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Travailleurs étrangers : la décision de Shakeel Mohamed contestée par des entrepreneurs
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Travailleurs étrangers : la décision de Shakeel Mohamed contestée par des entrepreneurs
Sa décision est jugée «brusque et inattendue». Les responsables d’entreprises déplorent que le ministre du Travail, Shakeel Mohamed ne les ait pas rencontrés au préalable avant d’annoncer que le recrutement d’ouvriers étrangers sera gelé dans la construction.
L’objectif : décourager les directeurs d’entreprises à recruter des ouvriers étrangers et à les inciter à se tourner vers la main-d’oeuvre locale. C’est la raison pour laquelle le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, a annoncé mercredi 4 septembre que les entrepreneurs ne pourront plus recruter des étrangers dans le secteur de la construction jusqu’à mi-octobre. Or, ce que déplorent certains responsables d’entreprises, c’est que la décision du ministre n’ait pas été précédée d’une rencontre avec les constructeurs.
Selon les chiffres officiels, Maurice abriterait quelque 6 000 travailleurs étrangers dans le secteur de la construction. Un nombre qui semble exagéré, selon Shakeel Mohamed. Il avait d’ailleurs signifié son intention de faire en sorte que Maurice ne recrute plus d’ouvriers étrangers.
Cette annonce a, toutefois, provoqué des remous au sein des entreprises qui recrutent régulièrement des ouvriers étrangers. C’est le cas pour la firme Bushan Ramloll Ltée qui emploie environ 300 ouvriers de construction dont 30 % sont des employés étrangers en provenance de la Chine et du Bangladesh. «Cette décision aura définitivement un impact sur les entreprises et sur le secteur en général. Il sera difficile de remplacer la main-d’oeuvre qualifiée d’autant plus que les Mauriciens fuient cette filière. Ce n’est pas un métier qui attire. La nature du métier, elle-même, n’encourage pas les gens à s’y intéresser», explique l’entrepreneur. Le constat de cet entrepreneur est que «des 200 ouvriers formés par son entreprise, moins d’une dizaine persévèrent et deviennent des ouvriers qualifiés».
L’association des entrepreneurs de ce secteur pense, elle, que le vrai problème n’est pas les travailleurs étrangers mais bien ce que représente la filière aux yeux des jeunes. «Nos membres respectent les règlements en ce qui concerne le recrutement des étrangers. Mais nous nous concentrons déjà sur la formation et ce qu’il faudrait, c’est revaloriser les métiers de la construction», affirme Claude Bissessur, un membre de l’exécutif de l’association.
Du côté de l’association des plus petits entrepreneurs qui, elle, n’emploie aucun ouvrier étranger, la décision gouvernementale semble plaire, au contraire. Gérard Uckoor, président de cette instance, affirme que si cela peut encourager les entreprises à recruter des Mauriciens, la décision doit être saluée. Mais l’entrepreneur met en avant le fait que les grandes firmes de construction «choisissent les ouvriers étrangers à cause du coût moins élevé de la main-d’oeuvre».
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