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Retour aux fondamentaux

5 novembre 2008, 01:00

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par Stéphane HENRY, directeur général IPRO Investment Professionals

Le secteur agricole est retourné ces dernières années d?une agriculture de masse vers une agriculture plus qualitative, dont l?agriculture bio est l?exemple le plus connu. Nous avons alors «découvert» que la production intensive détruit la planète, à cause de l?utilisation des engrais chimiques et autres fertilisants et qu?il vaut mieux, pour les générations futures, produire moins mais de meilleure qualité.

Dans le domaine industriel également, il apparaît que le made in China a atteint ses limites et que les acheteurs préfèrent de plus en plus payer 50 % à 100 % plus cher mais obtenir des produits fiables, en provenance d?Allemagne ou des Etats-Unis.

La crise financière de septembre-octobre 2008 est le réveil attendu par le secteur financier en vue d?un retour aux sources, aux fondamentaux de l?investissement ou du prêt bancaire. Par exemple, que ce soit pour l?organisme prêteur ou celui qui reçoit le prêt, une dette ne se contracte que lorsque les deux parties ont une conviction forte que le remboursement se fera selon les termes prévus initialement. Si ce n?est pas le cas, les deux parties risquent d?être perdantes. Cela va aider à «travailler» davantage avant de signer un contrat d?emprunt et obliger les deux parties à se poser toutes les questions nécessaires. Comme dans l?agriculture bio ou les équipements industriels allemands, le prix (coût de l?emprunt) sera plus cher mais le contrat sera signé avec confiance.

Dans le domaine de l?investissement, les «hedge funds», dont la complexité échappe même à une grande majorité de spécialistes d?investissement, vont se réduire fortement, au profit d?investissements plus traditionnels. L?adage est d?investir ses économies entre un tiers d?immobilier, un tiers d?actions et un tiers de placements à revenu fixe (dépôts ou obligations) : ce principe simple va revenir au goût du jour.

Interaction humaine et qualité du service

La multiplication du nombre de transactions, favorables aux courtiers et aux banques d?investissements, a été telle ces dernières années qu?elle a précipité le système financier mondial au bord du gouffre, sauvé in extremis par une intervention conjointe des gouvernements et des banques centrales. Pendant quelques années, il y aura moins de transactions effectuées, mais à un prix plus proche de la valeur réelle. Les grosses entités, difficiles à cerner, vont laisser la place à des organismes de plus petite taille, mais où l?interaction humaine et la qualité du service vont primer.

Il y aura de nouveau une différence faite entre investissement et spéculation. La spéculation est un travail bien précis (effectué par les «hedge funds»), qui consiste à tirer profit d?opportunités qui se présentent à court terme, mais en sachant que les risques sont très importants et donc que les pertes peuvent être substantielles.

L?investissement est un placement à long terme, qui s?articule en plusieurs étapes distinctes :

● la durée du placement et la compréhension des cycles;

● l?analyse de l?environnement macroéconomique et sectoriel ;

● le choix du support d?investissement : fonds, action en direct, bien immobilier ;

● l?achat, si possible au meilleur prix ;

● la détention de l?investissement, pendant plusieurs cycles de hausse et de baisse ;

● la vente, si possible au meilleur prix.

Sans aucun doute, au cours des dernières années, les banquiers, les professionnels de l?investissement et les clients ont été trop vite dans leurs décisions d?investissements, en oubliant certaines des étapes ci-dessus. Nous assistons maintenant à un retour aux fondamentaux, qui ne peut qu?être bénéfique pour tous.

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