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Politique

Un bis repetita de 1991 pour les Duval ?

5 novembre 2026, 18:45

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Un bis repetita de 1991 pour les Duval ?

Et si l’histoire politique venait à se répéter, 35 ans plus tard ? Le scénario d’un retour de Xavier-Luc Duval à l’Assemblée nationale par le biais du Best Loser System alimente les spéculations dans les milieux politiques. Une éventuelle démission de son fils, Adrien Duval, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle configuration parlementaire. Mais derrière cette hypothèse se profile une autre interrogation : le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) pourrait-il se rapprocher du gouvernement de Navin Ramgoolam ?

C’est le leader du Fron Militan Progresis (FMP), Paul Bérenger, qui a récemment évoqué ce scénario, affirmant avoir «double-check» les informations qui lui seraient parvenues. Selon lui, Adrien Duval pourrait démissionner de son siège de Best Loser, ce qui permettrait à son père, Xavier-Luc Duval, de faire son retour au Parlement.

À ce stade, il ne s’agit toutefois que d’une hypothèse politique. Aucune démission n’a été annoncée et aucun accord entre le PMSD et les formations gouvernementales n’a été officiellement confirmé.

1991, un précédent familial

Ce scénario rappelle un épisode de l’histoire politique. Lors des élections générales du 15 septembre 1991, Xavier-Luc Duval s’était présenté dans la circonscription n° 6 (Grand-Baie–Poudre-d’Or), sous la bannière de l’alliance PTr-PMSD, sans parvenir à se faire élire directement. Son père, sir Gaëtan Duval, avait alors obtenu un siège de Best Loser. En octobre 1991, environ un mois après les élections, il avait démissionné de son mandat parlementaire. Cette décision avait permis à Xavier-Luc Duval d’entrer à l’Assemblée nationale grâce au mécanisme du Best Loser System.

Trente-cinq ans plus tard, les rôles pourraient-ils s’inverser ? Cette fois, ce serait le fils, Adrien Duval, qui céderait éventuellement son siège à son père, Xavier-Luc Duval. Une situation qui, si elle venait à se concrétiser, rappellerait singulièrement le précédent de 1991.

Les résultats de 2024 au centre des calculs

Les résultats des élections générales de novembre 2024 constituent un élément central de cette hypothèse. À l’issue du scrutin, quatre candidats avaient obtenu un siège de Best Loser : Dianette Henriette-Manan, avec 46,808 % des voix, Jacques Edouard, avec 44,696 %, Adrien Duval, avec 32,665 %, et Joe Lesjongard, avec 30,868 %. Selon les chiffres électoraux, Xavier-Luc Duval figurait derrière ces quatre candidats avec 27,152 % des suffrages. Venaient ensuite Steven Obeegadoo, avec 24,566 %, Aurore Perraud, avec 24,342 %, et Tania Diolle, avec 23,261 %.

Cette position dans les résultats nourrit les spéculations autour d’un éventuel remplacement d’Adrien Duval. Toutefois, le mécanisme d’attribution d’un siège vacant de Best Loser ne repose pas uniquement sur le pourcentage de voix obtenu. Les dispositions constitutionnelles applicables devraient également être prises en compte pour déterminer si Xavier-Luc Duval pourrait effectivement bénéficier d’une telle vacance.

L’ancien député, avocat et ancien speaker de l’Assemblée nationale, Ajay Daby, n’écarte pas cette possibilité sur le plan juridique. «It is not impossible for a member to resign in for another, to be appointed. The law does allow for one member to go and for another one on the list to be put in», explique-t-il.

Adrien Duval au perchoir ?

Au-delà du remplacement parlementaire, plusieurs configurations politiques sont évoquées. La première concernerait Adrien Duval lui-même. Une éventuelle démission de son siège de Best Loser pourrait-elle être suivie d’une nomination au poste de speaker de l’Assemblée nationale, actuellement occupé par Shirin Aumeeruddy-Cziffra ?

Dans cette configuration hypothétique, Xavier-Luc Duval pourrait retrouver les bancs de l’opposition, tandis que son fils accéderait au perchoir. Une redistribution des rôles qui modifierait la présence parlementaire de la famille Duval, sans nécessairement entraîner une alliance entre le PMSD et le gouvernement.

Le PMSD dans l’orbite gouvernementale ?

Le deuxième scénario aurait une portée politique plus importante. Il concernerait un éventuel rapprochement entre le PMSD et l’Alliance du changement, sortie victorieuse des élections générales de novembre 2024 avec un score de 60-0 dans les circonscriptions de Maurice.

Une telle recomposition pourrait-elle conduire Xavier-Luc Duval à rejoindre la majorité gouvernementale ? Et, dans cette hypothèse, pourrait-il se voir confier le portefeuille des Finances, actuellement détenu par le Premier ministre, Navin Ramgoolam ?

Depuis son retour au pouvoir, Navin Ramgoolam cumule les fonctions de Premier ministre et de ministre des Finances. Une éventuelle redistribution de ce portefeuille constituerait donc un changement important dans l’organisation de l’exécutif. Pour rappel, le poste de ministre des Finances avait fait l’objet de plusieurs polémiques lorsque Paul Bérenger était encore au gouvernement. Ce dernier estimait notamment qu’une autre personne devait occuper ce portefeuille et avait, à un certain moment, lui-même exprimé le souhait de prendre les rênes de ce ministère.

Contacté à ce sujet , Xavier-Luc Duval n’a pas souhaité faire de commentaire et a invité la presse à sa conférence de presse prévue ce samedi, au cours de laquelle il devrait revenir sur ces différentes rumeurs.

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