les grands hôtels qui baissent leurs tarifs et les clients qui optent pour la formule All-Inclusive. Sans compter les facteurs externes qui ont joué en leur défaveur comme la dernière Coupe du monde de football et le magnifique été dans certains pays nordiques qui font que ces touristes préfèrent rester chez eux que de payer de fortes sommes  pour des vacances à Maurice. «C’est une lutte quotidienne. On essaye de garder espoir», confie l’hôtelière.

 

Face à cette situation, Jocelyn Kwok, Chief Executive Officer de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice, est on  ne peut plus clair. La suroffre est bien réelle dans le secteur hôtelier, résume-t-il. «La capacité d’hébergement du pays a augmenté de manière significative durant ces dernières années avec une hausse de 14 % pour les chambres d’hôtel entre 2007 et 2013 et une hausse de 69,7% des chambres hors-hôtels

 

Bissoon Mungroo, le président de l’Association des hôtels de charme qui regroupe les petits et moyens hôtels, n’y va pas de main morte. Pour lui, il est clair que cette démarche des autorités est faite sur une base électorale pour tirer profit des investissements.

 

«Il y a trois ans, on avait prédit un boom dans le secteur touristique mais il n’y a rien eu. Il faudrait se concentrer sur les marchés porteurs et reconstituer notre marché touristique traditionnel», soutient celui qui est d’avis qu’il ne faut pas octroyer de nouveaux permis sans une stabilisation entre l’offre et la demande.

 

Par contre, Sydney Pierre, le président de la Mauritius Tourism Promotion Authority, qui est aussi le chef des Worldwide Sales chez Lux* Resorts & Hotels, a un tout autre point de vue. «Plus d’hôtels signifie que nous aurons plus de clients, plus de sièges d’avion, plus de budget pour la promotion de la destination et plus d’emplois. Je suppose que cela fait partie du plan du gouvernement d’attirer à terme deux millions de touristes», souligne-t-il. Ce qui est,dit-il, une bonne chose pour le développement du pays  à condition  toutefois que les mesures d’accompagnement suivent. Il entend par là, plus de sièges d’avion et de «bonnes compagnies aériennes».

 

Par contre, Sydney Pierre insiste pour qu’en parallèle, le développement des régions concernées fasse partie intégrante des projets pour que la population puisse être incluse. «Nous avons besoin d’un peuple qui accueille nos clients avec un grand sourire. C’est ça la force de Maurice. Nous avons un bel aéroport, de beaux hôtels; il nous faut maintenant plus de clients et de moyens. J’accueille également l’achat de nouveaux avions par Air Mauritius. Et nous souhaitons voir l’ouverture d’autres lignes sur des marchés comme l’Allemagne, par exemple», fait-il valoir.

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