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On a testé: Au Plaisir de Poivre au jardin de Pamplemousses

17 août 2014, 07:30

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On a testé: Au Plaisir de Poivre au jardin de Pamplemousses

C’était mardi et c’était notre jour pour faire l’«école buissonnière». À notre âge, une telle enjambée rajeunit. Nous avons donc été vers le Nord et nous nous sommes pointés à côté du jardin de Pamplemousses. À vrai dire, une seule adresse semblait avoir assez d’allure à nos yeux pour déjeuner. «Au plaisir de Poivre» fait évidemment rêver, aux portes de ce qui a été son jardin…

 

HEURE: Il est une heure de l’après-midi. Il fait beau. Quatre places de parking sont prévues devant le restaurant, mais elles sont partiellement occupées. Nous nous garons donc de l’autre côté de la route, devant une porte du jardin. Un racoleur de service nous demande si nous souhaitions déjeuner et nous indique le «bon» restaurant. Ça promet.

 

AMBIANCE: Pas mal (sauf sur les vieilles chaises en rotin, où ça fait très mal au postérieur…) C’est aéré, les nappes et les couverts sont propres, la musique, très inspirée par ABBA, occupe gaiement l’espace. L’agencement de couleurs peut ne pas plaire à tous (nappes orange et verte, ensemble), les lampions chinois détonnent vraiment (la cuisine chinoise ne règne pas) et le passage occasionnel d’un bus intempestif ou d’un camion fumant gêne certes, mais en général, l’ambiance est sympathique à volonté. L’aquarium plutôt glauque dans lequel nagent quelques koï n’est vraiment pas terrible, par contre. Nous allions aussi y trouver dessus , malheureusement à la sortie, après notre repas, un plateau de camarons verts avec un petit poisson «capitaine», installé à la verticale, au beau milieu, l’oeil gauche qui louche, le droit aussi terne qu’un matin d’hiver froid et sec, avec une mouche sur la lèvre inférieure. Une mouche de trop. Pas de lit de glace pilée, pas de couvre-plat, pas de quoi rassurer le client sur l’hygiène…

 

SERVICE: La carte est plutôt troublante. L’option numéro 5 se lit textuellement, faisant l’économie douteuse d’un «s» : «salade aigre doux + beignets Poisons». La traduction anglaise de «langouste griller» (avec «r»), elle, se trouve être «grill giant prawn» ! Je préfère acheter la version française, merci ! Ce qui, avec sa sauce beurre d’ail ou créole, va chercher dans les 1 800 roupies. La serveuse, futée, remarque nos réactions et vient nous rassurer : «Pa get bann pri la, pri touris sa !» Nous voilà démasqués ! Apparemment, notre accent n’est pas parisien et, surtout, nous ne portons pas de short. Rassurés devant tant de bonté pour les citoyens mauriciens, nous choisissons donc deux salades de calamar et de crevettes affichées à Rs 325 ainsi qu’une salade de  palmiste au même prix.

 

REPAS: S’il y a plus de rondelles d’oignons que de palmiste, c’est que le palmiste est petit, m’assure ma compagne, la variété brésilienne ayant la capacité de se régénérer après la coupe et la récolte se faisant donc aussi souvent que possible. C’est-à-dire, très (trop ?) souvent. J’avale. Les ingrédients sont frais (pas besoin d’ercéfuryl, 6 heures plus tard), l’assaisonnement des salades satisfaisant, le pain est du jour, le beurre pas rance. Que pourrait demander de plus le peuple touriste ? Une remarque cependant : celui qui trie le cresson a la poigne plutôt généreuse et chaque «bourgeon» que je veux manger est un rappel que j’ai une gueule plutôt grande, même que pas suffisamment…

 

VALUE FOR MONEY: La note qui nous est présentée affiche la version   «mauricienne» des prix à Rs 300 le plat, soit Rs 25 de moins. Pas de quoi en faire un étalage ! Mais à ce prix-là, le propriétaire pourrait peut-être remplacer le fil électrique qui dessert le ventilateur «Bel Air» plutôt que de mal l’emmailloter d’isolant ?

 

PROCHAINE VISITE: La visite subséquente au jardin elle-même n’ayant pas été déplaisante (mais bon Dieu ce qu’il y a de préposés de toutes sortes maintenant !), peut-être que nous y retournerons bientôt ? Question de voir si le «capitaine» du jour a meilleure mine…

 

NOTE: 6,5/10

 

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