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Politique monétaire: le statu quo devrait primer

20 avril 2014, 05:11

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Politique monétaire: le statu quo devrait primer
L’économie reprend ses droits cette semaine, serait-on tenté de dire, avec la réunion du Monetary Policy Committee (MPC) qui se tient aujourd’hui, lundi 28 avril au siège de la Banque de Maurice. En marge de cette réunion, la 57e édition du MCB Focus parue ce vendredi, dresse un tableau particulièrement sombre de l’économie mauricienne, et laisse présager que le débat inflation versus croissance, devenu un aspect incontournable de la réunion du MPC, sera plus complexe que d’habitude avec notamment l’excès de liquidité qui perdure.
 

Des indicateurs inquiétants

 
Pour ce qui est de la croissance, le comité de politique monétaire devrait prendre note des signes de plus en plus probants d’une reprise au niveau mondial, relayés, notamment, par le rapport World Economic Outlook du Fonds monétaire international (FMI), paru depuis peu. Ce document, qui projette une croissance de 3,7 % pour Maurice cette année, démontre que loin d’être moribonde, l’économie mauricienne devrait être en mesure de profiter de la reprise de la demande extérieure. D’autres indicateurs restent toutefois inquiétants. Parmi, le taux de chômage, qui pourrait rester au-dessus du seuil symbolique de 8 % cette année encore, signe que l’économie mauricienne n’arrive pas à générer suffisamment d’emplois pour faire reculer le chômage. De plus, l’impact réel d’initiatives telles que le Youth Employment Programme visant à réduire le chômage parmi les jeunes reste flou, ou du moins difficile à quantifier.
 
Si le comite de politique monétaire a fréquemment souligné que ces paramètres, à savoir le niveau de la croissance et le chômage, relèvent plus de réformes structurelles que de la politique monétaire, sa décision aura un impact certain sur les deux, étant donné les difficultés du secteur privé au niveau de l’endettement, qui risquent de se maintenir en dépit de la reprise.
 

Taux d’inflation de nouveau en hausse

 
L’autre facteur déterminant pour le MPC, le taux d’inflation est reparti en hausse ces derniers temps, avec une inflation ‘headline’ à 4 % en mars, menaçant d’accélérer l’érosion du pouvoir d’achat. Toutefois, le CORE inflation, qui exclut l’impact des prix de l’alimentation et de l’énergie, est resté stable depuis le début de l’année, autour de 3 %, indiquant potentiellement que l’inflation reste maîtrisable pour l’instant. Un avis d’ailleurs partagé à la fois par Gilbert Gnany dans le nouveau MCB Focus mais aussi par le FMI, qui a publié la semaine dernière ses conclusions sur les consultations Article IV effectuées en début d’année. L’institution de Bretton Woods a toutefois prévenu que Maurice devrait envisager de resserrer sa politique monétaire (en d’autres mots remonter le taux directeur) si l’inflation recommence à devenir une menace.
 
Outre ces considérations, il semble probable que l’excès de liquidités occupera la part belle des débats au cours de la réunion d’aujourd’hui. D’autant plus que celui-ci est resté à un niveau particulièrement élevé ces derniers temps, autour de Rs 11 milliards. À ce sujet, le MPC devrait prendre note également des conclusions du nouveau rapport du FMI sur l’Afrique subsaharienne paru la semaine dernière, qui souligne que l’excès de liquidités à Maurice fait que le mécanisme de transmission de sa politique monétaire est l’un des moins efficaces de la région.
 
Compte tenu de tous ses facteurs, mais aussi de la politique fiscale en place, tout porte à croire que le MPC maintiendra une politique monétaire neutre, et que le Repo rate sera maintenu à 4,65 % en attendant de nouveaux développements. On peut toutefois deviner que les débats post-MPC risquent d’être houleux une fois de plus.

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